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 Codex Portas Caeli [Axel Avory] [Ethan D. Zalion]

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Ethan D. Zalion

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MessageSujet: Codex Portas Caeli [Axel Avory] [Ethan D. Zalion]   Dim 31 Jan - 22:04

Le silence fut la première chose qui accueillit Ethan alors qu'il franchissait la porte du QG parisien de l'Organisation. Seuls le ronronnement de la chaufferie et quelques cliquetis de claviers peuplaient l'open-space (un terme bien prétentieux pour désigner l'usine désaffectée vaguement aménagée qui leur servait de base), accompagnés d'un ou deux ficus.

«  Oulà...c'est la mort ici !
- Que veux tu, il y a des gens qui ont une vie le week-end…


Le visiteur laissa échapper un sourire mi-sincère mi-narquois à la vue de son interlocuteur, manifestement de retour d'une pause café.

- Hey, John. C'est bizarre, je pensais que tu ferais partie des déserteurs...On dirait que j'ai surestimé ta vie sociale.
- Moque toi, tu es à la même enseigne. Tu n'en as pas marre de venir traîner ici ? Rentre chez toi tu veux ?
- Uwaah, je reconnais bien là la froideur légendaire des Anglais…

- Une fois que vous aurez fini votre show, vous pourrez peut être aller bosser ? Et vous êtes à Paris, parlez français nom de dieu !

Ethan grimaça. Le rabat-joie n'avait pas tardé...Il accueillit malgré tout le nouveau venu d'un sourire poli.

- Bonjour Milan. Je vois que vous ne chômez pas, même le dimanche…
- Contrairement à toi.
Rétorqua sèchement l'arrivant. Tu as fini ta dernière mission depuis un moment non ? Ils n'ont pas besoin de toi chez les Ricains ?

Le plus jeune soupira, adoptant malgré lui le regard morne de l'adolescent brimé, un stade qu'il n'avait jamais complètement dépassé face à l'individu caractériel qui lui faisait face. Il avait renoncé depuis longtemps à lui expliquer qu'il était techniquement canadien et non américain ; c'était probablement du pareil au même pour lui. Et contrairement à John, l'homme était probablement très sérieux en lui demandant de rentrer chez lui...

- Je ne demande rien de mieux que d'aider, mais je ne suis qu'un homme de terrain, assez inutile quand il s'agit de...(il retient de justesse les mots « paperasse » et « travail de bureau chiant ») gérer les informations, disons.
- Ce qu'il veut dire, c'est qu'il est stupide,
commenta John de derrière son bureau.
- Eh ! »

Un regard sévère de Milan retint les deux jeunes adultes de poursuivre leur dispute.

« Quoi qu'il en soit, tu tombes bien…
Le demi-extraterrestre retint un « Ah bah on aurait pas dit » de justesse pour se concentrer sur les paroles de l'homme.
- Cornelia est tombée sur une info plutôt intéressante ce matin, elle avait justement besoin d'un exécutant. Elle doit être dans son bureau, va la voir. »

La perspective d'une mission fit instantanément oublier à Ethan toute envie de frapper le plus vieux. Il acquiesça prestement et, après un dernier regard contrit à John (comment pouvait il survivre dans la même pièce que Milan toute la journée?), abandonna les deux agents pour se diriger vers la salle des veilleurs. De par leur travail, c'était eux qui étaient les plus présents...et les plus overbookés. Cornelia était, si il se souvenait bien, une petite femme brune d'un certain âge, mais c'était là tout ce qu'il savait d'elle. Il hasarda deux légers coups à la porte.

« Miss Cornelia, vous êtes là ? Milan m'a dit que vous aviez besoin d'aide…
- Ethan ? Entre !
- Comment avez vous su que c'était moi ?
Demanda avec surprise le jeune homme en pénétrant dans la salle ; celle ci était littéralement tapissée d'écrans et croulait sous les bouquins, le tout dans un joyeux désordre qui faisait grincer des dents le demi-extraterrestre.
- L'information est mon travail après tout. Répondit sans même se détourner de son moniteur la veilleuse. Comme tu peux le voir, je suis seule ici aujourd'hui...Ce n'est hélas pas pour ça qu'il y a moins de travail. Tiens, installe toi...Où tu peux, d'accord ? »
Où je peux, c'est le terme...songea t-il, vaguement déprimé. Dégageant un tabouret, il se rapprocha de la femme. Après deux minutes de silence inconfortable, celle ci finit par se tourner vers lui avec un soupir.
- Le reste attendra...Enfin, entrons dans le vif du sujet. As tu déjà entendu parler du Codex Portas Caeli ? (le regard interloqué d'Ethan du lui faire saisir que non car elle enchaîna presque tout de suite ) Il s'agit d'un livre manuscrit...rare, très rare en fait. Il était censé avoir disparu dans un incendie. Or je suis tombée l'autre jour sur...cet...article...(elle farfouilla quelques instants parmi les papiers d'un bureau voisin) dans Le Bibliophile... Pourrais tu y jeter un œil ? »

Bien que toujours assez incertain de son rôle dans l'affaire, Ethan acquiesça et se saisit du magazine.

« Ne t'embarrasse pas du début, c'est un long historique un peu barbant...Le contenu du livre lui même est peu évoqué. La seule chose qu'on sait, c'est qu'il contient une carte du monde où sont indiqués des ''Portes du Ciel''...Ça ne t'évoque rien ?
-  ...des failles, à cet époque ? C'est impossible, non ?
- Ce n'est pas l'avis de tous. Quoiqu'il en soit...ah, voilà, c'est ici. »


Cornelia pointa du doigt un des paragraphes de l'article.

"...Enfin, le mois dernier, la bibliothèque de Paul Joussin, le regretté collectionneur et amateur d’art, est expertisée en vue de l’inventaire successoral. Les héritiers font à la presse une brève mention du Codex comme ayant été authentifié, vraisemblablement pour susciter l’intérêt des amateurs car ils annoncent qu’il sera mis en vente. L’accent est porté sur le caractère occulte, voire sataniste, de l’ouvrage. Tous les bibliophiles se réjouissent alors à la perspective de pouvoir enfin consulter au moins indirectement le mythique ouvrage mais cette joie est de courte durée.

En effet  deux jours après l’annonce,  un incendie détruit entièrement le pavillon où les ouvrages les plus précieux ont été mis sous scellés. Le célèbre Codex, à peine retrouvé, disparaît dans les flammes avec d’autres éditions rarissimes.
Nous savons que Paul Joussin faisait exécuter des copies  à l’identique de certaines pages des manuscrits médiévaux en sa possession, copies qu’il mettait ensuite en vente au profit d’associations caritatives.  Mais le secret qu’il préféra entretenir de son vivant quant à la présence chez lui du Codex Portas Caeli ne laisse que peu d’espoir qu’il ait accepté d’en faire réaliser ne serait-ce qu’une copie partielle. Le  feu de l’enfer semble bien avoir eu raison du Codex Portas Caeli.

L’inventaire complet des livres ainsi détruits paraîtra dans ces pages après l’enquête qui semble s’orienter vers une origine accidentelle. En particulier, regrettons la perte d’un inestimable Don  Quichotte  de 1617, admirablement conservé dans son vélin ivoire de l’époque et que j’ai eu le privilège d’examiner, ayant effectué à la demande de Paul Joussin quelques travaux d’expertise sur des ouvrages qu’il voulait vendre. J'ai pu ainsi bénéficier de la très grande culture de cet humaniste distingué, par ailleurs d'une profonde bonté alliée à une courtoisie charmante. Sa disparition laisse un vide certain dans le monde des arts et des lettres. "



L'article finissait sur cette ligne. Ethan leva un regard interrogateur vers la veilleuse, sentant poindre un vague mal de tête.


« Soit...Et donc ? Le machin est détruit non ?
- C'est tout ce que tu retiens de cet article ??
- Euh...oui ?
- Un homme de terrain, définitivement,
soupira son interlocutrice. Maintenant écoute-moi bien. Il y a deux choses vitales que tu oublies : UN, il est probable qu'il y ait eu des copies de cette merveille ; DEUX, on a un chercheur idéal pour nous les dénicher.
- Vous ?
- Merci pour le compliment mais non, imbécile. L'auteur de cet article ! Il a l'air de bien connaître le défunt collectionneur et d'être calé pour ce qui est du Codex. Si quelqu'un peut nous le trouver, c'est lui. Bien sûr, je n'ai absolument pas le temps d'aller vadrouiller en ville, mais tu sembles t'ennuyer donc voici...
(elle tira quelques papiers de sous son bureau) son CV, l'adresse de sa librairie, et une lettre de ma part, vu que je suis à peu près certaine que tu as déjà oublié tout ce que je t'ai raconté. »

* * *

Ethan grogna péniblement, aveuglé par la lumière de la sortie du métro. Évidemment, ça devait être à l'autre bout de la ville...Enfin, il s'avérait déjà chanceux que l'homme n'habite pas l'autre bout du pays. Rien qu'en regardant autour de lui, il se rendait facilement compte que le quartier n'avait pas grand-chose à voir avec celui qu'il venait de quitter. Les immeubles autour de lui étaient propres et anciens, avec une certaine noblesse. Les quelques voitures qu'il pouvait voir n'étaient que difficilement comparable à sa petite Clio hors d'âge. Bien qu'il tire d'ordinaire une certaine fierté de son style vestimentaire, il se sentait tout à coup assez misérable. Il s'empressa de sortir son portable, histoire de savoir où aller plutôt que de rester planté là comme un individu suspicieux. La boutique était assez éloigné de la bouche de métro, mais à proximité d'un gros parc apparemment. En marchant à travers le quartier, Ethan déploya le CV que lui avait remis Cornelia. Pour ses 32 ans et pour un rat de bibliothèque, l'homme était plutôt agréable aux yeux. Un BAC obtenu haut la main, une formation d'archiviste, le profil suintait l'intellectuel né. Il allait être dur de ne pas se ridiculiser…

Le Mille-Feuille (car tel était le nom de la librairie) était d'aspect bien plus agréable que l'image snob que s'en était fait Ethan. Sans être minuscule, la boutique était assez discrète, avec une devanture boisée d'assez bon goût. Quand le demi-extraterrestre franchit le pas de porte, une clochette retentit : définitivement un endroit dans le goût un peu rétro. L'odeur était particulière, un mélange de vieux bouquins et de...vanille ? Le jeune homme inspira un grand coup, savourant l'atmosphère – il s’achèterait bien des choux à la crème après ça...Enfin, en attendant, il avait une mission à accomplir. Il s'avança jusqu'au comptoir où l'homme du CV l'attendait, les yeux rivés sur une BD qui semblait sorti d'un autre siècle. Ses habits étaient bien plus décontractés que sur le-dit CV, offrant un changement bienvenu par rapport aux passants jusqu'alors. Ethan se détendit imperceptiblement : peut-être l'autre était il plus approchable que prévu. Il se racla discrètement la gorge dans l'espoir d'attirer son attention.

« M. Axel Avory ? Je viens solliciter votre aide pour une recherche...Enfin, voici une lettre qui vous expliquera cela mieux que moi. »

Joignant le geste à la parole, il posa sur le comptoir le message que lui avait remis Cornelia.
[HRPG : C'était looong xD Je ne pensais pas que ce serait si long à développer ^^" Désolée pour ce mini-pavé, j'ai un peu trop brodé u_u"]

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Axel Avory

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MessageSujet: Re: Codex Portas Caeli [Axel Avory] [Ethan D. Zalion]   Ven 5 Fév - 12:15

Assis confortablement derrière le bureau, Axel relisait une antique BD de la fin du XXe, trouvée chez un brocanteur. Selon son habitude, il imprimait machinalement un petit mouvement régulier à son fauteuil pivotant, ce qui, avec le tictac de l’horloge comtoise, contribuait à l’atmosphère douillette et feutrée de la boutique autrement silencieuse. Axel se sentait dériver vers le sommeil malgré tout l’intérêt qu’il portait à " L’Autre Monde, cycle 1,"  avec les si jolis dessins de Florence Magnin sur un scénario de Rodolphe.  
Il avait trop plu ces dernières heures pour aller courir au Bois de Boulogne avec Barty et puis il ètait vanné. Le chien se consolait en ronflant sous le vaste bureau à devant fermé qu’il considérait comme son chez-lui parisien, sa niche secondaire. Quand son maître s’installait pour y écrire, Barty condescendait à lui faire un peu de place.

Jeudi soir, Axel avait passé quelques heures dans sa famille pour fêter l’anniversaire de sa tante et il était rentré à Paris en emmenant Barthélémy. Il avait toujours un peu de vague à l’âme en cette période. La compagnie d’un bon chien lui ferait du bien. Barty ne posait jamais de questions. Mais un message de Madame Delmont l’attendait à son retour : il avait un rendez-vous le samedi avec Monsieur Marimoto, un antiquaire de Kyoto avec qui il était sur le point de conclure une vente très importante.
Bon, il ramènerait Barty à la Closière le samedi soir. Mais l’affaire conclue, le client avait demandé si Monsieur Avory pourrait lui faire l’honneur de l’escorter le lendemain dimanche à la première heure au musée de Cluny. Il n’en connaissait pas les collections d’ivoires médiévaux et il aurait aimé qu’un spécialiste les lui commente rapidement car il quittait Paris en fin de matinée. En conséquence, Axel avait passé la moitié de la nuit à relire sa documentation pour confirmer la bonne impression qu’il semblait avoir faite.
En sortant de Cluny, Axel était trop fatigué pour songer à prendre la voiture et partir pour la Closière. Il avait prévenu son grand-père qu’il ne viendrait que le lendemain lundi.
Il bruinait encore, il sortirait Barty en soirée; la perspective d’un après-midi  tranquille lui convenait. Et puis pour un commerce touchant aux loisirs et à l’art, c’était une bonne chose d’ouvrir de temps à autre le dimanche.

Les yeux fixés sur la page qu’il ne lisait plus, il sentait ses idées se brouiller quand le timbre de la porte secoua la  somnolence générale. Barty leva la tête mais demeura caché : défense de  montrer  sa grosse tête hirsute sans invitation express. Certains clients n’aimaient pas les chiens.
Axel se leva et appuya sur le bouton qui commandait l’ouverture de la porte. Un délicat bruissement signala que la caméra de surveillance se mettait en marche. Ces dispositifs avaient été imposés par la compagnie d’assurance, la boutique exposant des objets de valeur.

Un garçon entra, très jeune, vêtu sans recherche mais avec des piercings, des bagues et une allure hors de l’ordinaire. La clientèle du Mille-feuille tournait plutôt autour de la cinquantaine, s’habillait cossu et ne tolérait que de discrètes épingles de cravate.
Axel fit quelques pas, un sourire d’accueil conventionnel aux lèvres. Sous une chevelure insolite et superbe, l’inconnu avait un visage séduisant mais avec  quelque chose d’un peu dérangeant qu’il était difficile de cerner. Ses premières paroles montrèrent de l’éducation  mais il ne devait pas se sentir très à l’aise entre les psautiers du Moyen Age et les in-folio au garde-à-vous car il se tut aussitôt, semblant s’abriter derrière une lettre qu’il posa sur le bureau.
Axel remplaça son sourire anonyme par un autre plus chaleureux. Autant le mettre à l’aise s’il n’était qu’un simple coursier. Le procédé était cependant assez curieux : pourquoi ne pas envoyer un mail , une lettre ou téléphoner ?  Mais l'inconnu avait sollicité personnellement son aide. C’était à lui personnellement qu’il faudrait répondre.
Axel ouvrit donc la lettre. Elle était manuscrite et sans en-tête commercial. La signature lui était inconnue, à demi illisible mais il nota le prénom Cornélia qu’il trouva joliment suranné. Il imagina un instant une dame âgée, envoyant son neveu acheter un livre-cadeau pour un vieil ami amateur de reliures anciennes.
Le message était bref, factuel et le motif acheva de le réveiller....Héhé ! Même si l’original avait disparu, le Codex suscitait donc encore de l’intérêt. Ou plutôt, son éventuelle copie.
L’image de la vieille dame s’effaça et Axel se demanda qui était derrière ce jeune homme au statut indéfinissable mais qui n’avait rien d’un commissionnaire falot .Une sorte de puissance un peu féline se dégageait de sa présence. Serait-ce un envoyé de l’UR ayant reniflé des éléments louches dans cette histoire d’infarctus, d’incendie et de codex fantôme ? La théorie ésotérique "des portes du ciel"qui auraient indiqué non les pieux pélerinages conduisant au paradis mais des portails naturels vers d’autres mondes, pouvait avoir resurgi avec la réapparition du Codex dans l’actualité.
Le marché de l’art rassemblait aussi pas mal d’éléments plus que douteux : trafics d’objet volés ou de faux, blanchiment d’argent sale, escroqueries à l’assurance, fraudes fiscales, falsifications de documents, etc. Pour satisfaire des commandes, Axel avait souvent côtoyé ces milieux et, parfois, utilisé des informateurs à la limite de la légalité. Mais il n’allait jamais plus loin parce que sa morale était que la fin ne justifie que certains moyens : ceux qui vous permettront de dormir tranquille et de ne pas craindre les coups de sonnette au petit matin. Et puis quand il s’agissait d’art, d’idées, de beauté, de plaisir et de passion, l’obsession seule du gain le dégoûtait. Les zones d’ombre de l’affaire du codex ne venaient pas de lui.
En fait, Joussin avait demandé à Axel de passer le voir pour lui proposer un marché : lui-même ne lisant pas le latin, l’archiviste pouvait-il lui traduire un livre ancien de très grande valeur ? Mais il préférait ne pas en révéler encore l’existence pour l’instant, n’étant pas sûr à 100% de son authenticité. Son copiste était un très bon calligraphe mais un piètre latiniste et ajouta-t-il, il parlait un français à peine compréhensible.
Joussin lui demanda le secret le plus absolu. Axel  avait accepté sans hésiter, connaissant les habitudes généreuses du mécène concernant ses copies de manuscrit.
Le rendez-vous pris pour la signature du contrat n'eut pas lieu. Trois jours après l’entrevue, Paul Joussin était victime d’un infarctus. L’inventaire établi, les héritiers annonçaient la présence du Codex dans les biens du défunt.
Axel fit alors le rapprochement avec le mystérieux manuscrit pour lequel il avait été contacté et conclut qu’il avait failli traduire le Codex Portas Caeli. Pauvre Joussin et pauvre lui !
Les héritiers n’ayant pas parlé de la copie après l’incendie, Axel avait soupçonné le copiste de l’avoir gardée. Or elle leur appartenait  de droit, dès que la somme convenue pour le travail avait commencé à être payée. Mais la valeur de la copie, même incomplète, avait bien augmenté avec la disparition de l’original et le copiste pouvait être tenté.
Axel s’était mis dans l’idée de la retrouver, car il rageait un peu de n’avoir pas pu jeter un œil sur le Codex avant sa destruction mais il ne voulait pas aller raconter l’affaire aux héritiers. Ils pouvaient être de mèche avec le copiste pour sortir l’ouvrage des frais de succession. Quant à alerter la police  il ne désirait certes pas attirer des ennuis à ce copiste dont il ne connaissait ni les intentions ni la situation.
En écrivant l’article, il avait donc laissé entendre que la copie n’avait sans doute pas été faite, mais en même temps il insistait un peu lourdement sur le fait qu’il connaissait bien Joussin. Peut-être le copiste, pensant qu’il était au courant, viendrait-il le voir et lui faire des propositions.
Or voici qu’un autre amateur voulait savoir si la copie existait. Ce n’avait pas été très malin finalement de mettre la puce à l’oreille de ceux qui voulaient savoir de quoi parlait le Codex. Mais d’un autre côté, il pouvait aussi tirer un avantage de cette demande d’enquête. Non seulement il satisferait sa curiosité mais il aurait un client tout trouvé pour l’ouvrage et n'aurait pas à immobiliser des capitaux en attendant.
Gardant la lettre à la main, il invita le jeune homme à s’asseoir dans l’un des fauteuils club qui servaient à l’accueil, prit place dans l’autre et dit:

̶  C’est donc suite à  cet article que la personne qui vous envoie a pensé qu’il y avait une copie du Codex ? J’ai pourtant exprimé le peu de chance que cette copie puisse exister. Cependant il y a un doute et je peux tenter de retrouver le ou les copistes possibles. C’est un milieu assez restreint que je connais bien. Avez-vous une idée des motifs de Madame  Cornélia... hmm...

Le nom était  peu déchiffrable et il regarda vers le jeune homme pour qu’il complète- puis poursuivit :

̵̶  S’agit-il d’une bibliophile, d’une collègue ?  Sinon, il faut savoir que ce genre d’ouvrage revient très cher : c’est un travail d'artiste, de plusieurs mois à temps plein. Il est entendu que c’est à moi que vous achèterez le manuscrit si je puis l'obtenir. Vous en aurez l’exclusivité pour le prix que nous aurons fixé au préalable.

Axel se leva. Il allait continuer mais il ne savait rien des responsabilités de cet envoyé et même s’il était au courant des pratiques commerciales. Il prit un imprimé dans un tiroir du bureau et le lui tendit :

̶  Voilà mes conditions. Si elles conviennent, nous signerons l’accord quand vous voulez. Je vous tiendrai au courant des progrès de la recherche.  N’hésitez pas à téléphoner et si vous voulez passer à la boutique, Madame Delmont , ma secrétaire vous accueillera si je ne suis pas là .Elle sera au courant.

Le bruit d’une averse le fit regarder au dehors :

̶ Oh, vous allez être trempé ! Voulez-vous une tasse de thé, quelques biscuits en attendant que cela se calme ? ...Ah  ! j’ai oublié Barty ! La présence d’un chien vous dérange-t-elle ? j’en ai un qui dort sous le bureau ; préférez-vous qu’il sorte de la pièce ?

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Ethan D. Zalion

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MessageSujet: Re: Codex Portas Caeli [Axel Avory] [Ethan D. Zalion]   Dim 7 Fév - 13:58

    L'homme, qui le dévisageait jusqu'alors avec un sourire de politesse, adopta un visage plus chaleureux à la vue de la missive. Ne se sentant lui-même pas très en phase avec le lieu, Ethan pouvait comprendre cette légère méfiance de la part de son interlocuteur...Enfin, le libraire avait apparemment compris sans plus d'explications qu'il n'était qu'un messager, bien qu'il ait l'air intriguée par le procédé. Bizarre, vu l'ambiance quasi-médiévale de la pièce, le demi-extraterrestre avait l'impression que c'était dans le ton...

    Il profita du vif intérêt de l'homme à l'égard du contenu de la lettre pour inspecter plus en détail son environnement. De belles étagères boisées et ornementés (il se demanda un court instant si il s'agissait véritablement d'antiquités ou seulement d'un style) couvraient les murs, quelques présentoirs meublant le centre de la pièce. La lumière était plutôt tamisées, sûrement pour éviter d'abîmer les vieux livres qu'entreposait le Mille-feuille. Ceux-ci étaient bien évidemment la principale composante de la pièce, soigneusement disposés et mis en valeur, leur simple présence semblant générer un monde de silence. Ethan sentait d'ailleurs son malaise grandir dans ce calme absolu, et il se reconcentra sur l'autre présence de la pièce.

    Il s’apprêtait à demander si la lettre était si longue que ça quand l'homme la replia résolument avant de l'inviter à prendre un siège derrière le bureau. Le plus jeune obtempéra docilement avec un sourire, même si intérieurement il paniquait un peu. Et si le libraire commençait à lui parler de détails techniques, ou à discuter littérature médiévale ? Il tâtonna dans sa poche de jean avec anxiété : dans le pire des cas, il pouvait toujours appeler le QG pour le mettre en relation avec Cornelia, mais si il pouvait éviter de se ridiculiser…Heureusement, l'homme se contenta de questions standards :

« C’est donc suite à  cet article que la personne qui vous envoie a pensé qu’il y avait une copie du Codex ?

Ethan hocha la tête imperceptiblement, même si la question était probablement rhétorique.

- J’ai pourtant exprimé le peu de chance que cette copie puisse exister. Cependant il y a un doute et je peux tenter de retrouver le ou les copistes possibles. C’est un milieu assez restreint que je connais bien.

Bon, au moins une bonne nouvelle, quelqu'un ici avait l'air de savoir ce qu'il faisait. Et sa missionnaire avait eu raison sur toute la ligne...L'agent grimaça mentalement au souvenir du ton vaguement condescendant de la femme.

- Avez-vous une idée des motifs de Madame  Cornélia... hmm...

Le plus jeune eu un haussement de sourcil qui espérait traduisait bien le « aucune idée, je savais à peine qui c'était avant qu'elle ne décide que je devienne son coursier personnel ce matin » qu'il pensait très très fort.

- S’agit-il d’une bibliophile, d’une collègue ?  Sinon, il faut savoir que ce genre d’ouvrage revient très cher : c’est un travail d'artiste, de plusieurs mois à temps plein. Il est entendu que c’est à moi que vous achèterez le manuscrit si je puis l'obtenir. Vous en aurez l’exclusivité pour le prix que nous aurons fixé au préalable.

Sur ces mots l'homme se leva, farfouillant dans un des tiroirs du bureau pour en tirer un formulaire qu'il tendit à Ethan.

̶  Voilà mes conditions. Si elles conviennent, nous signerons l’accord quand vous voulez. Je vous tiendrai au courant des progrès de la recherche.  N’hésitez pas à téléphoner et si vous voulez passer à la boutique, Madame Delmont , ma secrétaire vous accueillera si je ne suis pas là. Elle sera au courant.

A peine avait il prit la feuille et jeté un œil au charabia juridico-technique qui la recouvrait que l'agent de Black Crown entendit l'averse. Son hôte la constata au même instant, affichant un air affligé.

̶ Oh, vous allez être trempé ! Voulez-vous une tasse de thé, quelques biscuits en attendant que cela se calme ? ...Ah  ! j’ai oublié Barty ! La présence d’un chien vous dérange-t-elle ? j’en ai un qui dort sous le bureau ; préférez-vous qu’il sorte de la pièce ?
- Non ! S'opposa un peu trop fermement Ethan, dans une tentative de freiner le moulin à paroles que semblait être devenu l'homme. Je veux dire, il peut rester. J'aime bien les animaux, j'ai moi-même un permeron…

Comme si elle avait compris les paroles du jeune homme, une masse de poils blanc s'extirpa de sous le bureau, s'ébrouant comme pour s'étirer. Légèrement craintif (ce truc faisait quand même dix fois la taille de Cookie), Ethan hasarda un grattement derrière l'oreille de la bête, qui eu un gémissement satisfait. Pour la seconde fois, il apprécia le contraste entre les locataires de la boutique et le reste du quartier (qui semblait plutôt porté chihuahua et spitz nain). Il sourit affectueusement avant de se redresser pour répondre à son interlocuteur.

- Et merci pour votre hospitalité, je ne sais pas si ça va durer mais je ne dis pas non à une collation. J'essaierai d'en profiter pour répondre à vos questions, mais je n'y connais pas grand-chose…

Prendre la parole aida rapidement Ethan à reprendre une contenance ; tant que l'autre évitait de lui parler latin, il devrait pouvoir s'en sortir.

- Cornelia est la directrice d'un centre de recherche avec lequel je travaille
(c'était la couverture d'usage et elle n'était pas si éloignée de la réalité que ça) et porte un grand intérêt à ce livre, elle sera ravie d'apprendre que vous êtes en capacité de l'aider.

Il laissa dériver son regard sur la feuille qu'il tenait toujours à la main. Allons bon, la paperasse n'était pas son domaine, il demanderait à John de lui faire une traduction.

- Pour ce qui est du prix, nous avons des fonds assez conséquents et je pense que ce ne sera pas un problème, mais ce n'est pas à moi d'en décider. En revanche…

Il hésita un moment – il ne savait pas bien à quel point il devait mettre le libraire au courant, mais il ne pouvait pas se contenter de ne rien dire.

- Je pense que vous vous en douter au vu du livre concerné, mais ce travail est potentiellement dangereux, d'autant que notre centre a...disons des rivalités dans ce milieu de la recherche. Si cela vous inquiète, je comprendrais un refus.

[HRPG: Dire qu'Ethan est censé être bavard...il vient de trouver son maître xD Désolée pour la faible dose de dialogue, du coup ^^"]

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Axel Avory

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MessageSujet: Re: Codex Portas Caeli [Axel Avory] [Ethan D. Zalion]   Sam 13 Fév - 13:45

Ayant entendu le mot "biscuit", Barthélémy avait frémi sous son bureau et quand le visiteur prononça "..peut rester", ce qui faisait aussi partie de son vocabulaire, le griffon répondit immédiatement à l’invitation de l’aimable jeune homme et rejoignit la compagnie avec un plaisir évident.
Tout en sortant le plateau à thé et en branchant la bouilloire -le Mille feuille était équipé pour transformer les clients en invités et un achat-vente en échange culturel- Avory fit pour lui-même le point sur l’avancée de la conversation.

Après la lecture de la lettre,  son "madame Cornelia...humm .." était resté sans suite alors que c’était une invite à compléter un prénom, certes original, mais insuffisant pour une transaction commerciale. Un " Euh "  interrogatif  aurait été préférable :
"...Madame Cornelia ….euuuh ???."
ou encore plus clair : "….Madame Cornelia ? Excusez-moi.Je n’arrive pas à lire le nom de famille."

Mais cela pouvait vouloir dire que la dite Cornelia écrivait comme un cochon et ce ne sont pas des choses à laisser entendre à un jeune homme inconnu et peu assuré dans ses manières surtout s'il s'agissait d'une respectable aïeule à la main tremblotante.
D’ailleurs cette entrevue se déroulait dans  un anonymat peu orthodoxe. Il y avait un décalage complet entre le comportement du messager et la nature de la proposition qu’il était chargé de transmettre. Axel voyait parfois des clients égarés là parce qu’ils avaient vaguement aperçu des livres illustrés en vitrine et qu’ils voulaient "des Bd d’occase pour pas cher". Axel essayait de ne pas les vexer en leur révélant qu’il n’avait que "des BD d’occase pour très cher". Mais ce jeune homme n’avait rien d’un lourdaud. Axel n’arrivait pas à le situer et une certaine méfiance s’éveilla en lui.
Etait-il envoyé par un concurrent douteux et jouait-il les maladroits pour se renseigner en douce au sujet de la copie convoitée ? Ou bien cherchait-il à repérer ce qui était volable dans la boutique et quel était le niveau de sécurité ? La lettre, sans entête et avec un nom de famille peu lisible, pouvait avoir été rédigée par  l’inconnu lui-même comme prétexte pour être reçu. Dans ce cas c’était un cambrioleur qui devait habituellement plutôt exercer ses talents dans le vol de scooters et des sacs à main. Et Barty qui se faisait caresser au lieu de renifler d’un air méfiant la main qui lui gratouillait la tête !
Mais non, un petit malfrat serait resté le nez baissé le plus possible. Le panneau" magasin sous video surveillance" était très visible sur la porte et un braqueur ne serait pas venu en déployant cette chevelure remarquable, un signe distinctif à faire sauter de joie tout dessinateur de portrait- robot.
Axel préparant la collation lui tournait le dos mais l’apercevait dans les miroirs ornant les deux piliers tarabiscotés encadrant le bureau, héritage de l’ancienne pâtisserie. Le suspect avait jeté un coup d’oeil rapide sur les présentoirs proches mais pas même regardé la vitrine en fond de magasin où étaient exposés des objets anciens : l’orgueil d’Axel, qui s’était parfois donné un mal de chien pour les rapporter de très loin ou les obtenir des voyageurs des Espaces. Styles, pinceaux et calames de tous les temps, plumes et stylos de l’ère industrielle (dont un époustouflant MontBlanc  Meisterstück 149 du XXe siècle), coupe-papiers et buvards armoriés, encriers, sceaux, médailles, tout ce qui pouvait avoir un rapport avec l’écrit considéré comme un des beaux-arts. La vitrine était d'ailleurs escamotable dans une alcôve blindée laquelle, au début de la carrière d’Axel, lui avait coûté plus cher que ce qu’elle contenait. Encore une exigence des Assurances !
L’option "petit malfrat" écartée, on pouvait trouver suspecte la présentation rapide faite de la "directrice", qu’il persistait à n’appeler que par son prénom, et le flou de l’expression "Un centre de recherche". Quel genre de chercheurs pouvait s’intéresser à un codex connu seulement de quelques érudits ? Le fait que l’argent n’y était pas un problème écartait l’hypothèse d’un organisme de l’Education Nationale ou de la Sauvegarde du Patrimoine, lesquels ne reçoivent jamais que des subventions au compte-gouttes. Que cachait le vague de ces informations ?
Fallait-il chercher du côté des élucubrations à propos des portes du ciel ?
Axel était jusque là partisan de la théorie religieuse. Le seul témoin qui avait tant soit peu décrit la "carte" voici près de cinq siècles, avait remarqué que les "portes" correspondaient selon lui à des hauts-lieux de la spiritualité en Europe ou au proche orient : le mont Saint-Michel, Saint- Jacques de Compostelle, Salisbury, Rome, Sainte- Sophie, le mont Sinaï. Il ne disait rien des autres, en admettant qu’il y en eût. Bien entendu, ce n’était qu’après l’apparition des failles dans l’histoire des hommes que certains avaient interprété les Portes du ciel en y voyant des portails d’ordre physique et non d’accès au salut de l’âme, à la montée au "ciel" dans son acception religieuse.  

Axel sortit l’assiette de petits fours d’un petit réfrigérateur encastré, autre reste pratique de l’ancienne pâtisserie,sans oublier la boîte de biscuits Bontoutou posée au dessus. Il sentait augmenter sa perplexité.
Cette Cornelia, ce n’était quand même pas le gourou d’une secte d’excentriques à breloques, cherchant l’illumination et l’accès à la fontaine de jouvence, au séjour des Elohims et autres lieux mythiques : Valhalla , Pays d’Oz, Atlantis, Tamriel, Royaumes Oubliés, etc etc ?
Ou plus sérieux, les failles ayant montré que les Terriens n’étaient pas seuls dans l’Univers, était-ce un centre d’études placé sous le Secret Défense et vérifiant tout ce qui suscitait des hypothèses en liaison avec les portails?  L’UR ou des agences de renseignements étrangers étaient-ils sur la piste du Codex ?
Cela aurait aussi expliqué le côté un peu déphasé de cet émissaire, visiblement peu à son aise dans les vieux livres mais par ailleurs dégageant un indéniable sentiment de maîtrise de ses mouvements.
Axel renonça vite à le trouver inquiétant. Sitôt qu’on ne parlait plus codex et contrat, il se montrait ouvert et sympathique. Il aimait les animaux et était l’heureux possesseur d’un permeron. Axel gardait un souvenir attendri du célèbre dessin animé " Petit Permichou" où un permeron séparé de ses semblables traverse mille épreuves avant de se faire adopter par un gentil monsieur. A six ans Axel  avait pleuré abondamment durant le film et beaucoup ri à la fin quand, sa tribu l’ayant retrouvé, Permichou danse avec son maître la Farandole des Joyeux Permerons. Il avait passé le DVD en boucle pendant des semaines et il lui arrivait encore de citer la réplique-culte du film, prononcée à chaque catastrophe s’abattant sur la bestiole: " Misère ! ça craint ça, pour un permeron !"

L'dée de l'UR sembla se confirmer quand le jeune homme, qui paraissait intéressé par l’assiette de gâteaux déposée devant lui, déclara que ce travail  était " potentiellement dangereux". Axel avait rencontré des concurrents déloyaux dans certaines de ses recherches mais, fuyant les trafics illégaux, s’il avait parfois couru des dangers, ce n’était jamais lié directement à sa quête mais aux aléas des voyages, comme la fois où il cherchait un manuscrit tibétain dans un temple juste au moment où un séisme isola toute la région. Il n'aima pas trop la perspective de se trouver mêlé à une enquête secrète de l'UR.
Mais s’il ne se sentait pas l’âme – ni les moyens physiques –  d’un James Bond, ayant eu l’intention de chercher cette copie du Codex, il n’allait pas changer d’avis si vite. Après tout, il ne s'agissait peut-être que d'une simple agence privée contactée par un concurrent qui voulait  lui faire peur et rester seul sur le terrain.
Axel invita son hôte à se servir en indiquant que les gâteaux étaient l’oeuvre de sa tante, une vraie perle pâtissière qui flattait sa gourmandise en le chargeant de bonnes choses à chacune de ses visites. Bart suivait tous ses gestes avec une vive attention mais en chien stylé n’émit qu’un couinement discret pour rappeler son existence ;  Axel lui lança un biscuit sous le bureau où le chien retourna derechef tandis que son maître déclarait :

– Je ne pense pas que des concurrents réellement dangereux soient sur le coup. La copie ne vaut  pas le quart  de ce qu’aurait valu l’original, et des criminels ne se mobilisent pas pour ce genre d’objet, même si cela représente une belle somme pour l’amateur ordinaire. Quant au contenu, je vous dirai franchement que je ne m’attends pas à des découvertes bouleversantes. Mais on ne peut le savoir qu’en récupérant la copie - si elle existe- et j’aime aller au bout de mes curiosités. Et puis, c’est ma manière de gagner ma vie. Je vais commencer les recherches et vous tenir au courant. .

Tout en mangeant un macaron, il versa le thé qui avait infusé et  ajouta :

– Demain, je dois ramener Bart à la campagne. Arrangez-vous avec votre direction pour que j’ai le contrat signé le plus rapidement possible. A ce moment, la copie vous sera réservée. Mais de toutes façons, je commence les recherches. Normalement, je devrais avoir des renseignements assez rapidement en ce qui concerne l’éventuel copiste. Ah, puis-je connaître votre nom pour que je prévienne madame Delmont, ma gérante, qu’elle soit au courant .. elle est assez méfiante. Laissez-moi aussi un téléphone ou une adresse-mail si vous voulez que je vous prévienne ou bien joignez-moi ou passez ici. Je serai à la boutique mardi en fin d’après-midi.

Axel eut un sourire amusé :

...Sauf si je rencontre un os..

Bart bondit aussitôt hors de sa retraite.

*******~*******

  Le Mardi vers midi, Axel entra au Mille feuille, cachant mal son agitation. Après quelques paroles aimables mais distraites pour Madame Delmont qui ouvrait le courrier, il fouilla dans un tiroir, vérifia quelques notes dans un carnet. Puis, avant de repartir aussi vite, il tenta sur son portable de joindre l'envoyé de Cornelia et dut se contenter de laisser un message:

– J’ai du nouveau. Pouvez-vous passer me voir aujourd’hui au café " Le bon coin", en face de la station de métro Odéon ? J’y serai vers cinq heures. Si l’heure ne vous convient pas, appelez-moi, même très tard. Je dois vous rencontrer de toute urgence.

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MessageSujet: Re: Codex Portas Caeli [Axel Avory] [Ethan D. Zalion]   Dim 21 Fév - 19:28

Alors qu'il répondait soigneusement à ses questions, le libraire lui tournait déjà le dos, s'affairant à la collation. Malgré cette indifférence feinte, Ethan pouvait sentir son œil scrutateur à travers les glaces ornant la salle. Apparemment, il n'inspirait toujours pas franchement confiance à l'autre ...Il portait pourtant ses habituels piercings de la séduction, mais son interlocuteur semblait appartenir au type rationnel : une sympathie « naturelle » pour quelqu'un ne l'empêchait probablement pas de remarquer toutes les incohérences du profil de son nouveau client. Si ce trait de caractère était probablement nécessaire au métier de chasseur de trésor, il mettait le demi-extraterrestre assez mal à l'aise (lui-même fonctionnant plutôt à l'instinct).

N'osant ni vraiment parler, ni vraiment observer davantage son environnement, il s'était contenté d'un sourire poli, devenu plus franc quand Axel avait déposé devant lui une assiette de petits fours. A ses côtés, « Barth » partageait sa joie face aux friandises pour chien sortant du même réfrigérateur. Voilà qui compensait largement la prudence de son hôte...Ethan se retint fortement pour ne pas se jeter comme un morfale sur l'appétissant quatre-heures. Son interlocuteur, l'invitant à se servir, en profita pour indiquer que les gâteaux n'était pas sa confection propre mais lui venait de sa tante, une cuisinière géniale qui l'approvisionnait régulièrement. Le jeune homme ne pu que confirmer dès la première bouchée, appréciant à sa juste mesure le subtil mélange chocolat-amandes-cerises. Une soudaine envie de s'éterniser dans la boutique le saisit…

Cependant son propriétaire ne lui en laissa guère le loisir, revenant directement aux affaires qui les intéressaient :

« Je ne pense pas que des concurrents réellement dangereux soient sur le coup. La copie ne vaut pas le quart de ce qu’aurait valu l’original, et des criminels ne se mobilisent pas pour ce genre d’objet, même si cela représente une belle somme pour l’amateur ordinaire.

Il y a plus dangereux que les criminels de bas étage...songea Ethan par automatisme. Il était néanmoins peu probable que l'UR se penche sur la chose, les vieux bouquins n'étaient pas franchement leur truc (logique au vu de l'origine essentiellement technologienne de l'organisation de contrôle) et il fallait quand même un sacré coup de chance pour tomber sur ce genre d'informations ultra-ciblées.

- Quant au contenu, je vous dirai franchement que je ne m’attends pas à des découvertes bouleversantes. Mais on ne peut le savoir qu’en récupérant la copie - si elle existe- et j’aime aller au bout de mes curiosités. Et puis, c’est ma manière de gagner ma vie. Je vais commencer les recherches et vous tenir au courant.

Au moins cette histoire avait l'air d'amuser quelqu'un -qui avait quand même l'air peu convaincu par l'affaire mais ça, le messager se garderait bien le rapporter à Cornelia. De toute manière, que le livre s'avère ou non être une révélation, il avait quant à lui peu de chance d'en saisir un mot, et sa mission se cantonnait à la récupération du fichu bouquin (il aurait aimé dire « à cette commande » mais il n'allait probablement pas pouvoir s'en tirer aussi facilement). Vivre pour Black Crown était sa religion, mais il avait ses limites, et l'étude des textes poussiéreux en faisait partie.

– Demain, je dois ramener Bart à la campagne, ajouta le libraire en servant le thé. Arrangez-vous avec votre direction pour que j’ai le contrat signé le plus rapidement possible. A ce moment, la copie vous sera réservée. Mais de toutes façons, je commence les recherches. Normalement, je devrais avoir des renseignements assez rapidement en ce qui concerne l’éventuel copiste.

L'autre était visiblement passé en mode « efficace », et Ethan voyait pointer avec regret le moment où il devrait abandonner la boutique et ses délices. Il prit cependant attentivement note mentale de toutes les instructions d'Axel sans (trop) s'indigner de son ton autoritaire.

- Ah, puis-je connaître votre nom pour que je prévienne madame Delmont, ma gérante, qu’elle soit au courant .. elle est assez méfiante. Laissez-moi aussi un téléphone ou une adresse-mail si vous voulez que je vous prévienne ou bien joignez-moi ou passez ici. Je serai à la boutique mardi en fin d’après-midi.


Là, le plus jeune hésita quelques instants. Devait il donner ses propres coordonnées ? Il n'était après tout pas sûr d'avoir à gérer la suite de l'affaire, et si il pouvait s'en passer...D'un autre côté, il n'avait pas franchement le choix : il avait bien le numéro que lui avait donné Cornélia, mais il s'agissait du numéro général des veilleurs du QG, destiné à un usage interne.

- Pardonnez mon impolitesse…Vous pouvez m'appeler Drake, et voici ma carte de visite.


Utiliser son nom de mission dans le cadre d'une simple commande était peut être un peu exagéré, mais c'était l'usage...et le plus simple. Sortant le petit rectangle cartonné d'une poche interne, il se fit de nouveau la réflexion qu'il ne s'était pas franchement foulé : Drake Noilas, son deuxième prénom et son nom de famille à l'envers (ou presque). Enfin, c'était assez pour qu'un moteur de recherche ne fasse pas le lien…Ethan jeta un œil à l'extérieur : le soleil n'était pas éclatant, mais la pluie avait malheureusement bien cessée.

- On dirait bien qu'il est temps pour moi d'y aller ! Merci pour l'accueil, c'était très aimable de votre part...mes compliments à votre tante pour les biscuits. Je vous enverrai confirmation pour le contrat, mais ça ne devrait pas poser problème. »

Se levant à regret, il accorda une dernière petit grattouille au chien, se contentant d'un salut rapide pour le propriétaire lui-même. Ce n'est qu'en sortant de la librairie qu'il parvint à se relâcher complètement. Certes, il regrettait la collation, mais il se passait volontiers de l'ambiance du lieu! Il du contenir fortement l'envie de courir jusqu'au métro (trop de tension accumulée). Une fois affalé sur une des chaises en plastiques inconfortables qui bordaient le souterrain (certes le métro passait le dimanche, mais il ne fallait pas être trop pressé : il en avait pour dix minutes d'attente), le jeune homme ressortit le CV d'Axel, enfoui dans une de ses poches. Il contempla la photo, songeur, se repassant mentalement l'ensemble de la rencontre. Sans être exactement un homme simple, l'autre lui avait paru moins snob que ce qu'il avait anticipé… Il avait cette légère tendance à raconter sa vie qui l'humanisait, même si c'était clairement un professionnel jusqu'à l'os. Il semblait observateur et réfléchi, et bien sûr extrêmement cultivé. Si Ethan doutait de sa capacité à véritablement sympathiser avec l'homme, il avait clairement eu pire comme partenaire de travail...

* * *

Après avoir fait son rapport à Cornelia le soir même et reçu la confirmation que la suite de la mission lui revenait, Ethan s'était retrouvé assez désœuvré. Le lundi avait tout bonnement été d'un ennui mortel : John avait cours et l'avait lâché (il était en fac de droit, si il se souvenait bien), lui-même avait fini par se faire virer du QG par Milan, le Mille-feuille était fermé pour la journée...Le demi-extraterrestre avait fini par errer dans les boutiques d'import du centre-ville dans l'espoir d'y trouver des artefacts intéressants mais la capitale ayant une réglementation ultra-stricte à leur sujet, on y trouvait que des gadgets (il pensait sincèrement pouvoir se passer d'une pierre projetant des arcs-en-ciel). Il avait quand même rentabilisé sa journée un minimum en dénichant des bonbons elfiques (difficile de faire plus bio et naturel) et un soda made in Technologia (saveur « poussière d'étoile »), mais c'était bien le seul point positif. Cet overdose d'ennui le décida à retourner dès le lendemain chez Axel, quitte à ce que celui ci n'ai rien de nouveau. Après tout il devait lui remettre le contrat, n'est ce pas ? Cependant, le libraire avait bien précisé qu'il ne serait pas là avant la fin d'après-midi ; il allait falloir trouver quelque chose à faire d'ici là...Ethan dégaina résolument son portable.

Coup de chance, la première amie qu'il appela était disponible ce midi là. Ils se donnèrent rende-vous dans un restaurant à côté de la banque où travaillait la jeune femme. C'était assez loin du Mille-feuille ; heureusement, paris égal métro, ce qui diminuait considérablement ce genre d'inconvénient. Le demi-extraterrestre n'avait pas vu Alicia depuis longtemps et n'était pas spécialement resté en contact, mais ils partageait ce genre d'amitié facile qui revivait à la moindre rencontre et sans gêne. Il l'avait connu au lycée, assez brièvement car il n'avait étudié qu'un an en France, et l'avait retrouvé par hasard dans la capitale des années plus tard – fait suffisamment extraordinaire pour justifier d'irréguliers rendez-vous nostalgie.

Quand la brunette franchit la porte du bistrot où il l'attendait sur le coup de 13h, il mit un instant à la reconnaître, notamment parce qu'elle portait désormais les cheveux en carré court et des lunettes – pour faire plus sérieuse ? Elle cependant l'avait probablement reconnu immédiatement (sa chevelure comme ses piercings divers le rendaient aisément identifiable), et le salua chaudement. La conversation fut rapidement animée. Alicia allait bientôt avoir de nouvelles responsabilités,  pensait se pacser prochainement avec son copain, hésitait entre l'Espagne et l'Italie pour ses prochaines vacances et n'en pouvait plus de sa mère. Ethan, si il restait discret sur le sujet du travail (la jeune femme ne savait même pas qu'il était hybride alors pour ce qui était de son engagement dans la résistance black crownienne…), trouvait le moyen de compenser largement sur d'autres sujets : les bêtises de Cookie, ce si bon restaurant qu'il avait trouvé à New York, la vie d'amis communs...Arrivés au dessert, Alicia se rendit soudain compte qu'elle devait être à la banque dans dix minutes, et ce fut à qui engloutirait le plus vite sa glace (un véritable challenge dans la mesure où ils étaient tout les deux morts de rire). Ethan proposa de payer dans un accès de galanterie mais fut rejeté d'un froncement de sourcil désapprobateur. Le jeune homme s'inclina, mais demanda un café à emporter dès que son amie eut tourné les talons pour lui apporter : ils n'avaient pas eu le temps d'en prendre un et la renvoyer travailler une après-midi entière sans carburant était un peu inhumain. La secrétaire à qui il avait confié le gobelet en carton (avec un sourire charmeur, ça passait mieux) s'était probablement méprise sur sa relation avec Alicia mais qu'importe.

Cette interlude avait fait oublié sa morosité au membre de Black Crown et lui avait un peu fait oublié le temps. Sortant son portable pour vérifier l'heure, il se rendit compte qu'il avait un appel manqué, d'un numéro inconnu, ainsi qu'un message sur son répondeur. Il reconnu immédiatement la voix d'Axel, bien qu'elle soit moins posée qu'à leur dernière rencontre :

 « J’ai du nouveau. Pouvez-vous passer me voir aujourd’hui au café " Le bon coin", en face de la station de métro Odéon ? J’y serai vers cinq heures. Si l’heure ne vous convient pas, appelez-moi, même très tard. Je dois vous rencontrer de toute urgence . »

Le ton comme le contenu alertèrent immédiatement Ethan. Il avait l'habitude des complications, mais le libraire ne pouvait quand même pas s'être fourré dans le pétrin en si peu de temps, et sur une affaire pareille...si ? A moins qu'il ne soit tellement excité par ses découvertes qu'il ressente le besoin de le voir le plus rapidement par ses découvertes : pas son genre a priori, mais déjà plus envisageable. Ou alors, l'UR était aussi sur le coup, et il avait sous estimé l'attrait des vieux bouquins poussiéreux. Quoiqu'il en soit, il n'était que 14h et des poussières, il avait largement le temps de se rendre au café. Il envoya un sms pour confirmer sa venue et prit le temps d’appeler Cornelia pour lui faire part de la possible urgence. Celle ci était comme d'habitude surchargée mais lui fit néanmoins promettre de venir faire son rapport au plus vite, ainsi que de l'appeler si les choses le dépassait ( « du point de vue intellectuel » était fortement sous entendu). Il hésitait à se rendre immédiatement sur les lieux, mais l'idée de passer deux heures à se tourner les pouces dans un café chichiteux sous l’œil meurtrier d'une serveuse guindée lui fit renoncer à ce projet. Alors quoi ? Passer à la librairie ? Si l'autre lui avait donné rendez-vous à 5h, c'est qu'il devait être occupé le reste de l'après-midi, il le dérangerait probablement. Et puis si il avait voulu que la rencontre se fasse dans un café, c'est que la librairie devait ne pas convenir pour une raison ou une autre. Les réflexes d'agent d'Ethan lui firent immédiatement envisager les options les plus rocambolesques (et si la boutique était sous surveillance ennemie) mais sa part rationnelle le rappela à l'ordre : c'était sûrement juste pour éviter d'être dérangé par des visiteurs curieux, peut-être même la procédure habituelle d'Axel quand il rencontrait ses clients. Il finit par se résigner à suivre son plan initial, à savoir flâner dans les rues jusqu'à 16h puis prendre le métro.

Malgré ses précautions pour ne pas trop attendre, le demi-extraterrestre finit par arriver une vingtaine de minutes avant l'heure dite. Il ne le regretta pas : le libraire était déjà sur place, aussi bien intégré dans le décor classico-élégant que dans sa propre boutique. Sans même prêter attention au serveur qui se dirigeait vers lui pour le guider, Ethan traversa la salle jusqu'à l'homme, déjà attablé devant sa consommation. Il avait l'air en un seul morceau, ce qui était une bonne nouvelle ; son expression en revanche était indéchiffrable.

«  Bonjour Axel, salua sans cérémonie l'arrivant en s'installant. Vous avez l'air indemne, j'avoue que votre message m'avait un peu inquiété. Du nouveau pour notre affaire ?
- … Ah, un chocolat chaud s'il vous plaît, ajouta t-il à l'attention du serveur qui l'avait suivi. Et, euh...(il déchiffra péniblement l'ardoise à l'autre bout de la salle) une tarte au citron, si il vous en reste. »

L'homme en costard accepta sans sourciller la commande dégoulinante de sucre et les laissa seuls.

[HRPG: Finiiii! Il est encore plus long que le RP introductif pour une raison mystérieuse...On ne peut pas dire que ce soit grâce au dialogue pourtant u_u" Désolée pour le retard ^^" ]

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MessageSujet: Re: Codex Portas Caeli [Axel Avory] [Ethan D. Zalion]   Sam 12 Mar - 1:51

Journal d'Axel Avory
Dimanche soir
Reçu un appel d’un inconnu peu après le départ du jeune homme aux piercings.
Le type a lu mon article dans le Bibliophile et désire s’entretenir avec moi au sujet de la copie du Codex P.C.  Il ne veut pas en dire plus au téléphone, sous prétexte que je comprendrai que l’affaire peut susciter " des curiosités inquiétantes". Tiens donc !… je lui raccrocherai bien au nez si le quidam n’avait pas un accent balkanique absolument effroyable. Or Paul me disait être horripilé par celui du copiste engagé pour le Codex.
Je suis donc très content. Mon article a marché et ce dimanche m’apporte et le client et le vendeur.
Seul bémol à ma satisfaction : le type me propose un rendez-vous demain matin et le plus tôt possible.Je refuse d’abord. Après le Japonais, maintenant un Serbo-croate... Demain je dois ramener Bart à la maison. Il n'a pas à être sacrifié aux exigencex du commerce international.
Mais l’autre est très pressé, il doit quitter Paris pour un contrat à New-York. Finalement, je transige : on se verra donc bien demain à 19, au Bon Coin. Je ne pourrai pas l’appeler en cas de retard : on lui a volé son portable hier, il m’appelle d’un bureau de poste poste et m’engage, avec des tons de conspirateur, à me méfier des téléphones. Selon lui, nous sommes tous sur écoute et l’UR n’est qu’une vaste machine à espionner les gens pour le compte de Technologia. Serait-il un peu parano ? En tous cas, un peu bizarre.

Lundi soir

J’ai rencontré le bonhomme. Bingo pour le Serbo-croate ! Il s’appelle Božimir Zordanović, mais se fait appeler Luigi. Je préfère Božimir mais le client a toujours raison. Va pour Luigi.
Il est arrivé deux minutes après moi au Bon coin. Il habite en fait juste en face. Toujours aussi agité. C’est un homme de type méditerranéen, 30/40 ans, plutôt sympa, très nerveux. Outre son accent, son seul trait un peu exotique est une sorte de toque d’astrakhan gris qui le fait ressembler à Tarass Boulba, moins les moustaches.. Il affirme que la copie lui appartient. Paul devant le payer travail achevé et étant mort avant la fin, Luigi n’a reçu comme acompte que ses frais de matériel et de déplacement. Il a raison s’il y a eu contrat signé mais il reste discret à ce sujet. Travail au noir ?
A mon avis, sa copie est bien celle du Portas Caeli, bien qu’il ne m’ait apporté que quatre pages photocopiées. Beau travail, c’est sûr, mais aucune preuve matérielle d’authenticité. Paul le faisait travailler chez lui, page à page et sur un modèle numérisé détruit dès la copie réalisée. La copie est donc unique.
Luigi confirme que parmi les 72 pages qu’il a copiées, sur les 77 de l’original, se trouve une sorte de mappemonde historiée montrant des ogives auréolées de lumière, les fameuses portes sans doute. Ces détails sont connus de tous (enfin, dans le milieu des amateurs de codex ...),mais Luigi précise, et ça, je ne l’ai lu nulle part, que la carte est entourée d’anges conduits par un archange porteur d’un livre. Ce doit être Uriel Psychopompe, ce qui confirmerait le symbolisme religieux de ces portes. Uriel, le quatrième archange, n’a pas bonne presse dans le catholicisme officiel. Sa mise en valeur comme guide vers le paradis pourrait expliquer la condamnation du Codex par l’Inquisition  mais aussi décevoir fortement les chercheurs de portails intermondes. Tout cela est fort excitant.

Je revois Luigi demain à 11h, cette fois à son domicile où il aura "apporté le manuscrit". Il ne l’a donc pas chez lui. Prudence normale, s’il n’a pas de coffre-fort.
Il a accepté de suite le prix que je lui ai proposé alors que je pensais pouvoir mettre jusqu’à 10 % de plus s’il marchandait. Il veut être payé en liquide, mi dollars, mi euros. Je m’y attendais. Je n’aime pas ça mais il prétend avoir résilié son compte en banque en prévision de son départ. Un clandestin ? ou juste un concours de circonstances ?
Ce qui est évident, c’est le secret dont Luigi entoure la vente de sa copie. Une simple petite annonce dans le Bibliophile et il aurait aussitôt reçu vingt propositions dont la mienne. Certainement il a peur qu’on lui conteste la propriété de la copie.
Tout ça n’est pas très clair mais telle que l’affaire se présente, il n’y a pas de risques. Enfin, du moins, pas de ceux qui  conduisent en prison .
Si tout se déroule comme prévu, demain soir, je remets le codex dûment payé à  Drake Noilas, en espérant que ses patrons en feront bon usage et en particulier, le publieront. Noilas... Drôle de nom mais avec les échanges interplans, on s’y perd.  Sur terre je n’ai repéré quelques Noilas qu’en Islande, ce qui irait bien avec Drake, même s’il n’a vraiment rien d’un Viking.
En tous cas je vais avoir une sacrée réputation auprès de son "Centre de recherche". Une agence de détectives sans doute. D’où les allusions de Noilas à de" potentiels dangers". Je voudrais bien savoir qui est leur commanditaire pour la recherche du Codex. Je vois mal un privé- même nommé Cornelia- lisant le Bibliophile.  Ou alors, il faudrait que ce soit une agence énorme, qui passe toute la presse au peigne fin pour repérer des affaires possibles. J’espère qu’ils ne travaillent pas pour la police ou l’UR. Après tout, la mort subite de Paul suivie d’un incendie, ça peut paraître suspect,
Espérons que Luigi ne me réserve pas une entourloupe au dernier moment... Je n’aime vraiment pas sa précipitation et ses petits mystères.
Au pis aller, si demain je flaire le mauvais coup, je ne conclus pas et je préviens Noilas que je n’ai pas l’âme ( ni le fouet) d’un Indiana Jones, que je ne veux pas ruiner ma bonne réputation sur le marché du livre d’art et que, s’il veut poursuivre l’affaire, qu’il traite directement avec Božimir Zordanović, dit Luigi.
Je vais me coucher; je dois être en forme demain matin pour ce rendez-vous et, avant 11h, je dois passer à la banque et prendre le Guide de Maggia enfin arrivé chez Alban. 30 euros pour une première édition, c’est très raisonnable.

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Mardi, café du Bon Coin, 16h 30
En voyant entrer Drake Noilas avec une demi-heure d’avance, Axel se leva précipitamment pendant que l’autre le saluait. Il avait un petit sourire contraint cachant mal sa nervosité :

- Excusez-moi de vous avoir fait venir ici mais c’est en relation avec notre affaire ...vous comprendrez mieux quand je vous aurai raconté. J’espère ne pas trop prendre sur votre temps car c’est assez compliqué. Pour résumer : j’ai rencontré hier le copiste du Portas Caeli, je devais le retrouver aujourd’hui . Mais..  mais il a disparu ! Je crois qu'il a .. euh.. été enlevé .
 
Il se rassit et commença son récit par l’appel téléphonique reçu le dimanche soir, puis résuma la rencontre d'hier au Bon Coin, qui se situait de fait juste en face  de l’immeuble de Luigi. Oui, c'était juste la porte cochère peinte en vert de l'autre côté de la rue. Enfin, il en arriva au rendez-vous de ce matin, chez Luigi qui devait aboutir à l'achat de la copie convoitée. Parvenu à ce point, Axel poursuivit sur un ton plus assuré tandis que le serveur apportait la consommation de Drake :

-Ce matin, avant le rendez-vous chez Luigi, je devais aller à la banque prendre l’argent pour le Codex et passer chez un collègue qui avait reçu un Guide de Maggia que je recherchais. Tout a été réglé plus rapidement que prévu et vers 10 heures, comme je n’avais pas déjeuné, je suis venu ici en attendant le rendez-vous chez Luigi.  Café, croissant.. et puis je commence à feuilleter le Guide de Maggia. Mais je suis distrait en pensant au Codex et je me mets à regarder au dehors.

Axel était en effet assis près de la vitre d’une des façades du café qui donnait de ce côté sur la rue étroite où il avait indiqué la porte de l'immeuble où habitait Luigi :

-C’est alors que je vois trois individus sortir de là, deux encadrant étroitement un troisième et ils s’arrêtent sur le trottoir. Je  vois très mal celui du milieu, caché par les deux autres qui le tiennent serré. Juste un bonnet gris sur une tête baissée. … comme celui de Luigi.  Mais déjà une mercédès arrive s’arrête devant le groupe. Je ne vois pas grand chose mais ils montent tous trois à l’arrière.

Le libraire s’arrêta un instant et  comme s’il redoutait  de ne pas être cru, regarda son interlocuteur d’un air gêné, puis se décida à continuer :

-Cela ressemblait tellement à une scène de film policier ! Tout en me traitant d’idiot, j’ai quand même cherché à lire l’immatriculation de la voiture qui tournait juste au coin et j’ai pu la noter, sauf les deux derniers chiffres.
Finalement je me dis que j’ai dû exagérer mes impressions, que ce n’était pas Luigi et qu’il est sans doute à m’attendre chez lui. Et je ne peux même pas lui téléphoner ! J’attends encore et à 10h 45, je sors du café et rejoins la porte verte. A l’interphone je demande à voir M. Zordanovic pour son livre. Une voix sans accent me dit que c’est ouvert. J’hésite une seconde, Luigi n’a pas parlé d’un tiers pour notre rendez-vous. Et si ce type est seul, pas question de parler du Codex ou de la copie. Dans l’ascenseur je pense au guide de Maggia et je me dis que, si Luigi n’est pas là, j’ai un bon prétexte pour justifier ma présence sans parler du Codex. J’ai toujours des factures vierges dans ma sacoche et je remplis très vite un formulaire pour le guide en indiquant 80 euros comme prix de vente pour voir si le type s’y connaît. je me dis aussi que je ferais mieux de redescendre et d'attendre que ce soit Luigi qui me réponde  mais la curiosité est la plus forte.


Axel raconte alors comment après deux ou trois minutes d’attente, la porte de l’appartement est ouverte par un inconnu qui le fait entrer dans une pièce semblant servir de séjour et d’atelier. Il y a du désordre mais Axel a vu pire et s’interdit de romancer. Cependant quand il demande à voir M.Zordanovic pour lui remettre sa commande, l’autre explique que Luigi est sorti mais qu’il l’a chargé de l’affaire.
Axel fait des difficultés, M.Zordanovic aurait dû le prévenir. Il lui faudra demander une pièce d’identité pour le reçu. L’autre hausse les épaules et propose un permis de conduire. C’est bon, il faut aussi que le client vérifie l’état du livre avant de régler la somme convenue et de signer le bon de réception. Axel sort le guide de son papier kraft et l’autre manipule un instant le livre en silence. On le sent hésiter. Il se croit obligé de feuilleter le livre, d’examiner la reliure. Axel voit bien que le guide de Maggia l’embarrasse plus qu’il ne l’intéresse mais qu’il ne veut pas se trahir. Car l’homme a menti, il est évident que Luigi ne lui a rien dit du rendez-vous.
Pendant ce temps, Axel regarde autour de lui d’un air qui se veut indifférent mais cherchet à repérer quelque chose d’anormal, un indice de ce qui a pu se passer. Enfin l’homme dit que c’est bon, paie le prix demandé en sortant les billets de son porte-feuille. Axel délivre la facture acquittée contre un reçu signé Raoul Lefort et puis prend congé, pressé de se sortir de cette situation plutôt perturbante. Il est d’abord inquiet d’avoir révélé son identité - la facture porte évidemment le nom et l’adresse de son commerce. Mais il se rassure, que peut-on lui reprocher ? Par contre, il se fait du souci et pour Luigi et pour la copie. Tout cela sent ces "dangers potentiels" signalés par Drake.
Il rentre donc au Mille feuille, vérifie les alarmes et demande à madame Delmont de lui renvoyer tous les appels qu’elle pourrait recevoir de clients inconnus. Il envoie un message pour Drake Noilas, lui donnant rendez-vous pour 4 heures. Axel finit son récit :

- Après, j’avais un rendez-vous chez mon comptable et en sortant, je suis repassé devant la porte verte, juste pour voir. J’ai sonné et cette fois personne n’a répondu. Alors je suis entré ici pour vous attendre. Je voudrais votre avis sur la situation. On attend, on abandonne ou on cherche à retrouver Luigi et sa copie ?  Je ne suis pas très optimiste. Nous avons un numéro de voiture incomplet et un nom sur un permis de conduire qui peut être un faux. Et si ces gens étaient de la police, de l’UR ? Je ne veux rien tenter d'illégal.  

Axel regarde Drake qui l'a écouté patiemment. Il a l’air si jeune entre son chocolat et sa tarte au citron. Pourquoi se sent-il en confiance auprès de lui ? Il ferait mieux de tout laisser tomber.

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Ethan D. Zalion

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MessageSujet: Re: Codex Portas Caeli [Axel Avory] [Ethan D. Zalion]   Sam 30 Avr - 20:22

Ethan prit alors le temps d'observer son interlocuteur plus en détail. Son apparente impassibilité était déjà moins convaincante de près, et le sourire poli affiché à son arrivée par le libraire avait perdu en tranquillité depuis leur dernière rencontre. Il avait probablement était trop optimiste en s'attendant à une bonne nouvelle...Ce qu'Axel s'empressa de confirmer.

- Excusez-moi de vous avoir fait venir ici mais c’est en relation avec notre affaire ...vous comprendrez mieux quand je vous aurai raconté. J’espère ne pas trop prendre sur votre temps car c’est assez compliqué ( le plus jeune hocha poliment la tête en signe d'attention) . Pour résumer : j’ai rencontré hier le copiste du Portas Caeli, je devais le retrouver aujourd’hui . Mais..  mais il a disparu ! Je crois qu'il a .. euh.. été enlevé .

...Ok, il ne s'attendait pas exactement à quelque chose de cette envergure, surtout en à peine deux jours. Au moins l'efficacité de l'homme était appréciable, mais il avait définitivement sous-estimé leurs potentiels ennemis, que ceux là soient ou non en rapport direct avec l'UR. Le demi-extraterrestre s'efforça malgré tout de ne pas interrompre l'autre et de garder un air calme. Bien lui en prit car son informateur, délivré de sa bombe, s’apaisa de lui même pour narrer les détails de leur situation. Apparemment, il avait reçu un appel du copiste du bouquin (un serbe au nom imprononçable et dont le surnom évoquait irrésistiblement plombiers, tortues et princesses) peu après sa visite et lui avait donné rendez-vous lundi soir, où il étaient parvenu à un accord – le prix évoqué comme tout à fait correct fit vaguement pâlir Ethan mais ce n'était pas son argent après tout...Il profita de l'arrivée du serveur pour reprendre contenance en le remerciant et en s'emparant de sa tasse. Alors qu'il se brûlait la langue, Axel lui expliquait que leur homme habitait en réalité juste en face du café où il se trouvait (Ethan observa quelques instants l'immeuble désigné, que rien ne démarquait particulièrement des demeures environnantes), d'où son choix comme lieu non seulement d'un premier mais également d'un second rendez-vous, qui aurait du avoir lieu le matin même pour procéder à l'échange à proprement parler.

-Ce matin, avant le rendez-vous chez Luigi, je devais aller à la banque prendre l’argent pour le Codex (Ethan s'étrangla légèrement avec la tarte au citron qu'il venait d'entamer ; il y avait donc des gens qui se baladaient dans la rue avec une telle somme d'argent sur eux ? Qui plus est, pour un homme qui semblait plutôt respectueux des règles, le libraire ne semblait pas particulièrement gêné par l'idée d'acheter au noir un manuscrit dont la propriété était plus que floue…) et passer chez un collègue qui avait reçu un Guide de Maggia que je recherchais. Tout a été réglé plus rapidement que prévu et vers 10 heures, comme je n’avais pas déjeuné, je suis venu ici en attendant le rendez-vous chez Luigi.  Café, croissant... et puis je commence à feuilleter le Guide de Maggia. Mais je suis distrait en pensant au Codex et je me mets à regarder au dehors. C’est alors que je vois trois individus sortir de là, deux encadrant étroitement un troisième et ils s’arrêtent sur le trottoir. Je  vois très mal celui du milieu, caché par les deux autres qui le tiennent serré. Juste un bonnet gris sur une tête baissée. … comme celui de Luigi.  Mais déjà une mercédès arrive s’arrête devant le groupe. Je ne vois pas grand chose mais ils montent tous trois à l’arrière.

La scène défilait clairement sous les yeux du plus jeune alors qu'il fixait la rue. Pour peu que le copiste ne se soit pas trop débattu, peu de chance qu'un œil non averti ait remarqué l'agression…Il ne devaient pas y avoir beaucoup de badauds à cette heure-ci. Si par le plus grand des hasards un résidant trop curieux eu aperçu l'affaire, il aurait simplement conclu à un ivrogne si imbibé qu'il fallait le traîner jusqu'à chez lui. Alors qu'Ethan s'attendait presque à ce que son interlocuteur lui raconte qu'il en avait profité pour interpeller un taxi et tenter le poncif du « Suivez cette voiture ! », la suite du récit s'avéra moins rocambolesque...mais ouvrait quelques pistes. Le libraire avait presque réussi à relever la plaque d'immatriculation du véhicule dans son intégralité. Mieux, il était monté, sous prétexte d'une commande à délivrer, jusque à l'appartement du slave (Ethan apprécia silencieusement cette démonstration d'audace) où un parfait inconnu l'attendait au milieu d'un désordre monstre. L'ensemble était terriblement suspect dans l'esprit du membre de Black Crown mais le libraire racontait le tout avec calme, en dépit des trépignements d'impatience du plus jeune. L'échange qui avait suivi aurait été drôle si les circonstances n'étaient pas aussi potentiellement menaçante : Axel avait totalement embobiné l'homme et avait même réussi à obtenir son nom (« Raoul Lefort ») en lui faisant signer un reçu hors de prix pour un bouquin quelconque. La mauvaise nouvelle, c'est qu'il avait du aussi lui donner le sien mais bon...un libraire qui vend des livres, il y avait peu de chance qu'on lui reproche quoi que ce soit. Ethan ne pu s'empêcher de rire un peu à cette démonstration d'habilité.

- Après, j’avais un rendez-vous chez mon comptable et en sortant, je suis repassé devant la porte verte, juste pour voir. J’ai sonné et cette fois personne n’a répondu. Alors je suis entré ici pour vous attendre. Je voudrais votre avis sur la situation. On attend, on abandonne ou on cherche à retrouver Luigi et sa copie ?  Je ne suis pas très optimiste. Nous avons un numéro de voiture incomplet et un nom sur un permis de conduire qui peut être un faux.

Honnêtement, ce n'était déjà pas mal ; si Ethan n'était pas spécialiste, il savait que la cellule de recherche de Black Crown pouvait se débrouiller avec ça...Il se retint néanmoins de dire quoi que ce soit à son interlocuteur, qu'il sentait déjà un peu méfiant quant à son employeur.

- Et si ces gens étaient de la police, de l’UR ? Je ne veux rien tenter d'illégal.

Sirotant son reste de chocolat chaud, Ethan hésita un instant. Jusqu'à quel point pouvait il se confier à l'autre ? Il n'avait aucun doute que le QG voudrait poursuivre l'opération, d'autant plus que la probabilité que le manuscrit recèle des sombres (?) secrets susceptible de servir leur cause se trouvait renforcée par ce retournement de situation. Néanmoins, avec cette histoire d’enlèvement, la suite des événements risquait d'être plus musclée et moins intellectuelle, auquel cas le libraire serait plus une gêne qu'autre chose...Et, comme le signalait celui-ci, il y avait une chance que les opposants soient des acteurs « légaux » comme la police (Luigi lui même semblait assez louche) ou l'UR (pas exactement leur style, mais ça restait du domaine du possible). Tout ça commençait à dépasser un peu le demi-extraterrestre, qui se sentait prit d'une violente envie d'enfouir sa tête dans ses mains en soupirant. Par politesse, il se contenta d'un sourire contrit à son interlocuteur :

- J'aimerai pouvoir vous garantir que ce n'est pas le cas mais...je n'en suis pas bien sûr moi-même. L'homme a l'air louche et la réputation du livre aurait pu intéresser l'UR. L'option de simples malfrats reste envisageable au vu de la méthode employée mais peu souhaitable pour ce qui est de votre sécurité…Dans tout les cas, je ne suis pas sûr que vous ayez envie de poursuivre l'affaire.

Constatant que Axel avait également terminé sa consommation, Ethan fit signe au serveur d'amener la note, inévitablement bien salée. Il régla néanmoins pour l'ensemble (le libraire semblait en avoir vu de belles depuis dimanche, il pouvait se permettre de l'inviter) et se leva, invitant d'un geste son compagnon à faire de même.

- Si ça ne vous dérange pas, j'aimerai faire un crochet par l'appartement de notre homme…

Joignant le geste à la parole, il sortit du café et traversa la rue d'un pas leste, jusqu'à la petite allée où se trouvait la porte verte. La présence d'un digicode simplifiait grandement les choses : son pendentif de la machine n'eut besoin que d'une demi-seconde pour déverrouiller le battant avec un bourdonnement caractéristique.

- C'est juste un artefact, commenta t-il en croisant le regard d'Axel. Ce n'est pas très légal mais c'est pour la bonne cause...(comme un peu près tout ce que je fais, finit-il mentalement)

Arrivé devant l'appartement du serbe (russe ? Il n'était plus bien sûr), Ethan tenta d'appuyer sur la poignée : fermée. Apparemment, le copiste avait ouvert de lui même la porte à ses kidnappeurs. Le demi-extraterrestre hésita un instant à arracher le gond, mais l'action semblait un peu extrême même à son goût...et peu discrète. Il se contenta donc d'ôter son anneau de vision pour l'apposer à la porte, avec la vague impression d'un espion en pleine mission secrète – impression que le libraire devait partager au vu de son regard mi-circonspect mi-amusé. Personne dans l'appartement à première vue, mais des résidus de plusieurs énergies subsistaient…

- J'ai le sentiment que la piste de l'enlèvement se confirme, commenta sombrement le plus jeune. Descendons, je vais vous ramener jusqu'à la boutique. Il se fait tard (ils avaient quitté le Bon coin un peu avant 18h) et il va falloir que je fasse quelques recherches de mon côté. J'ai des contacts dans la police (techniquement, Black Crown les avaient, mais il n'allait pas volontairement compliquer les choses), je pourrai peut-être tirer quelques choses des indices que nous avons.

Le chemin du retour se fit en silence : Axel semblait plongé dans ses pensées, Ethan tergiverser sur si il devait ou non en dire plus. Arrivés au Mille feuille, il se surprit néanmoins à retenir le plus âgé.

- Axel ! Euh...Je repasserai dans les jours à venir, d'accord ? Je devrai en savoir plus d'ici là. Si les choses s'avèrent trop dangereuses pour vous, je m'arrangerai quand même pour que notre centre vous accorde une compensation pour votre peine...Et comme vous êtes potentiellement en danger, j'aimerai autant que vous gardiez ça (il retira l'un des deux anneaux de son annuaire pour le tendre à l'homme) sur vous d'ici-là. Pour faire court, ça me permet de savoir si vous allez bien et de vous localiser au besoin. C'est vraiment juste une mesure de précaution, ne vous inquiétez pas trop. »

Sur ces mots, il tourna les talons pour s'enfoncer dans les ténèbres. Il n'était pas mécontent d'enfin rencontrer un peu d'action mais ce qui l'attendait dans l'immédiat était un rapport interminable qui ne l'enthousiasmait guère...

***

Ce fut avec un café archisucré à la main qu'Ethan entama péniblement le jour suivant. Alors qu'il avait passé une bonne partie de la nuit à expliquer à Cornelia puis à d'autres membres du QG la progression des événements, le confort modéré des canapés du souterrain et l'activité quasi- permanente l'entourant n'avait permit au demi-extraterrestre que quelques heures d'un sommeil bien trop léger. Il serait volontiers rentré à l'hôtel, mais on lui avait promis des informations sous peu…Il s'apprêtait à sortir  s'acheter un petit déjeuner quand John le harponna avec sa délicatesse habituelle pour lui fourrer une liasse de papier dans les mains.

« C'est…quoi ?
- Ouvre les yeux,ça ira mieux après,
commenta sarcastiquement l'anglaisCe sont les recherches sur la plaque d'immatriculation, ainsi que sur Bozimir et Raoul. Il y a des choses plutôt intéressantes.
- Oh, cool...Tu me fais un résumé ?
- Je ne sais pas pourquoi je m'embête...Allons dehors, tu as besoin d'air et j'ai besoin d'une clope. »


Installé sur un banc glacé et un croissant à la main, Ethan se sentait déjà un peu plus réveillé et apte à écouter. L'étudiant tira quelques bouffés de fumée et attaqua son explication. Pour ce qui était de la plaque d'immatriculation, réduire le champ de recherche avait été plutôt simple. Les deux derniers éléments d'une plaque étant forcément des lettres et certaines d'entre elles étant tout simplement exclues du système pour éviter les confusions, il y avait au maximum 484 voitures pouvant aborder le début de séquence DL 156 - - . Or, seules 127 plaques commençant de la sorte avait effectivement était imprimées. Sur celles-ci, il n'y en avait que 13 qui correspondait à des mercedes, dont 5 avait été vendues en région parisienne. La liste des personnalités correspondantes était incluse dans les documents et trois suspects s'en détachait particulièrement : Maxime Locatelli, un riche propriétaire amateur d'antiquité, Eva Achard, une fidèle donatrice de l'UR et Olivier Decker, un entrepreneur à l'éthique douteuse.

« On sait si Locatelli s'intéressait particulièrement au Codex ?
- Pas vraiment...Il va falloir que tu demandes ça à ton ami l'antiquaire, il est probablement mieux renseigné que moi à ce sujet . Ensuite pour ce qui est de Bozimir et Raoul...pas grand-chose à signaler à part leurs noms à coucher dehors. Bozimir est un intellectuel plutôt obscur et peu reconnu, il a eu quelques ennuis de propriété intellectuelle mais ça date. Aucun mandat d'arrêt ou de perquisition le concernant aux dernières nouvelles, donc peu de chance que ses agresseurs soit de la police. Raoul est déjà plus suspect dans la mesure où il a écopé de plusieurs procès, mais il y a toujours réchappé sans trop d'effort. Fait intéressant, il a plusieurs fois été impliqué avec les mêmes personnes, qui s'en sont elles aussi plus souvent sorties que non. De là à penser qu'il appartient à une organisation qui le protège...
- Une chance qu'il connaisse Luig...Bozimir ?
- Très faible. Ils ne viennent pas exactement du même milieu, n'ont jamais partagé d'établissement scolaire ni habité le même quartier...Paris est vaste, après tout.
- Et la nature de ses crimes supposés ?
- Très hétéroclite, le détail est dans le dossier. Il s'est moins fait pincer récemment : soit il s'est rangé, soit il s'est amélioré... »


Le demi-extraterrestre posa encore quelques questions en feuilletant le dossier puis prit congé en remerciant l'autre. Songeur, il commença à déambuler dans le quartier. Il ne manquait pas d'indices, mais il n'était pas sûr de comment les connecter.  Avant qu'il ait eu le temps d'élaborer toutes les possibilités, son portable lui signala un nouveau message.

Cornelia > Milan et son équipe se sont rendus chez le copiste, rejoins les dès que tu peux.

Ethan grimaça. Il savait que Milan était en charge de tout ce qui était investigation et infiltration, mais il avait espéré pouvoir obtenir les résultats sans se confronter directement à l'homme. Le métro ne lui avait pas exactement manqué non plus...Heureusement, l'heure était plutôt creuse et la foule éparse ; il arriva sans trop d'encombre à la station Odéon. Le Bon Coin lui faisait de l’œil (l'envie d'un deuxième café pointait le bout de son nez) mais il se raisonna en se rappelant les frais de la veille. Le portail de l'immeuble, déjà ouvert, n'attendait que lui et il se hâta de rejoindre l'appartement du russe. Cette fois ci, la porte était déverrouillée, et plusieurs hommes s'affairaient dans le désordre de la pièce centrale, réussissant par miracle à ne rien piétiner. Le demi-extraterrestre se sentait vaguement nauséeux à la simple vue du débâcle et décida sagement de rester dans l'entrée ; d'ailleurs Milan l'avait remarqué et s'approchait de lui. Il avait l'air d'une humeur passable, probablement parce qu'il avait enfin autre chose à faire que de la paperasse pure.

« Tu as mis le temps, E.T. On a déjà passé au peigne fin tout l'appart.
- Quelle efficacité,
commenta sobrement Ethan sans relever le sobriquet.
Vous avez trouvé quelque chose ?
- Juste la confirmation de ce que tu nous as dit. Il y a des traces de lutte dans le salon et l'entrée ; les kidnappeurs se sont probablement invités quelques minutes chez notre ami avant de passer à l'acte. Vu l’état dans lequel ils ont laissé l'appartement, le copiste n'a pas du leur révéler la planque du bouquin. Je peux certifier qu'il n'est pas ici, on aurait mis la main dessus sinon. Soit ils ont fini par le dénicher, soit comme je le crois, ils n'ont rien trouvés et ont embarqué le bonhomme à la place.
- Probable...Quelque chose d'autre ? On sait pourquoi Raoul Lefort est resté ?
- Sûrement pour effacer leurs traces...ou du moins les traces susceptibles de révéler leur identité. On a vraiment rien trouvé à ce niveau-là. Il y a des résidus d'énergie et un magicien pourrait en savoir plus mais on est pas vraiment équipé à ce niveau-là donc…
- Compris. Je vous laisse finir ici, je vous gênerai plus qu'autre chose.
- C'est ça, déguerpis. »


Une fois dans l'ascenseur, Ethan dégaina son smartphone : 11h passé...Si il se dépêchait, il avait le temps de passer voir Axel et peut être même de l'inviter pour déjeuner. Il était cependant toujours un peu incertain à son sujet : il ne lui avait pas encore dit quoi que ce soit sur Black Crown et il avait peur que l'autre commence à soupçonner quelque chose devant l'ampleur des renseignements qu'il avait obtenu...Et si l'UR était véritablement impliqué, il voulait éviter de lui attirer des ennuis. D'un autre côté, il n'était pas sûr à 100 % que l'intellectuel désapprouve leur cause et il avait besoin de son avis sur l'enquête. Alors qu'il hésitait en faisant les cent pas devant le Bon coin, un flash rouge attira son regard. Il baissa les yeux : l'anneau des âmes-sœur venait de se teinter d'écarlate. Le libraire était en danger ! Sans plus s'appesantir, il tourna les talons et s'élança en direction du Mille-feuille ; il enfonça la porte plus qu'il ne l'ouvrit.

« Axel ! Tout va bien ?  »


[HRPG: En ce qui concerne l'anneau des âmes soeurs qu'Ethan confie à Axel, je détaille son rôle sur ma fiche perso mais en gros c'est un artefact qui permet de rester en contact avec quelqu'un et de savoir où il est, si il est en danger...J'ai un peu arbitrairement décidé qu'il arrivait un truc à Axel à la fin de mon RP pour justifier le retour d'Ethan mais ça peut aller de l'attaque ennemie à une simple brûlure en préparant le thé en passant par une chute de livres donc tu en fais vraiment ce que tu veux...xD]

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Axel Avory

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MessageSujet: Re: Codex Portas Caeli [Axel Avory] [Ethan D. Zalion]   Lun 30 Mai - 15:26

Le mardi  soir, après avoir quitté Drake Noilas, Axel rentra chez lui fort préoccupé. Il se sentait comme un canoé pris entre des courants contradictoires. Etait-il encore capable de maîtriser quoi que ce soit en ce qui concernait l’affaire du Codex, devenue l’affaire Bozimir ?
Les dernières paroles de Drake avaient achevé de le déstabiliser, tout en le confortant dans l’attrait qu’exerçait sur lui cet intrigant jeune homme. Il avait été sensible à ses paroles prévenantes et au souci manifeste de lui venir en aide.  Ça avait commencé avec cette formule inattendue :" je vais vous ramener chez vous... ". Et puis " Si les choses s’avèrent trop dangereuses pour vous..."
Venant d’un jeune bardé d’amulettes et amateur de sucreries, c’était à la fois sympathique et  presque vexant. Avait-il tellement l’air d’un intello démuni devant la brutalité de l’existence ? Il se rendait bien compte qu’il s’était vraisemblablement fourré dans un sale guêpier mais il pouvait certainement s’en sortir seul.
Sur le trottoir devant la vitrine du Mille feuilles, il resta un moment immobile, un peu dans le vague mais rassuré par ce décor familier. Madame Delmont venait de partir et le magasin était prêt pour la nuit. On y laissait toujours des veilleuses après avoir descendu le treillage léger en kevlaron qui permettait de voir les vitrines et l’intérieur du magasin. Ce système plaisait à  Axel, lui permettant d’échapper au lourdingue et rébarbatif rideau de fer. En plus, c’était une bonne publicité nocturne pour les spectateurs quittant l’Odéon, les gens du quartier revenant des cinémas et des cafés du Quartier latin. La lumière douce mettait des reflets sur les boiseries cirées et les livres semblaient dormir paisiblement dans un petit monde sans hostilités, courtois et bienveillant.

Après les émotions de la journée, Axel se sentit un peu rasséréné. Il logeait depuis deux ans dans le trois pièces situé en partie au dessus du magasin et qu’il avait racheté sitôt qu’il avait été mis en vente. Cela lui créait une sorte de petite citadelle personnelle au coeur de la ville. Il se sentit une fois de plus, rempli de reconnaissance pour sa mère qui lui avait permis d’acquérir ces lieux si conformes à ses goûts mais tout à fait hors de ses moyens. Il tenait bien entendu à la rembourser et c’était une des raisons qui l’avaient poussé à élargir son commerce de livres anciens et à ne pas rester toujours derrière son comptoir à étudier ses chers bouquins, ce qui lui aurait facilement convenu.
Il reprit sa marche vers le portail de l’immeuble, une quinzaine de mètres après le magasin. Le reste de l’immeuble était occupé par de petites agences commerciales dont les panneaux d’appel ornaient les deux côtés du porche. Il était le seul résident permanent et la plupart des bureaux devaient déjà  être fermés.
Avec l’assurance des belles choses anciennes, l’escalier à rampe de fer forgé reléguait l’ascenseur ultra moderne au rang de commodité un peu vulgaire. Axel montait son étage à pied, il était rare qu’il y croise quelqu’un. Ce qui augmentait encore son sentiment d’insularité était que l'appartement, le seul de l’étage, s'ouvrait au fond d’un petit couloir. Cette absence de voisins ne le gênait pas, au contraire.
Entré chez lui, il accrocha sa veste dans la penderie et il resta un instant le regard fixé sur le miroir de la porte, son inquiétude reprenant le dessus.
Ce Bozimir, il aurait dû le fuir dès le début : un marginal, qui plaquait tout pour filer aux USA, pas de téléphone, pas de compte bancaire, des airs de conspirateur, un accent de traître dans une série d’espionnage bas de gamme. Le marché de l’art comportait  des zones plus ou moins troubles mais tant que pour sa part, tout restait  dans la légalité, il s’accommodait de certaines fréquentations à la réputation douteuse. Il devait tout laisser tomber, ne plus se préoccuper de ce fichu manuscrit. C’était la seule solution raisonnable.
Et puis, ce n’était pas difficile ! Drake Noilas comprendrait, il semblait même le lui conseiller. Et pour Luigi, ne rien faire suffirait.  Il ne pouvait rien pour lui. La police lui rirait au nez s’il racontait ce qu’il avait vu. D’ailleurs, Luigi avait-il besoin d’aide ? Il était peut-être de mèche avec ses prétendus ravisseurs.. Tant pis pour le codex, tant pis pour Luigi-Bozomir et tant mieux s’il n’entendait plus jamais parler de Raoul machin et de la mercédès noire. Il reprendrait le cours de son existence bien organisée ; il y avait mille autres sujets aussi intéressants que ce manuscrit qui n’était même pas un original.

Il abandonna la vue de son reflet, mécontent de lui-même mais soulagé d’avoir décidé de la marche à suivre. Il fallait qu’il reprenne ses habitudes et d’abord descendre au magasin pour prendre son courrier personnel.
Un autre agrément de l’endroit était un accès direct à l’étage inférieur. C’était à peine plus qu’une échelle dépliable, dissimulée sous une trappe découverte dans un vaste placard qu’il se proposait d’aménager. Ce dispositif devait dater du temps où le magasin était une pâtisserie et où les propriétaires habitaient au dessus. Les héritiers avaient vendu en deux temps magasin et appartement. Il lui avait suffi d’enlever une plaque du faux plafond et d’aménager l’arrivée dans un cagibi au fond du magasin. Sa famille et Diane Delmont était seuls au courant et cela amusait Axel d’avoir ainsi un passage secret, par ailleurs bien pratique.
Mais il se sentait fatigué. Il verrait plus tard pour les comptes et le courrier.
Il passa par la cuisine pour se verser un martini, et commença à le boire, debout devant la table, à gorgées hâtives, comme s’il liquidait l’affaire Bozimir en même temps que son verre.
D’ailleurs il n’y avait pas que Luigi pour le préoccuper. L’amateur de tarte au citron était aussi mystérieux que le copiste disparu, bien que dans un style fort différent. Qui était Noilas, avec son arsenal magique, son assurance mêlée à une réserve prudente, tantôt sorte d’archange bouclé à la nonchalance nuancée d’ironie, tantôt presque inquiétant avec ses lèvres rouges, son teint pâle et un regard de félin observant les alentours ?  L’hypothèse d’une agence de renseignement se confirmait : Un type qui déroutait les digicodes, flairait les dangers, semblait à l’aise dans des circonstances aussi insolites, comme s’il était habitué  à gérer ce genre de situation entre une barre chocolatée et un gadget ésotérique. Toujours calme, pas de : " Incroyable !", de : " Quelle histoire !"....tout ce que se disait justement Axel quand il se remémorait la journée.
Le plus drôle était que finalement il était fortement tenté de faire confiance à cet inconnu. En tout cas, s’il s’en tenait à sa décision de tout à l’heure et renonçait à chercher le codex, il espérait bien rester en relation avec lui. Des types semblables ne courent pas les rues. Dire que l’avant-veille, Axel l’avait pris pour un commissionnaire, sympathique mais un peu gauche, qu’il s’efforçait de mettre à l’aise en lui offrant des petits gâteaux !
Il se versa encore un demi-verre et l’emporta vers son bureau. Assis devant l’ordinateur, il resta  cependant un temps sans rien faire, partagé entre l’inquiétude pour Luigi-Bozimir et l’intriguant Drake Noilas. Celui-ci était d’ailleurs bien plus attirant que le Serbo-croate qui n’avait que son bonnet d’astrakan et son accent  pour se faire remarquer. Noilas avait plus que des piercings et des bagues plein les doigts ...
Il pensa soudain à l’anneau que lui avait remis Drake, le sortit de sa poche et le posa sur le bureau. Il le regarda, plutôt sceptique mais indulgent. C’était gentil de vouloir savoir s’il avait des ennuis, même si les objets dits magiques, s’ils étaient maniés par des humains non préparés, ne fonctionnaient habituellement peu ou pas sur Univers. Les coordonnées spatio-temporelles y perturbaient les lois d’Everett, la mise en résonance des ondes psy échouait ou pis encore, produisait des effets aléatoires parfois très regrettables. D’ailleurs  les nombreuses contre-façons, les charlatans de tout poil ( "Devenez Magicien de Maggia en dix-huit leçons ") discréditaient beaucoup ce genre d’objet.  L’usage en était en général prohibé ou  très réglementé. Pourtant Drake avait utilisé les siens avec succès.  Le centre de recherche de madame Cornélia...  Etait-ce une émanation de l’URVST et  Drake avait-il reçu une formation spéciale pour participer à la lutte contre les fraudeurs de portail ?
Mieux encore, Drake venait peut-être de la planète aux magiciens ou d’un autre monde non répértorié ?  Dans ce cas, c’était peut-être un hybride plus ou moins hors la loi, l'agence était une fiction ou un groupe de marginaux clandestins. En tout cas, en ce qui le concernait, lui, hybride potentiel né d’un séducteur maggiasque inconnu, question fluide, aura, télépathie, voyance, envoûtement,passes magnétiques, rien !... niente, nada, nichego, que dalle !  Cartésien cent pour cent. Les gènes maternels avaient dû triompher des bosons et quarks magiques. L’anneau aurait du mal à fonctionner avec lui.
 Sans beaucoup d’énergie Axel se mit enfin au travail.  Vers onze heures, il alla dîner d’un sandwich suédois tout préparé ( malgré le mépris que Tante Edwige affichait pour les aliments vendus sous cellophane ), vida son demi-martini oublié sur le bureau, jugea qu’avec le saumon, ce n’était pas super et alla se coucher.

****

Le lendemain matin, tout commença fort normalement : le mercredi étant le jour de congé de Madame Delmont, Axel n’ouvrait pas le magasin le matin et s’occupait chez lui des commandes spéciales.
Il commença par mettre à jour son journal de recherche concernant le Codex Portas Caelis. Le dossier commençait à ressembler à un roman qu’il espérait ne pas être trop noir..Il pouvait encore recevoir un appel de Luigi s’excusant du rendez-vous manqué, mais c’était surtout de Drake qu’il attendait des nouvelles.

 Assez tard dans la matinée, après avoir débranché l’alarme du magasin restée active depuis la veille, il y descendit pour vérifier un copyright. Il allait remonter, déjà en train de pousser la porte d’accès à l’échelle, quand, dans le miroir mural qui reflétait une partie de la rue, il aperçut une mercédès arrêtée de l’autre côté, un peu plus haut. Trois hommes se tenaient sur le trottoir comme s’ils venaient d’en descendre et s’apprêtaient à traverser.Axel n’y aurait pas prêté attention en temps normal, mais aujourd’hui il s’immobilisa dans l'ombre, soudain inquiet. Il espéra un bref instant qu’il se créait des frayeurs inutiles et que les individus se rendaient tout bonnement dans un des bureaux d’affaires du quartier. Il n’y avait pas qu’une mercédès noire à Paris.
Mais non : ils s’arrêtèrent devant le panneau de fermeture du magasin et échangèrent quelques mots. Un seul demeura  à observer la vitrine et les autres disparurent vers la droite et l’entrée de l’immeuble. Comment savoir s’ils s’y arrêtaient ..? Il y avait bien le verrou pour empêcher d’entrer mais depuis la veille, Axel n’avait plus aucune confiance dans les systèmes électroniques.
Il ne pouvait pas rester là sans rien faire. S’avancer dans le magasin vers l’individu qui faisait semblant de s’intéresser à sa vitrine ? Mais il tenait un portable à l’oreille et inspectait tout, sauf les manuscrits sur les étagères. Quelques voitures passaient, un piéton s’éloignait. Axel ignorait si on pouvait tirer à travers son joli treillage en kevlaron dont le nom lui paraissait soudain assez suspect et les mailles bien trop larges.
Alerter la police ? c’était le plus simple. Tant pis s’il les dérangeait pour rien et passait pour un parano, et tant pis si cela créait des ennuis à Luigi. Il appellerait aussi Drake. Mais son portable était resté en haut .
Il venait d'arriver dans son bureau quand on sonna à la porte de l’appartement,  puis après quelques secondes, une deuxième fois. De nouveau, il ne sut quoi faire. Et si c’était seulement la police qui enquêtait sur Luigi ? Non, Raoul l’aurait questionné dès hier, en lui montrant sa carte,  le commissariat l’aurait appelé.....Et si c’était bêtement des visiteurs qui se trompaient d’étage ? Et si....  il pouvait au moins aller voir qui sonnait à sa porte.
Marchant à pas de loup - quel dommage qu’il ait préféré le parquet à la moquette !- il arriva devant l’oeilleton quand il entendit un bruit vrillant derrière la porte. Il ne fallait pas être très malin pour comprendre qu’on sciait les gonds ou découpait les serrures. Ce n'était ni la police ni un visiteur égaré.
Du Codex, il n’avait que les quatre pages photocopiées mais Luigi leur avait peut-être menti pour gagner du temps. Il revint vers son bureau où devait se trouver son téléphone. Il aperçut alors l’anneau de Drake oublié là depuis la veille, et à tout hasard le mit dans sa poche.
Mais où était donc ce fichu portable ? Il allait se diriger vers sa chambre quand les bruits de scie-laser tournèrent à l’aigu, il y eut un bruit d’arrachement. Il ne voulait surtout pas se trouver soudain nez à nez avec ces malfrats. Il se rejeta dans le placard et descendit l’échelle dont il actionna aussitôt la fermeture. Là-haut la trappe redevenait un simple dallage de plastique dans un placard à extincteur. Il s’arrêta dans le cagibi éclairé d’une ampoule automatique.
Venant du plafond quelques bruits sourds montraient qu’on visitait l’appartement. Il fallait se décider. Il pouvait appeler la police depuis le téléphone fixe du bas, sur le comptoir. Devait-il tenter le coup ou rester coi dans sa cachette en attendant que les types s’en aillent ? Et si le guetteur, le voyant surgir du mur, prévenait ses complices qu’il y avait un accès par le haut ? Tous ces types devaient être armés. Il était furieux en pensant qu’on saccageait ses tiroirs et maltraitaient ses livres mais il détestait les armes à feu et pour tout dire, il en avait peur. Il pensa soudain à l’anneau. Il pouvait toujours essayer, il le tira de sa poche pour le glisser à son index.

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Ethan D. Zalion

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MessageSujet: Re: Codex Portas Caeli [Axel Avory] [Ethan D. Zalion]   Ven 19 Aoû - 16:54

Ethan ne savait pas bien à quoi il s'était attendu, mais pas à une boutique complètement déserte. Se sentant un peu stupide pour avoir hurlé de toute la force de ces poumons, il baissa les yeux vers sa main pour revérifier la couleur de l'anneau, seulement pour se rendre compte qu'il tenait fermement un morceau de...grillage, vraisemblablement arraché à l'instant.

« Oups...C'était censé être une protection ça ? Marmonna Ethan pour lui-même. La question n'attendait pas de réponse, aussi le jeune homme tressaillit quand  le cliquetis aisément reconnaissable d'un revolver lui fit écho juste derrière sa nuque.
- Je ne sais pas ce que tu es censé être, l'informa une voix rauque et manifestement tendue, mais tu n'a pas intérêt à faire le moindre geste.
Ethan prit quelques secondes pour analyser la situation. Son assaillant semblait être un homme d'âge moyen, habitué à utiliser son arme mais pas aux espèces des autres mondes. Malgré tout, il semblait difficile de le prendre de vitesse dans ces conditions...Mieux valait obtempérer pour l'instant. L'autre reprit, visiblement rassuré par sa docilité :  
- Ne parle que pour répondre à mes questions. Quel relation as tu avec le propriétaire de cette boutique ? Sais tu où il se trouve ?
Ouf...au moins n'a t-il pas encore mis la main sur Axel, ça rend les choses un peu plus faciles. Songea Ethan, s'efforçant de garder la tête froide. Un otage aurait compliqué la situation au delà du gérable :  être le seul dont la vie était en danger était presque rassurant.  
- Axel est...un de mes amis. Articula précautionneusement Ethan, s'efforçant de ne pas trop s'éloigner de la réalité – mentir n'était pas son point fort. Je ne sais pas où il est, je pensais qu'il serait ici. A t-il des ennuis avec la police ?
- Silence ! C'est moi qui pose les... »


Une voix de femme grésillante (Ethan reconnu la tonalité typique d'un talkie-walkie) interrompit son agresseur dans ses vociférations :  « Carl, rien de ton côté ? Il n'a pas l'air d'être à l'étage... » Ledit Carl resta immobile quelques secondes, avant de se détendre légèrement, probablement sur le point de répondre. Sans chercher à interpréter davantage la situation, le demi-extraterrestre profita de cette seconde d'inattention pour faire volte-face et enfoncer avec force son poing dans le plexus de l'homme. Le regard de l'inconnu – un être râblé à l'air peu amical - se voila sur le coup, toute particule d'air de toute évidence évincée de son poitrail. Le revolver glissa au sol, sa chute assourdie par le tapis d'entrée, et ce fut presque avec douceur qu'Ethan guida son propriétaire vers le même sort. Il n'oublia pas de caresser de la pointe de sa bague du chevalier la carotide de sa victime, la condamnant à quelques heures de paralysie totale.

Il aurait aimé prendre le temps de s'assurer que le poison faisait bien effet, mais la voix du talkie-walkie se manifesta à nouveau de manière plus pressante, comme pour lui rappeler qu'il n'avait pas vraiment le temps de s'appesantir. Essayant de modérer ses instincts prédateurs qui lui criait de tout arrêter pour dévorer la chair palpitant sous ses doigts, il tâcha de se reconcentrer sur le flux de son anneau. Le filament de magie continuait de s'étirer sur quelques mètres, avant de s'étioler dans le fond de la boutique. S'étant rapproché, le jeune homme haussa un sourcil sceptique ; l'arrière boutique ou le bureau auraient été des lieux plus logiques que le placard à balais devant lequel il se retrouvait...Se sentant vaguement ridicule, il toqua néanmoins à la porte :

«  Axel ? »

Pas de réponse. Il entrebâilla avec méfiance le placard, son regard mettant quelques secondes à s'habituer à l'obscurité et à dénicher la forme humaine collée au mur. Il en sursauta presque avant de soupirer de soulagement en identifiant le libraire, qui n'avait certes pas l'air d'être au meilleur de sa forme mais était encore en un seul morceau. Il recula d'un pas pour le laisser sortir, essayant au passage de s'assurer de son état d'esprit – la situation actuelle devait être assez paniquante pour un civil sans défense.

« Axel, c'est moi...Drake , tenta t-il d'une voix au calme un peu forcé. Tout va bien, il n'y a plus personne devant la boutique. On va devoir sortir d'ici assez vite parce qu'il y a probablement d'autres individus dangereux à l'étage, mais je peux les gérer si besoin est. »

Si Ethan craignait une crise de panique, il fut surpris de ne lire sur les traits du plus vieux aucun affolement, pas plus que de réticence à suivre ses instructions. Tout juste une légère tension dans la mâchoire, signalant que l'homme était conscient du danger de la situation. Le demi-extraterrestre esquissa un petit sourire assez inapproprié, appréciant la force mentale de son compagnon d'infortune, avant de tourner les talons pour retourner à la sortie.

Ils n'avaient fait qu'un pas dans la boutique quand un autre homme -vaguement familier, nota Ethan – franchit la porte d'entrée, une arme de poing à la main. Il se figea une demi-seconde devant le corps immobile étalé sur le paillasson, instant suffisant au membre de Black Crown pour réagir et foncer sur le malfrat. Quand celui-ci les remarqua, ce fut pour recevoir un coup de poing magistral sur l'arête nasale. Le craquement sinistre fit grincer des dents Ethan mais il saisit malgré tout sans hésiter le bras d'Axel : « On court !! ». Alors que les deux s'enfuyaient à toutes jambes, le jeune homme avait une conscience floue du bruit les environnant : un coup de feu, des cris (il lui sembla reconnaître la voix du talkie-walkie), des crissements de pneus...Son esprit était léger sous l'effet de l'adrénaline qui s'en était emparée, et ce fut uniquement par réflexe qu'il s'engouffra dans la bouche de métro qui venait de surgir du sol. Raffermissant sa prise sur la manche d'Axel, il se fraya un passage dans la foule. Le ralentissement forcé lui fit prendre conscience de l'accélération brutale qu'avait subi son rythme cardiaque et de la lourdeur de ses jambes ; ce fut avec soulagement qu'il s'affala sur un des sièges du métro surgi du tunnel quelques interminables secondes plus tard. Le libraire à ses côtés suivit le mouvement. Si le vieil homme installé en face d'eux leur décocha un regard sombre, ils passèrent globalement inaperçus. Ethan remercia mentalement l'indifférence parisienne et prit le temps de reprendre son souffle avant de se tourner vers son compagnon.

« On descend dans 5 stations, c'est un quartier assez commerçant...On se fondra dans la foule. »


Sans attendre d'approbation, il se détourna pour s'appuyer contre la fenêtre. Scrutant d'un air absent la noirceur du tunnel, il prit le temps de réfléchir au delà du « mode survie » dans lequel son corps s'était jeté mécaniquement. Des hommes armés s'étaient attaqués à la librairie d'Axel : l'affaire était définitivement sérieuse, dépassait peut-être même ses capacités de simple soldat. Il allait devoir contacter la cellule parisienne pour les informer, et ce le plus vite possible. Ce ne serait pas étonnant si Cornélia lui demandait de laisser tomber – le livre ne semblait pas si indispensable à Black Crown que ça. Quoiqu'il en soit, le libraire était désormais en danger, et il allait devoir gérer ça. Pour commencer, il ne pouvait évidemment pas retourner chez lui ce soir...L'emmener au QG semblait la meilleure réponse en termes de sécurité, mais dans les faits assez délicat. Non seulement avait il soigneusement évité le sujet de son employeur avec Axel jusque là, mais en plus y avait t-il peu de chance qu'il obtienne les autorisations nécessaires à l'introduction d'un élément extérieur...Perdu dans ses pensées, il se rendit à peine compte du coup métallique qui envahissait sa bouche alors qu'il léchait ses doigts, le sang de l'homme à qui il avait brisé le nez constellant son poing droit. Il sentit le désir incontrôlable d'en avoir PLUS s'éveiller à nouveau dans son estomac et se força à s'arrêter, piochant dans son costume le paquet de bonbons elfiques acheté quelques jours plus tôt. L'injection de sucré était bien moins satisfaisante que d'habitude mais le calma malgré tout un peu. Le nom de la station attendue apparu soudainement sous ses yeux et il se leva avec empressement, entraînant une fois de plus Axel derrière lui ( ce serait un miracle si sa manche n'était pas en lambeaux à la fin de la journée).
Quelques rues plus loin (le demi-extraterrestre préférait s'éloigner du métro), un parc pour enfants miraculeusement désert retint leur attention. Ils s'assirent sur le banc le plus reculé. Ethan prit quelques secondes pour apprécier le calme ambiant avant de se rappeler à ses obligations. Il farfouilla dans sa sacoche à la recherche de son smartphone, seulement pour retomber sur le dossier que John lui avait donné le matin même. Hésitant un instant, il finit cependant par le tendre à Axel :

« Je vais devoir passer quelques appels...Je sais que le moment n'est pas idéal, mais voici le résultat des recherches sur la plaque d'immatriculation des kidnappeurs de Bozimir et sur Raoul Lefort. Si vous voulez y jeter un œil. »

Sans s'appesantir dans des explications confuses, il s'empara de son portable et s'éloigna de quelques pas. Il n'avait pas envie de se confronter à Cornélia tout de suite, autant commencer par John. Il saisit le numéro de l'étudiant ; celui-ci devait s'ennuyer ferme au bureau car il décrocha à la première sonnerie.
«  Ethan ? Du nouveau ?
- Plus que ça…

Il raconta brièvement l'altercation, insistant sur les techniques et armement des agresseurs.
- On dirait que c'est sérieux. Commenta simplement le plus jeune. Donc deux hommes et une femme, c'est ça ?
- Au minimum. Peut-être aussi un chauffeur, j'ai cru entendre une voiture nous poursuivre.
- Hm...
fit John, l'air songeur. Et tu n'en as reconnu aucun ?
- Je n'ai pas pensé à comparer avec le dossier – le demi-extraterrestre jeta un rapide coup d’œil au libraire sur le banc – mais l'un d'entre eux m'était familier...Peut-être était ce Raoul, je demanderai à Axel. Ah, et le premier homme se faisait appeler Carl, mais ça pourrait ne pas être son vrai nom.
- Entendu, je vais me pencher là dessus. Toi, tu ferais mieux d'appeler Cornélia ! »


Le plus jeune raccrocha sur ses paroles, abandonnant Ethan à son sort. Se résignant à se livrer à son récit une seconde fois, il composa le numéro de la veilleuse.

«  Ethan. J'attendais ton appel. Ne t'embêtes pas, j'ai déjà eu accès à ta conversation avec John. Où es tu actuellement ?
- Vous êtes terrifiante,
marmonna le jeune homme. Et je sais que vous pouvez localiser mon téléphone. Que faisons nous pour la suite des opérations ?
- J'attends d'obtenir plus d'informations du pôle renseignement ; pour l'instant, reste en vie avec ton ami libraire, ce sera suffisant.
- ...Vous voulez dire qu'on va continuer à chercher votre bouquin malgré l'attaque du Mille-feuille ?
- Pas « malgré », « parce que ».
corrigea la femme sans se démonter. J'avais des doutes quand au contenu précédemment, mais une agression armée au cœur de Paris prouve plutôt qu'il est digne de notre intérêt.

Ethan grogna ; la chercheuse n'avait probablement pas tort et il n'avait rien contre un peu de danger, mais il peinait toujours à voir le lien entre une liasse de papier antique et Black Crown et soupçonnait un peu Cornélia de se servir des moyens de l'organisation pour satisfaire sa propre curiosité. Surtout, Axel était déjà bien assez en danger comme ça...Son interlocutrice sembla sentir son désaccord car elle émit un soupir sonore :

- Je comprends que tu n'aimes pas impliquer d'éléments extérieurs, mais c'était assez nécessaire dans ces circonstances. Et ce qui est fait est fait, ce n'est pas comme si tu pouvais l'abandonner à son sort maintenant.
- Bien sûr que non, mais...
protesta le demi-extraterrestre avec indignation.
- Pas de mais qui tienne ! La meilleure solution, pour nous comme pour lui, est de clore cette affaire en mettant la main sur le Codex et en neutralisant nos adversaires potentiels.
- Et vous croyez que je peux vraiment lui dire ça ?
S'emporta t-il. ''Reste tranquille, suis mes ordres  à la lettre et si tout se passe bien, tu pourras peut-être retrouver ta boutique et ta tranquillité '' ??
- Si ça te dérange tant, tu n'as qu'à tout lui dire. Rétorqua sèchement Cornélia, visiblement exaspérée par ses objections. Au pire, il s'enfuit en courant et tant pis pour lui. Maintenant, si ça ne te dérange pas, j'ai du travail. »

Et, sans plus de subtilité, elle lui raccrocha au nez. Ethan fixa deux secondes l'engin sans comprendre, avant d'être envahi par une vague d'irritation. Plus il discutait avec Cornélia, plus celle ci l'agaçait...Un message de John lui signalant qu'il leur avait réservé une chambre d'hôtel à proximité l'apaisa un peu : au moins quelqu'un se souciait un peu d'eux dans cette galère. Il retourna s'affaler sur le banc au côté d'Axel, se sentant assez las. Le libraire ne fit aucun commentaire, mais le plus jeune savait que son attitude actuelle n'était pas des plus rassurantes. Cherchant à modifier le tir, il tenta un sourire contrit, mais le cœur n'y était pas. Malgré tout, il allait falloir bouger : ils ne pouvaient pas rester éternellement sur un banc. D'ailleurs, il était presque 13h, et les combats de la matinée avait laissé un tiraillement inconfortable dans son estomac.

« Si nous allions chercher à manger ? Suggéra le demi-extraterrestre, d'un ton bien trop léger pour la situation. J'étais plutôt parti pour vous inviter au restaurant, mais vu les circonstances, je pense que des sandwichs seront plus appropriés. »

C'est ainsi que les deux hommes atterrirent dans le hall d'un hôtel sans prétention, un sac en papier dans les bras. La standardiste fut un peu réticente à leur donner les clés si tôt, mais fini par céder face au sourire charmeur d'Ethan (même si, très clairement, elle se faisait des idées sur leur compte). La chambre était simple mais bien équipée, avec deux lits séparés. Le membre de Black Crown choisit de s'asseoir sur le plus proche de la fenêtre pour faire face à la porte d'entrée (fermée à double tour mais on était jamais trop prudent), laissant l'autre au libraire.  Sans grande conviction, il se mit à mâchonner son pain bagnat, mais les pensées qui tournoyaient dans sa tête l'empêchaient de sentir le goût de son repas. Au bout d'un moment, n'y tenant plus, il reposa le sandwich et prit une grande inspiration.

« Axel.

Sa voix était si grave qu'il en fut lui-même surpris ; un peu gêné, il se racla la gorge.

- Hm...Je crois qu'il faut qu'on parle. Je vous dois quelques explications pour ce qui s'est passé et pour ce qui va se passer.

Il se força à regarder l'homme dans les yeux pour communiquer sa sincérité.

- Vous vous en doutez peut-être mais je ne suis pas complètement humain : je suis un hybride, mi-humain mi-extraterrestre. Pardon, je sais que ça a l'air assez hors sujet comme ça...mais laissez moi le temps d'expliquer. Mes parents sont ce qu'on appelle des Hors la loi interdimensionnel – ça a l'air assez grave dit comme ça, mais voyager d'univers en univers sans passer par le Link suffit souvent à être catégorisé comme tel par l'U.R. Je sais que vous n'avez jamais voyagé entre les mondes, alors je vais essayer d'être assez exhaustif dans mes explications...L'Unité de Régulation des Voyages Spatiaux Temporels n'est pas et n'a jamais été une simple « compagnie de transport » entre les mondes. C'est un organisme énorme, majoritairement géré par Technologia. Ils ont des tentacules partout et gèrent toutes les connexions interdimensionnelles, soi-disant pour éviter les guerres et les tentatives de dominations. En réalité, c'est surtout eux qui règnent illégitimement sur l'ensemble des mondes, en établissant très tôt leur contrôle sur les failles. Si on suit leurs règles, tout va bien, mais si on a leur malheur de leur déplaire…

Le visage d'Ethan s'assombrit alors qu'il songeait au sort d'anciens compagnons de résistance.

- En l’occurrence, avec des parents HID et un patrimoine génétique hybride, je n'avais aucune chance. D'aussi loin que je m'en souvienne, ma famille a toujours été poursuivie et en danger. Impossible de discuter avec eux...On était terriblement impuissants, c'était très frustrant. Jusqu'à ce que je décide de rejoindre Black Crown.

Les yeux du jeune homme s'illuminèrent légèrement alors qu'il prononçait avec dévotion le nom de l'organisation.

- Black Crown est un groupement de résistance contre la tyrannie de l'UR . Ils ne sont pas très connus du grand public, mais sont eux aussi très puissants. Ils protègent les HID et les hybrides et ont un réseau immense. Bien sûr, leur but ultime est de délivrer les mondes de l'Unité de Régulation !

Sachant qu'il pouvait être assez prolifique quand il commençait à parler de son organisation, Ethan se força à s'arrêter pour se recentrer sur les problèmes présents.

- Bien sûr, pour combattre à armes égale avec l'URVST, Black Crown a besoin de circuler entre les mondes sans emprunter le Link. Et donc, de failles naturelles...Malheureusement instables et difficile à repérer. Honnêtement, le détail m'échappe un peu mais selon Cornélia – ma supérieure en quelque sorte - le Codex pourrait nous aider à trouver des failles très anciennes, raison pour laquelle nous le cherchons. Vous connaissez la suite…

Un peu plus calme maintenant qu'il avait avoué le plus gros, le jeune homme prit le temps d'avaler en quelques bouchés le reste de son pain bagnat avant de poursuivre.

- Je vous dis tout ça maintenant, parce je veux que vous soyez au courant de l’entièreté de l'affaire avant de prendre votre décision – si vous voulez continuer ou non. Je ne serai pas le seul à vous protéger, nous avons toutes les ressources de Black Crown à notre disposition pour parvenir à nos fins sans risquer nos vies. Vous avez lu le dossier : nos ennemis ne sont pas de l'UR, mais de simples malfrats – vous n'aurez pas d'ennui avec la justice intergalactique pour avoir travaillé avec nous. Mais...si vous le préférez, vous pouvez encore tout lâcher. Je peux vous mettre en contact avec la police locale pour que votre sécurité soit assurée. Honnêtement, je ne sais pas trop comment je ferai sans vous pour repérer le Codex ou le décoder mais...je ne veux pas vous forcer, et ce n'est jamais qu'une liasse de papier à moitié décomposée. »

Il sourit avec un semblant d'amusement, conscient qu'il devait avoir indigné l'homme de lettre avec ces derniers mots. Soudain, il se rendit compte de la longueur de son discours et de l'émotivité qu'il avait laissé transparaître et s'empourpra délicatement. Avec le recul, c'était assez gênant...Il se racla la gorge à nouveau et se leva en annonçant qu'il allait prendre une douche. Sur le seuil de la salle de bain, il s'immobilisa et jeta un œil à son compagnon.

«  Ah et...vous pouvez m'appeler Ethan. Drake est seulement un alias. Et tant qu'on y est, vous pouvez me tutoyer. »


Sur ces bonnes paroles, il s'enferma de son côté, laissant Axel à ses pensées.

[ HRPG : ENFIN, je l'ai fini xD Bon, comme d'habitude bien plus tard que ce que j'avais prévu ^^" J'ai pas mal avancé sans te laisser la main mais dis moi si quoi que ce soit te déplait ou te semble peu crédible venant d'Axel, j'éditerai! ]

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MessageSujet: Re: Codex Portas Caeli [Axel Avory] [Ethan D. Zalion]   Sam 8 Oct - 19:02

A l’hôtel

La banalité de la chambre avait quelque chose de rassurant après tant d’émotions et de stress. Drake s’était assis sur l’un des lits et mangeait son sandwich sans mot dire. Axel l’imita, songeant que ce garçon toujours en quête de nourriture ferait le bonheur de Tante Edwige qui n’aimait rien tant que satisfaire les appétits. Cela lui rappela qu’il devait absolument prévenir sa famille.
Et dire que ce matin, il pensait avoir réglé la situation en décidant d’évacuer le nommé Luigi de son horizon et de renoncer à savoir ce que contenait exactement le Codex.. Mais la Mercédès, en déposant des énergumènes sur son paisible trottoir, avait sonné la fin de cette illusion. Les ennuis, et quels ennuis !... l’avaient harponné pour de bon.
Cependant la tranquillité anonyme de la chambre d’hôtel avait un effet calmant et aussi le fait de manger, simplement parce que c’était l’heure où il est normal de le faire et que Drake lui donnait l’exemple. Il fallait maintenant réfléchir en tenant compte du rapport lu dans le square.
D’abord, faire le point sur lui-même  En dehors du choc devant la violence physique et la consternation de voir son environnement vandalisé, ce n’était pas aussi terrible qu’il l’avait ressenti en cours d’action. Il était bien assuré, madame Delmont s’occuperait des démarches, tout reviendrait à la normale. C’était fort contrariant mais le genre de choses qui se surmontent avec le temps. Il n’avait pas lu les Stoïciens en vain.  Bien que facilement stressé ou choqué, il se savait résilient, décidé à s’adapter à la nécessité et à ne pas se laisser aller.
Socialement, il n’avait rien à se reprocher et pouvait à tout instant se mettre sous la protection de la police. Certes il n’était pas sûr que Luigi-Bozimir et Drake Noilas puissent en dire autant et on l’interrogerait certainement sur la façon dont il les avait connus. Mais il ne voyait aucune raison pour que cela lui crée des ennuis. Pour Drake non plus, lequel en légitime défense et non armé, l’avait sauvé d’un danger immédiat. On ne pourrait que le féliciter. Sans doute, ils auraient dû tous deux se présenter au commissariat le plus proche au lieu de se réfugier dans cet hôtel. Mais on comprendrait certainement qu’ils aient agi sous le coup de l’urgence et de la panique.

Retour en arrière

Panique ? ...Hmmm...Valable pour lui.. Drake paraissait tout, sauf paniqué. Quant à lui, il se sentait encore contracté de partout, le coeur serré, pris à la gorge. Il avait du mal à ne pas revivre en boucle ces moments calamiteux quand, coincé dans son cagibi, il avait perçu des bruits étouffés venant du magasin. L’angoisse !....Le type du dehors avait-il réussi à entrer ? L’ampoule éteinte par réflexe et  ayant reculé dans le fond du réduit, il n’avait pas reconnu la voix de Drake appelant son prénom. Quand la porte s’était ouverte, il n’avait pas non plus identifié la silhouette qui s’encadrait à contre-jour devant lui. Il avait fallu que Drake s’explique pour qu’il se sente sorti de danger.
Ce soulagement pouvait à la réflexion être jugé bien naïf. Il n’avait même pas pensé que depuis le début, Drake était peut-être dans le coup, jouant double jeu, appelé en renfort par les sales types. Il n’y avait pas songé une seconde, tout certain qu’il était de la sympathie que dégageait ce jeune homme surprenant, attirant, quasiment poétique. L’histoire de l’anneau télépathe lui avait d’ailleurs alors traversé l‘esprit et Drake était apparu comme un sauveur providentiel. Il l’avait donc suivi sans réfléchir, du moment qu’il s’agissait de sortir de la boutique.
La suite l’avait alors complètement abasourdi- la vision d’un inconnu allongé inerte sur le parquet, l’arrivée de l’homme au revolver, le bruit écoeurant d’un poing s’écrasant sur un visage anonyme. Axel médusé avait suivi Drake qui le tirait par le bras, lui ordonnant de courir et semblant savoir où il allait. Sur l’instant, cela avait suffi au libraire qui n’avait un peu repris ses esprits et son souffle qu’assis dans le métro. Après avoir indiqué la durée du trajet, Drake s’était tu comme si tout était redevenu normal avec le grondement chuintant de la rame, les odeurs d’humanité confinée, de métal chauffé et de produits chimiques.
Avec la même docilité éberluée, Axel était sorti du métro, suivant son guide dans un square où ils s’étaient assis dans un coin désert. Drake voulait téléphoner et avant de s’éloigner de quelques pas, le portable à l’oreille, il lui avait remis un dossier à lire. Le contact du léger carton le tira un peu de sa sidération. Lire... ça, il savait, il allait peut-être enfin comprendre quelque chose à cette histoire de fou.
Le document semblait être un très succinct rapport d’enquête. Il ne s’était donc pas trompé sur la nature des "Recherches" qu’effectuait la société employant Drake. De l'avoir deviné le consola un peu car il commençait à penser qu’il avait agi comme un crétin. Le gentil amateur de sucreries et d’amulettes que n’arrêtaient ni serrures codées ni rideau en kevlaron réputé inviolable, capable d’expédier deux hommes au tapis pendant que lui, Axel, avait seulement réussi à se faire tirer hors de sa boutique, c'était ni plus ni moins qu'un véritable détective entraîné à ce genre de problème. Ces idées firent place à la stupéfaction quand il commença sa lecture : la Mercédès appartenait à Maxime Locatelli. Or, Locatelli était une personnalité très connue dans le monde des arts, un collectionneur résidant habituellement en Italie. De son père, il tenait un titre de prince vénitien, assorti d’un palais historique à la Giudecca, dont une partie transformée en centre d’exposition huppé- et de sa mère française, lui venait une fortune tout aussi historique mais plus prosaïquement liée à  l’industrie automobile. Difficile d’imaginer un tel homme mêlé à cette traque sordide et violente. D’ailleurs il était connu surtout pour sa collection de peintres modernes et de mobiliers d’époque. Cependant, et cela pouvait créer un lien avec le manuscrit, Paul Joussin le connaissait  personnellement. Axel se souvenait de les avoir vus discuter ensemble lors du dernier Salon des Antiquaires. Il avait immédiatement reconnu le prince, dont les revues d’art aimaient publier les photos, gage de distinction et de raffinement.
Quant à Bozimir, il était certes loin de ce faste social mais ce n’était pas un malfaiteur déclaré. On pouvait juste noter quelques difficultés administrative dues à  ses papiers d’identité renouvelés périodiquement à l’étranger dans des conditions un peu floues.  En tout cas, un casier judiciaire à peine écorné de quelques rappels à l’ordre par des juges indulgents pour un artiste un peu bohème mais cautionné par des employeurs honorablement connus. Paul Joussin n’aurait pas confié la copie du Codex à un escroc.
Tout au contraire Raoul Lefort avait eu dans le passé des ennuis sérieux avec les tribunaux.  Ces renseignements collaient bien avec le type revêche et louche qui avait attendu  Axel dans l’appartement de Bozimir.
Tout cela n’apportait pour l’instant guère de réponses. Imaginer Maxime Locatelli  employant des repris de justice pour récupérer un manuscrit était inconcevable comme d’utiliser une de ses voitures personnelles pour faire procéder à un enlèvement. Il allait le signaler à Drake mais celui-ci téléphonait encore et quand revint, il paraissait si contrarié qu’Axel s’attendit à de nouvelles annonces de catastrophes.  On avait peut-être retrouvé le cadavre de Bozimir dans un fossé et on allait les soupçonner. Et si Drake avait en fait assommé deux policiers qui venaient arrêter le libraire criminel ?
Axel avait senti s’évanouir le peu de calme qui lui était revenu. Et l’esprit confus après tant d’émotions, il avait de nouveau suivi Drake sans rien dire, complètement démoralisé, persuadé que Drake le menait à l’hôtel pour lui faire part des nouvelles épouvantables communiquées par Madame Cornélia..

Retour au présent

Mais maintenant, il s’était raisonné et il voulait réagir. Il allait dire sans tarder :
1) - que la visite au commissariat était indispensable,
2) - qu’il allait mettre à exécution ce projet immédiatement, seul s’il le fallait,
3)- Drake pouvait-il lui prêter son téléphone pour prévenir sa famille de ne pas s’inquiéter ?
Il n’eut pas le temps d’ouvrir la bouche que, avec une certaine gravité, Drake annonçait qu’il allait fournir des explications, ce qui ne rassura pas Axel. C’est le genre de formule qui annonce en général que tout va mal, qu’on n’y peut rien et que ça risque de devenir pire encore.
En effet, Drake lui apprit qu’il était un HID,  un opposant à l’UR, membre de Black Crown, ce mouvement dissident clandestin présenté comme dangereux par le gouvernement. Ce qu’Axel avait entendu dire de l’idéologie Black Crown lui avait paru plutôt sympathique mais il se méfiait des mécontents qui rendent la situation encore plus mauvaise en voulant l’améliorer et aussi, on parlait d’actions violentes, ce qu’il réprouvait. Et puis il ne se sentait pas vraiment concerné par l’Urvast. Enfin jusqu’à ces derniers temps...

Axel supporta fort bien ces révélations. Il avait de la sympathie pour Drake qui avait, pour s’expliquer, retrouvé cette allure d’adolescent sensible, gêné de parler de lui, soucieux de ne pas déplaire, ce qui avaitdéjà attendri le libraire lors de leur première rencontre. Depuis, Drake avait montré d’autres faces plus brutales de sa personnalité, mais il y avait dans ses propos une sincérité indéniable, son histoire familiale était touchante et Axel se sentait plus ému qu’effrayé ou choqué. La confiance que le jeune révolté manifestait envers son organisation avait un côté juvénile, idéaliste, qui plaisait à Axel et,,même si ce n’étaient pas pour des motivations identiques, l’intérêt de Cornelia pour les failles rejoignait son propre désir de découvrir ce qu’étaient exactement les Portes du Ciel, .
Drake lui proposa finalement de le laisser aller à la police pour se sortir de ce guêpier mais Axel qui avait enfin retrouvé sa fermeté d’esprit, savait déjà que ce ne serait pas si simple, ni pour lui, ni pour le jeune clandestin. Il l’avait laissé vider son sac sans mot dire, fixant déjà en lui-même ce qu’il allait répondre.
Il s'apprêtait à prendre la parole quand Drake sembla perdre confiance, rougit, se tut un bref instant et lui annonça de but en blanc qu’il allait prendre une douche. Cela ressemblait fort à une fuite après confession, d’autant qu’au moment de refermer la porte derrière lui, il lança une nouvelle révélation : il s’était présenté sous un faux nom. Cela amusa presque le libraire, on était en plein roman...  et cette façon de se sauver ! Drake, ou plutôt Ethan, devait redouter de se faire gronder et traiter de galapiat menteur ou de rebelle écervelé  ..
 Axel qui se sentait redevenu maître de lui attendit donc patiemment la fin de la douche, des idées plus ou moins sérieuses lui traversant l’esprit
-Ce serait long si Ethan devait retirer puis remettre toutes ses bagues et colifichets.
-Tiens, il faudrait savoir si la bague télépathe avait fonctionné!  Ce garçon était vraiment difficile à cerner, tantôt G.I.G.N, tantôt en crise d’originalité juvénile. Quel âge pouvait-il avoir ?  Ses parents savaient-ils ce que faisait leur fils ? D’où venaient-ils ?
-Oh ! Il fallait absolument qu’il téléphone chez lui ! pourvu qu'ils n'aient pas été inquiétés si la police avait  découvert l’effraction, la bagarre, et tenté de savoir où était le propriétaire. Quel idiot de ne pas avoir pris son portable avant de sortir de la boutique !  

Ce fut la première chose qu’il demanda quand Ethan réapparut, le cheveu encore humide splendidement bouclé.

Quelques minutes plus tard, il était rassuré, personne n’avait téléphoné à son sujet, Tante Edwige était ravie qu’il pense à prendre des nouvelles. Bart était parti se promener avec grand-Père et elle s’inquiéta seulement de savoir si Axel avait bien déjeuné.
Que s’était-il donc passé après leur fuite ? C'était possible que les malfrats aient emporté leurs blessés, refermé la porte et arrangé le kevlar écorné dans l’indifférence générale. La rue était peu passante, Drake avait agi rapidement et silencieusement. A l’étage, tous les bureaux étaient insonorisés et ce ne serait pas avant la fin de la semaine que la femme de ménage viendrait passer l’aspirateur sur son palier et dans le petit couloir réservé à lui-même et à ses rares visiteurs. Il fit part de ses réflexions à Ethan en ajoutant :

-Je pense que pour votre sécurité et sans doute aussi la mienne, il faut aller discrètement voir à la boutique et si, par bonheur, la bande a préféré ne pas laisser de traces et que personne n’a rien vu,  je n’irai pas à la police et ne préviendrai pas la compagnie d’assurances. Cela nous permettra de partir à la recherche du Codex très naturellement après que j’ai remis l’appartement en ordre. On ne va pas laisser les Portes du ciel se perdre dans la nature.

Il avait retrouvé toute son indépendance de jugement et continua  en cherchant à rester le plus simple et direct possible :

-Pour ce qui est de votre appartenance à  Black Crown, c’est votre problème.  Pour moi, vous cherchez le Codex pour Madame Cornelia, honnête directrice d’une honnête Agence, c’est tout ce que je sais. Il n’y a rien d’illégal à vouloir retrouver un manuscrit du XVIe siècle.. Vous êtes un Hybride  ? Confidence pour confidence, il se pourrait que j’en sois un moi aussi, mais non officiel. Je pensais justement me rendre sur Technologia pour commencer mes recherches à ce sujet.

Axel eut un petit soupir involontaire. Que la vie devenait compliquée ! Mais il fallait sérier les problèmes.Il poursuivit  sur le même ton ferme :

-Quant aux types qui ont la même envie que nous de posséder la copie Bozimir, il faudra certainement s’en méfier, surtout s’ils apprennent que je n’ai pas porté plainte. Ils se douteront que nous voulons retrouver le Codex sans passer par la police, même s’ils ignorent pourquoi.  Vos méthodes pour me tirer de la boutique peuvent leur faire penser que j’ai engagé un garde du corps genre ninja et votre véritable identité ne sera pas mise en cause..
Cette bande est notre seule piste pour essayer de récupérer Bozimir et de savoir où est passé le codex.  A la réflexion, je pense qu’il est en sécurité relative tant qu’il ne dira pas où se trouve la copie. Et si le Codex passe dans leurs mains, je doute qu’ils y comprennent quelque chose sans trouver un traducteur sérieux et de confiance.  Cela nous donnera du temps. Ce que j’ai vu des quatre pages que m’a données Luigi montre que certains passages sont fort obscurs et peut-être même chiffrés. Plus le temps avance et plus j’ai envie de lire ce codex. Je vous parlerai de tout cela plus tard.
J’ai lu votre dossier. Je suis à peu près certain que la mercédès a été volée à Maxime Locatelli  ou utilisée à son insu.


Axel expliqua qui était Maxime Locatelli. Vu la notoriété du personnage, ce ne serait pas trop difficile de savoir où il se trouvait au moment où sa mercédès enlevait un copiste serbo-croate. Il poursuivit :

- Vous avez vu que je ne suis pas préparé à me trouver face à un revolver. Seul, je laisserais certainement tomber l’affaire et irais tout raconter à la police. Ils retrouveraient sans doute le Codex d’ici quelques mois et le remettraient à l’URVST qui  ne le publierait pas, ce qui serait très frustrant pour les amateurs, dont moi, et  si le Codex tient ses promesses, frustrant aussi pour les Hybrides interdits de translocation intermonde et pour Madame Cornelia.

Il eut un petit sourire, content de pouvoir parler de la situation de façon presque détendue.

- Donc, selon moi, nous devrions aller repérer ce qui se passe au Millefeuille pour savoir à quoi nous en tenir et décider de la suite à donner à notre recherche.  Et à propos,  le Portas Caelis ou du moins sa copie, n’est pas "une liasse de papier à moitié décomposée", mais un manuscrit moderne, calligraphié sur un fort beau vélin de Cordoue qui a coûté une fortune et relié en cuir de daim pour respecter les caractères de l’original.

Et pour conclure, il ajouta :

-Ah, pour le tutoiement, je suis tout à fait d’accord. Mais je ne tutoie pas facilement, ne vous formalisez donc pas si parfois je continue à te dire vous.

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Ethan D. Zalion

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MessageSujet: Re: Codex Portas Caeli [Axel Avory] [Ethan D. Zalion]   Sam 26 Aoû - 17:05


Sitôt la porte de la salle de bain refermée, Ethan soupira profondément. La tension quittait enfin son corps, ce qui était plutôt agréable, mais laissait tout le loisir à son cerveau de se perdre en réflexions sur les événements de la journée. Avez t-il eu raison d'agir comme il l'avait fait? N'aurait il pas été plus facile de rester sur place pour neutraliser leurs attaquants jusqu'au dernier? Peut-être aussi avait-il été trop autoritaire avec Axel en le traînant avec lui dans cet hôtel miteux? Et surtout, surtout...Avait il eu raison de tout lui raconter? Y'avait t-il seulement eu un autre choix, au point où ils en étaient? Le libraire allait-il finalement le rejeter, lui et toutes les embrouilles qu'il lui avait apportés? Quels étaient la probabilité qu'au moment où il sorte de la douche, Axel ait déjà quitté les lieux? Ethan sentit sa vision vaciller. Maintenant qu'il prenait le temps de faire une pause, il se rendait sensiblement compte de sa fatigue. Sa courte nuit sur le canapé du QG ne l'avait pas franchement préparé à cette matinée digne d'un film d'action, et bien qu'il soit seulement autour de 14h, l'envie de se coucher était forte.

Ethan secoua vivement la tête pour se tirer de sa torpeur. Il ne pouvait pas se relâcher maintenant, pas dans un hôtel à la sécurité approximative avec Axel à protéger. Il s'était réfugié dans la salle de bain plus par gêne que par préméditation, mais à la réflexion, une douche bien chaude lui ferait le plus grand bien - notamment pour enlever le sang incrusté sous ses ongles. Il replia aussi proprement qu'il le pouvait sa chemise et son pantalon à même le lavabo (les deux étant déjà largement froissés à son grand désespoir), se défit de ses divers artefacts en un temps record et se glissa dans le bac en plastique, accueillant avec un grognement d'aise le jet d'eau chaude.

Quinze minutes de pur bonheur plus tard, le demi-extraterrestre réussi enfin à s'extirper de la cabine. Jetant un œil critique à ses vêtements, il décida qu'il était grand temps d'en changer et saisit sa torque du gardien - un nom bien pompeux pour ce qu'il considérait simplement comme sa valise de voyage d'affaire. Il passa le bracelet autour de son poignet, et prononça à voix basse les mots d'ouverture en prenant dans ses mains la pile d'habits, qui disparu aussitôt. Il répéta le même procédé avec les mots de rejet suivit des numéros qui l'intéressaient : 73, 122, 136, 140...Sous ses doigts s'empilèrent ainsi sa chemise pourpre, un de ses nombreux jeans noirs, des sous-vêtements simples et, de manière plus superflue, sa trousse de toilette avec son parfum, son peigne et de quoi rafraîchir sa barbe. La douceur du tissu propre sur sa peau et la banalité des gestes effectués devant la glace achevèrent de le remettre d'aplomb, et ce fut la tête haute qu'il sortit de la petite pièce, prêt à affronter les reproches de son compagnon ou, pire, une pièce vide. Mais Axel n'avait pas bougé, et ne semblait pas franchement hors de lui, se contentant de lui demander calmement s'il pouvait lui emprunter son portable pour vérifier que la police ne s'était pas mêlée de l'effraction du Mille-feuille. Ethan lui tendit sans mot dire, assez éberlué par la capacité d'adaptation de l'autre homme.

Il attendit une ou deux minutes assis sur le rebord de son propre lit, puis, voyant que la conversation semblait s'éterniser, se décida à faire quelque chose d'utile en inspectant la chambre sous tout ses angles. La porte s'ouvrait grâce à un code à 4 chiffres, ce qui était insuffisant en terme de sécurité mais probablement mieux qu'une simple serrure facile à crocheter. Elle était en revanche assez légère, et ne tiendrait pas longtemps si quelqu'un voulait entrer par la force. La seule autre sortie était la fenêtre, qui bénéficiait d'un rideau opaque bienvenue et d'un double vitrage. Ils étaient au deuxième étage, ce qui était une position parfaite : Ethan pouvait en sauter sans trop se faire mal, même en portant Axel,  mais leurs poursuivants ne pourraient eux pas y accéder facilement. Aucune caméra a priori, mais l'agent prit la peine de débrancher téléphone et poste de télévision par acquis de conscience.

Son petit tour des lieux achevé, le demi-extraterrestre s'affala sur le lit et se mit à penser. Visiblement, l'archiviste n'allait pas s'enfuir de sitôt, il devait donc le prendre en compte pour la suite des opérations. Le fait qu'il ait oublié jusqu'à son portable indiquait clairement qu'il n'avait rien eu le temps de prendre dans leur fuite, que ce soit en terme de vêtements de rechange ou d'autres objets utiles. Il commençait à passer mentalement en revue le contenu de sa torque/valise - quel numéro avait-il donné à ce sweat de sport un peu trop grand déjà? - quand il réalisa qu'Axel avait fini son appel et lui parlait.

Miraculeusement, la police n'avait pas découvert la casse. L'hypothèse du libraire était qu'avec deux membres blessés et des proies hors d'atteinte, les malfrats avaient préféré s'éclipser discrètement que mettre sans-dessus-dessous le Mille-feuille - une excellente nouvelle si elle s'avérait vraie. Visiblement, Axel avait considéré la situation sous tous les angles, allant bien plus loin qu'Ethan dans ses réflexions.

-Je pense que pour votre sécurité et sans doute aussi la mienne, il faut aller discrètement voir à la boutique et si, par bonheur, la bande a préféré ne pas laisser de traces et que personne n’a rien vu,  je n’irai pas à la police et ne préviendrai pas la compagnie d’assurances. Cela nous permettra de partir à la recherche du Codex très naturellement après que j’ai remis l’appartement en ordre. On ne va pas laisser les Portes du ciel se perdre dans la nature.

Ethan voulu dire quelque chose, mais aucun son ne parvint à sortir de sa bouche entrouverte. Il sentit son cœur se serrer face à la bravoure et à la prévenance de son compagnon - comment avait t-il être pu pitoyable au point de douter de lui? Depuis le début de leur aventure, Axel n'avait cessé d'être brave, vif d'esprit et méthodique, mais c'était la première fois que leur différence d'âge et de tempérament frappait à ce moins Ethan. Un peu ému et un peu misérable, il se contenta de hocher la tête à l'affirmation de la volonté de l'autre, plus heureux que jamais de l'avoir comme partenaire pour cette mission.

-Pour ce qui est de votre appartenance à  Black Crown, ...

Ethan se crispa. Bien sûr, le sujet ne pouvait pas être contourné. Il détourna le regard, craignant de voir une désagréable désapprobation dans les yeux de son interlocuteur.

- ... c’est votre problème.  Pour moi, vous cherchez le Codex pour Madame Cornelia, honnête directrice d’une honnête Agence, c’est tout ce que je sais. Il n’y a rien d’illégal à vouloir retrouver un manuscrit du XVIe siècle...

L'agent de Black Crown recommença à respirer. Bon, Axel ne semblait pas absolument fan de l'organisation, mais il tolérait de travailler pour eux. Il avait effectivement toujours la liberté de dire qu'il ignorait tout de sa récente révélation en cas de souci avec l'UR.

- Vous êtes un Hybride  ? Confidence pour confidence, il se pourrait que j’en sois un moi aussi, mais non officiel. Je pensais justement me rendre sur Technologia pour commencer mes recherches à ce sujet.

Les yeux du plus jeune s'écarquillèrent. Un hybride non déclaré? Il était à peu près sûr que ce n'était pas légal aux yeux de l'UR. Il fixa Axel avec plus d'attention, essayant de deviner quelle pouvait bien être sa moitié non terrienne. Probablement une espèce humanoïde, mais cela laissait beaucoup de possibilité...Cependant, il n'avait pas l'air d'avoir d'affinité avec la magie. Un chevalier peut-être? Il devait bien avouer qu'il était immensément curieux à ce sujet, mais ce n'était pas vraiment l'urgence dans l'immédiat.

- Quant aux types qui ont la même envie que nous de posséder la copie Bozimir, il faudra certainement s’en méfier, surtout s’ils apprennent que je n’ai pas porté plainte. Ils se douteront que nous voulons retrouver le Codex sans passer par la police, même s’ils ignorent pourquoi.  Vos méthodes pour me tirer de la boutique peuvent leur faire penser que j’ai engagé un garde du corps genre ninja et votre véritable identité ne sera pas mise en cause...

Ethan sourit franchement au "garde du corps genre ninja" d'Axel, un peu choqué de l'expression dans la bouche de l'intellectuel mais amusé du fait qu'ils partagent ce genre de référence.

- Cette bande est notre seule piste pour essayer de récupérer Bozimir et de savoir où est passé le codex.  A la réflexion, je pense qu’il est en sécurité relative tant qu’il ne dira pas où se trouve la copie. Et si le Codex passe dans leurs mains, je doute qu’ils y comprennent quelque chose sans trouver un traducteur sérieux et de confiance.  Cela nous donnera du temps. Ce que j’ai vu des quatre pages que m’a données Luigi montre que certains passages sont fort obscurs et peut-être même chiffrés. Plus le temps avance et plus j’ai envie de lire ce codex. Je vous parlerai de tout cela plus tard.

Ah, il avait oublié ce détail, mais effectivement, peu de chance que leurs assaillants parlent couramment latin. Bon, ça ne leur donnait pas tout le temps du monde (Bozimir devait passer un sale moment, après tout), mais c'était rassurant. Il réalisa que, pour cette même raison, Axel était indispensable au bon achèvement de cette mission et se sentit de nouveau rassuré à l'idée qu'il reste avec lui.
Axel, imperturbable, continuait à énoncer ses conclusions comme si de rien n'était. S'il était très probable que la voiture appartienne à Locatelli, il lui semblait impossible qu'il ait quoi que ce soit à voir avec leurs assaillants. D'une part, il n'était pas un homme habitué aux affaires fumeuses de ce type, d'autre part il était à la fois célèbre et intelligent, et n'utiliserait donc jamais sa propre voiture pour kidnapper qui que ce soit. Par ailleurs, sa présence faisait suffisamment de vagues pour  qu'il soit extrêmement facile de trouver ce qu'il avait fait et où ces derniers jours.

- Vous avez vu que je ne suis pas préparé à me trouver face à un revolver. Seul, je laisserais certainement tomber l’affaire et irait tout raconter à la police. Ils retrouveraient sans doute le Codex d’ici quelques mois et le remettraient à l’URVST qui  ne le publierait pas, ce qui serait très frustrant pour les amateurs, dont moi, et  si le Codex tient ses promesses, frustrant aussi pour les Hybrides interdits de translocation intermonde et pour Madame Cornelia.

Ethan doutait fortement que Black Crown fasse une publication officielle du livre (révéler des failles clandestines de la sorte, c'était s'assurer qu'elles soient toutes fermées ou régularisées dans les 2 semaines suivantes) mais se garda bien de le dire. Après tout, il comptait bien laisser Axel le lire, et Black avait comme mission de révéler auxdits hybrides interdits de translocalisation son contenu, ce qui revenait un peu au même. Il ne put s'empêcher de sourire légèrement : Axel semblait, au moins sur un point, avoir une meilleure opinion de Black Crown que de l'URVST, et il devait avouer que ça lui faisait plaisir.

- Donc, selon moi, nous devrions aller repérer ce qui se passe au Millefeuille pour savoir à quoi nous en tenir et décider de la suite à donner à notre recherche.  Et à propos,  le Portas Caelis ou du moins sa copie, n’est pas "une liasse de papier à moitié décomposée", mais un manuscrit moderne, calligraphié sur un fort beau vélin de Cordoue qui a coûté une fortune et relié en cuir de daim pour respecter les caractères de l’original.

Cette fois ci, Ethan ne put pas se retenir : il rit franchement, amusé par l'exposé exhaustif et le ton un peu snob de son compagnon. Au moins n'avait il pas à s'inquiéter quant au risque de se tromper de manuscrit.

-Ah, pour le tutoiement, je suis tout à fait d’accord. Mais je ne tutoie pas facilement, ne vous formalisez donc pas si parfois je continue à te dire vous.

Il est possible que j'ai un peu de mal aussi, songea le plus jeune avec amusement, encore un peu intimité par l'intellectuel en Axel mais ravi de ce rapprochement. Tout haut, il se contenta d'annoncer :

- Merci, ça me fait vraiment plaisir. Le tutoiement et...le fait que tu veuilles bien continuer l'aventure.

"Et rester avec moi" était fortement sous-entendu. Il était déjà arrivé à Ethan de se faire rejeter par des "amis" (un stade qu'Axel, après moins d'une semaine de connaissance, ne semblait pas si loin d'atteindre) quand ils apprenaient simplement qu'il était hybride ou qu'il désapprouvait les politiques de l'UR, et ce n'était franchement pas quelque chose qu'il voulait revivre. Sentant que ses yeux s'étaient un peu embrumés, il détourna le regard, gêné.

- Tes déductions m'ont aidées à y voir un peu plus clair, je vais rappeler Cornélia pour lui en faire part, et pour la prévenir de nos futurs mouvements. Honnêtement, retourner au Mille-feuille me semble un peu dangereux, mais ce n'est pas en restant à l'hôtel qu'on fera le moindre progrès...et tu as besoin de récupérer un minimum d'affaire pour la suite des opérations.

L'agent de Black Crown prit une grande inspiration et s'assit sur le rebord du lit, fixant de nouveau Axel droit dans les yeux pour véhiculer son sérieux.

- Par contre, il va falloir suivre quelques règles de sécurité. A partir du moment où l'on aura un pied hors de l'hôtel, il faudra que tu restes avec moi en permanence. Si malgré tout on était séparés...

Il s'interrompit un instant pour fixer sa torque et prononcer la parole de rejet pour les numéros 13, 14 et 15. Apparurent un petit couteau tactique pliant, une bombe au poivre et un taser. Tous étaient d'assez petite taille et d'aspect ordinaire : le couteau fermé pouvait passer pour un canif de collection, la bombe un spray antimoustique et le taser ressemblait à s'y méprendre à une lampe poche. Ethan prit donc le temps d'expliquer la fonction de chaque objet et la façon de l'utiliser.

- J'aimerai que tu en prennes au moins un, celui avec lequel tu te sens le plus à l'aise. Ce n'est pas pour te faire peur, il n'y a presque aucune chance que tu ais à t'en servir mais...mieux vaut prévenir que guérir, disons. Leur port est légal en France, comme il s'agit d'utilitaires ou d'armes de self défense.

Sa tirade préventive achevée, Ethan se permit une légère détente en s'affalant de nouveau dans son lit.

- La dernière règle...On attend demain matin pour y aller. Je me doute que tu es un peu angoissé quant à l'état de ta boutique et de ton appartement, mais mieux vaut attendre que ça se tasse. Pour tout t'avouer, je commence à fatiguer, et je préfère être en pleine possession de mes moyens au cas où on nous attaque. Tu ne dois plus être très frais non plus, n'hésite pas à prendre une douche.

* * *

Ce fut à 5h du matin qu'ils quittèrent l'hôtel. Ethan se sentait malgré tout mieux qu'il ne l'avait été depuis un moment, ayant réussi à cumuler entre ses tours de garde 8 bonnes heures de sommeil et ayant pu dévorer un énorme steak au restaurant de l'hôtel pour dîner - un apport de chair fraîche plutôt bienvenue après la frustration de son combat de la veille. Axel, de son côté, ne semblait pas tout à fait aussi fringuant (probablement peu habitué à dormir par tranche de 2h) mais malgré tout déterminé à accomplir leur mission.

A cette heure-ci, même les boulangeries parisiennes étaient fermées, mais ils avaient pensé à acheter de quoi subsister la veille. Le silence quasi-surnaturel de la ruelle et le ciel grisâtre entre chien et loup conférait à l'instant une grâce inattendue, au point qu'Ethan parvenait à trouver délicieux son croissant dur depuis longtemps. Quand il eut fini de lécher les miettes égarées sur ses doigts, il fit signe à Axel de le suivre (parler semblait étrangement inapproprié) et, suivant l'itinéraire reçu la veille au soir du QG, s'engouffra dans une rue adjacente. Quelques minutes plus tard, ils se trouvaient sur un parking quasi-désert. L'agent de Black Crown n'eut aucun mal à repérer  le profil noir et racée de la Honda, garée sous un bouleau qui avait connu des jours meilleurs. En s'approchant, il remarqua les deux casques accrochés à la tuyauterie, les décrocha et en tendit un à son compagnon.

"Une moto est moins surveillée et plus rapide que le métro, ressentit-il le besoin d'expliquer. Et les casques permettent de cacher nos visages en toute légalité, au moins pendant nos déplacements."

Ethan préféra laisser sous silence le fait qu'il n'avait pas conduit de moto depuis au moins un an. Il aurait honnêtement préféré une voiture, mais il savait que ce ne serait absolument pas efficace dans la capitale française. C'est aussi pour cette raison qu'il avait voulu partir tôt : reprendre la main allait être assez difficile comme ça, autant le faire quand il n'y avait pas trop de trafic. Le demi-extraterrestre enfila le casque avec une petite grimace, conscient de l'état désastreux dans lequel il allait retrouver ses cheveux à l'arrivée. Il enfourna le véhicule avec grâce et saisit le code de démarrage - une véritable vacherie à 18 chiffres et lettres qu'il avait pris un bon quart d'heure à mémoriser. Il testa les différentes commandes un peu nerveusement avant de laisser échapper un soupir résigné. Quand il fallait y aller...il fit signe à Axel de prendre place derrière lui.

"Tu ferais mieux de bien t'accrocher", se contenta t-il de préciser.

Quand l'autre se fut exécuté, il tenta un petit mouvement du poignet. La moto démarra avec fluidité. Un tour à droite, un tour à gauche, sortie du parking et accélération...Ethan se permit à nouveau un petit soupir, cette fois-ci de soulagement. Il s'en souvenait beaucoup mieux que ce qu'il avait craint, et les réflexes revenaient sans se faire attendre. Le jeune homme convoqua mentalement la carte qu'il avait mémorisée la veille - s'il ne se trompait pas, il ne devait pas tourner avant un moment. Il en profita pour accélérer encore un peu et eu un petit sourire malgré lui : il avait oublié à quel point le fouet du vent sur la peau était agréable.

Ils n'étaient qu'à une vingtaine de minutes du Mille-feuille, mais Ethan se sentit tout de même soulagé quand il gara la moto à proximité du café. Il prit le temps d'observer la boutique de loin avec l'anneau de vision, mais aucune trace de présence récente n'apparaissait. La possibilité qu'un de leurs assaillants soit un magicien sachant contrôler son flux énergétique n'étant pas tout à fait exclue, le demi-extraterrestre s'approcha prudemment, Axel à ses côtés. Il le sentit se détendre légèrement alors qu'il atteignait la devanture : la boutique était déserte et aussi ordonnée que la première fois où Ethan y avait mis les pieds. Presque aussi ordonnée : le rideau en kevlaron était resté très visiblement tordu, la caméra de surveillance était en miettes et quelques livres avait chu sur le tapis. C'était malgré tout un bilan très correct. Le mal étant fait, Ethan tordit un peu plus le kevlaron pour permettre à Axel de le suivre dans l'enceinte de la boutique.

Laissant ce dernier vaquer à ses occupations, il se pencha de son côté sur le reste de caméra et grimaça légèrement. Allaient-ils pouvoir en tirer quoi que ce soit dans cet état? 5h30, c'était encore un peu tôt pour contacter qui que ce soit au QG, aussi se contenta t-il de rassembler consciencieusement les débris et de les enfouir dans une des poches de sa sacoche. Maintenant, le problème du kevlaron...Il retourna sur le pallier de la boutique prudemment, mais la rue était toujours déserte. Contractant ses muscles, il saisit le grillage, et pu le déformer sans grande difficulté. Quelques minutes plus tard, le grillage était globalement reconstitué : il y avait des petits trous par endroit, la géométrie des formes était loin d'être aussi parfaite qu'avant, mais c'était suffisant pour faire illusion. Il observa fièrement son travail un instant avant de se rendre compte qu'il venait de condamner leur seule issue. Oups. Il trouva heureusement sans trop de difficulté la manivelle et releva le rideau, prenant note mentalement de le rabattre avant de partir. Axel semblait avoir fini de vaquer à ses occupations de son côté, aussi Ethan suggéra t-il qu'ils se rendent à l'étage pour inspecter l'appartement.

La serrure de la porte d'entrée avait été détruite sans concession, mais la porte approximativement refermée pouvait faire illusion depuis l'escalier. Visiblement, leurs adversaires avaient aussi peu envie qu'eux que la police se retrouve mêlée à l'affaire. Ethan prit le temps d'observer l'intérieur avec curiosité : simple, élégant et accueillant, il ressemblait bien à l'image que le jeune homme s'en était faite. Seulement, les placards étaient grands ouverts, les draps et rideaux tirés, les chaises renversées - aucune casse, mais un désordre qui faisait tâche, témoignage de la recherche effrénée menée par leurs opposants. L'agent de Black Crown regarda plus en détail les éléments concernés : ni les tiroirs, ni les étagères de livres n'avaient été fouillées. Clairement, la cible n'était pas le Codex, mais  Axel. Leurs assaillants devaient croire, soit que celui-ci transportait le livre, soit qu'il pouvait les y conduire. Le copiste les avait il envoyé sur une fausse piste? Ou était ce une attaque par dépit car celui-ci ne leur disait rien? Quoi qu'il en soit, c'était plutôt une mauvaise nouvelle pour eux.

Ethan s'affala sur une des chaises de la cuisine, songeur. La suite des opérations était floue tant qu'il ne recevait pas plus d'informations du QG. On lui avait promis une liste détaillée des relations proche de Locatelli, et il fallait encore qu'il contacte Milan au sujet de la caméra. Pour autant, ils ne pouvaient rester ici plus longtemps qu'il n'était strictement nécessaire. Il rejoint son compagnon au salon.

- Axel ? Je pense que tu t'en doutes, mais il va bientôt falloir qu'on parte. Je vais finir de ranger, tu devrais prendre un sac avec quelques affaires. Et aussi...

Il hésita un instant. Ce qu'il allait suggérer pouvait comporter un certain danger pour Axel, mais au point où ils en étaient...

- Tu as dis que Bozimir t'avait donné quelques photocopies du Codex, c'est bien ça? Pourrais-tu les prendre avec toi? On va avoir un peu de temps libre en attendant que mes collègues fassent les recherches nécessaires, ce serait bien de le mettre à profit pour en apprendre un peu plus sur le Codex. Traduire les pages qu'on possède, décrypter le code si code il y a...Cela pourrait, éventuellement, nous permettre de parlementer si on se retrouve dans une situation difficile.

Leur petit tour des lieux fini, le rideau en kevlaron de nouveau abaissé, les deux hommes remontèrent la rue aussi naturellement que possible, ne croisant à leur grand soulagement aucune Mercédès noire. La moto n'avait pas bougé non plus, et ce fut cette fois sans aucune hésitation qu'Ethan l'enfourcha. Il était désormais 6h passée, les premiers commerces commençaient à ouvrir leurs portes. L'hybride était désormais à peu près sûr d'une chose : leurs adversaires étaient de purs terriens. Aucun n'avait manifesté de compétences spéciales au combat ou pour se déplacer, et malgré une inspection soigneuse, il n'avait trouvé aucune trace de magie dans l'appartement. Par conséquent, il y avait peu de chances qu'ils fréquentent les quartiers denses en créatures d'autres mondes. Il mit le cap sur le 18ème arrondissement.
Maggya Town était, même à cette heure matinale, bien plus dynamique que le reste de Paris, et ils n'eurent pas trop de difficultés à trouver un café ouvert. Il y avait quelque chose de réconfortant dans le fait de revoir des gens marcher et parler. C'est seulement à ce moment-là qu'Ethan se rendit compte que le silence quasi-total du petit-jour lui avait pesé. Maggya était par ailleurs un monde qu'il adorait, et le simple fait de se sentir entouré de ses habitants le rendait plus guilleret et bavard.

- C'est moi qui invite, signala t-il à Axel avec un clin d’œil, avant de commander à la serveuse un grand verre de la boisson la plus sucraillée du café et un cake aux fruits des bois et de laisser celui-ci faire son choix.

Après avoir discuté hypothèses et possibilités pendant un moment et consommé un solide deuxième petit-déjeuner, les deux compagnons se tournèrent vers leurs occupations respectives. Ethan avait finalement reçu un message de Cornelia confirmant que Maxime Locatelli était à l'étranger depuis deux bonnes semaines, et avait hier encore assisté à un vernissage là bas. En pièce-jointe, une liste des proches de l'homme. Il la contempla un instant : famille, amis, collègues, une cinquantaine de profils était listés, mais aucun qui se démarque particulièrement. Il se mordilla anxieusement la lèvre : il avait espéré quelque chose de plus utile. Pour autant, la liste lui semblait exhaustive...Il faudrait qu'il demande à Axel, il en savait plus que lui sur le personnage et les coutumes de ce genre de milieu. En attendant, ça ne lui ferait pas de mal d'en apprendre davantage, sur le personnage, et il se mit à parcourir les articles de journalistes à son sujet. Il s'accrochait péniblement à un article sur les donations de Locatelli à un musée russe de scénographie quand la fenêtre d'appel interrompit sa lecture, affichant le nom de Milan. Ethan s'empressa de décrocher en s'efforçant de ne pas trop élever la voix.

- Milan? Vous avez vu mon message?
- Non, je t'appelle pour le plaisir d'entendre ta voix...répliqua l'autre avec sarcasme. Donc, vous avez une caméra de surveillance en miette et tu veux récupérer les images, c'est ça?
- C'est ça...Vous pensez que c'est possible?
- Encore heureux, ces joujous ne serviraient pas à grand chose sinon. Par contre, il va me falloir des informations sur le modèle de la caméra, son numéro de série et le code client de monsieur le libraire. Bien sûr, tu peux me fournir tout ça?
Ethan grimaça imperceptiblement en tirant les morceaux de caméra de sa sacoche et en les disposant sur la table. Il n'y connaissait pas grand chose en caméras et avait le plus grand mal à visualiser à quoi celle-ci avait pu ressembler. On dirait qu'il n'avait pas le choix...Il dit à Milan de patienter un instant et jeta un regard désespéré à Axel.
- Mon collègue a besoin de renseignements supplémentaires sur ta caméra, je ne peux pas lui expliquer tout seul...Je peux te le passer?
Axel prit le portable sans protester et Ethan se sentit profondément reconnaissant en le voyant gérer la situation bien mieux qu'il ne l'aurait jamais pu. Il finit par récupérer son téléphone, Milan toujours au bout du fil, et articula un "merci" silencieux en direction du plus vieux.
- Vous avez pu avoir tous les renseignements nécessaires?
- Oui, c'est bon, c'est bien une caméra connectée au Cloud. Je vais regarder ça de plus près avec les autres, je te dis ce que ça donne dans une petite heure, ne bougez pas d'ici là."

Et il raccrocha sans plus de cérémonie. Le canadien, depuis longtemps habitué aux manières cavalières de l'homme, ne s'en formalisa pas. Il jeta un œil en coin à Axel, mais celui-ci semblait s'être déjà remis au travail. Avec rien de mieux à faire, Ethan reprit ses recherches sur Locatelli. La presse spécialisée n'en disait que le plus grand bien, et son amitié avec Joussin était chose publique - la thèse d'Axel sur son innocence s'en retrouvait largement crédibilisé. Il relu une nouvelle fois la liste sur son entourage et soupira de frustration devant le manque d'éléments incriminant. Concrètement, quelle genre de personne serait prête à recourir à la violence pour ce genre de manuscrit? L'UR en serait capable, mais les personnes qu'ils avaient affrontées n'avaient clairement pas le profil, et un technologien n'aurait pas fait une erreur comme laisser une caméra tourner en plein délit d'effraction. Alors quoi? Une secte passionnée par la littérature religieuse? Des ressortissants d'autres mondes désespérés de rentrer chez eux? Un groupe de malfaiteurs comptant mettre l'ouvrage sur le marché noir? Et puis d'abord, à part Cornelia et Bozimir, qui pouvait bien lire cette incitation à la sieste qu'était "le Bibliophile"?

Ethan soupira de nouveau. De toute évidence, il n'allait nulle part, et ça ne servait à rien de spéculer tant que Milan ne lui révélait pas le contenu de la vidéo. Si jamais c'était insuffisant, ils ne leur resteraient plus qu'à visiter l'adresse parisienne de Locatelli...La serveuse passant à proximité, il recommanda un jus d'orange pour lui et un café pour Axel. 5 secondes à peine après que leurs consommations soient arrivées, un mail de Milan apparut sur son portable, aussi laconique qu'à son habitude :

"Vu la vidéo. Après que vous soyez partis, on entend la voiture démarrer aussitôt. La chauffeur ne l'ayant pas quitté, il n’apparaît pas sur la caméra. Tu as du reconnaître Raoul Lefort. On a pu identifier les deux autres : il s'agit de Carl Deslandes et de Sofia Ferro, sa fiancée. Carl était dans le même lycée et les mêmes sales coups que Raoul. La police soupçonne Carl et Sofia d'être liés à la mafia italienne, je dirai que Raoul les a rejoint. Rien d'autre pour l'instant."

Ethan s'étrangla péniblement avec son jus d'orange. La mafia! Dire qu'il commençait à croire que ses adversaires n'étaient pas si coriaces que ça puis ce que purs terriens...Ce n'était pas une très bonne nouvelle pour leur sécurité, mais c'était un pas de géant pour la progression de l'enquête. "Locatelli" et "mafia italienne", ça se raccordait déjà mieux que "Locatelli" et "loubards violents de bas étage". Il était trop fébrile pour ne pas en parler à Axel immédiatement et de toute façon, celui-ci devait bien avoir remarqué son cirque, aussi se lança t-il sans tarder dans l'historique des nouvelles informations qu'il avait reçu depuis leur arrivée au café.

- Je crois qu'on aurait plus vite fait d'aller directement chez Locatelli pour chercher des renseignements supplémentaires, annonça t-il en conclusion. Lui même est en Italie depuis un moment, mais il y aura au moins des domestiques, on pourra peut-être en tirer quelque chose. Enfin...

Il hésita une seconde avant de continuer.

- ...Je dis "on", mais il va falloir fabuler pour qu'on nous laisse entrer, et tu risques d'être bien plus crédible que moi dans le rôle de "connaissance de M. Locatelli". Ça ne me plaît pas vraiment mais ce serait peut-être mieux que tu y ailles seul. Je resterai aussi près que possible, et tu pourras me transmettre le son par l'anneau...Est ce que ça t'irait?

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