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 [RP solo] Expédition sympathique jusqu'à la contrée des nains

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Sylvain Charbonnel

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MessageSujet: [RP solo] Expédition sympathique jusqu'à la contrée des nains   Lun 22 Aoû - 9:12

La place sur laquelle se trouvait Sylvain était bouillonnante d'activité. Chose naturelle : il se trouvait en plein centre de la capitale de Maggya, Fort Ardent. Notre explorateur n'était pas mécontent d'enfin apercevoir la lumière du soleil, venant finalement d'atteindre la sortie du grand bâtiment appartenant à l'UR qui abritait le portail de la ville. Pourquoi donc les gardiens le regardaient toujours de travers ? Sans y accorder plus de réflexion, il s'éloigna de l'imposant édifice blanc et bleu qui tranchait avec le reste de la ville plus... médiévale pour aller se mêler à la foule. Une fois sûr de ne pas être aperçu par un employé de l'UR, il posa son sac de randonnée au sol, et dit tout en ouvrant la poche supérieure :

- C'est bon Lily, tu peux sortir de là.

Une petite patte bleue vint immédiatement lui attraper le bras, et une jeune wido s'agrippa à son épaule dans un cri aiguë rempli d'une affection débordante. Sylvain lui grattouilla la joue du bout de son pouce rugueux et ajouta :

- Tu veux passer voir l'écurie d'exposition avant qu'on parte pour les Rocheuses ? Je suis sûr qu'il y aura plein d'animaux avec qui tu adorera parler.

La wido cligna des yeux quelques fois avant de se décider pour une réponse affirmative. Elle fit part de son avis en couinant joyeusement. Sans hésiter une seconde à retarder ses plans initiaux, Sylvain reprit son sac à dos et s'engouffra dans l'avenue qui descendait jusqu'à la première ceinture de remparts, depuis longtemps dépassée par l'expansion de la ville. Le ciel était dégagé et les rues emplies de personnes aux profils très variés. Cela ne fit qu'encourager Sylvain à aller se perdre dans le dédale des rues, sans se soucier de son voyage initialement prévu pour la contrée des nains. Rien ne le poussait à se presser, il avait tout le temps qu'il voulait. À n'en pas douter, il s'agissait d'une fin de matinée idéale. D'un œil observateur, Sylvain détailla les alentours qu'il commençait pourtant à bien connaître. La ville s'était construite sur une sorte de piton rocheux, lui donnant des airs de Mont Saint-Michel de l'extrême. L'immense majorité des constructions étaient en pierre, et l'on pouvait imaginer certaines habitations creuser directement dans les roches pour récupérer quelques mètres à vivre. La densité de la population avait effectivement explosée, donnant ainsi un entremêlement de hautes constructions et de structures aériennes tels que des ponts à des dizaines de mètres de hauteur. Une prouesse architecturale au vue du niveau de développement technologique de ce monde. Une ville pittoresque que les producteurs de films fantasy venant d'Univers avaient déjà utilisés plusieurs fois pour des tournages, sous les airs interrogateurs des riverains. Cependant, malgré cet enchevêtrement de ruelles et de possibilités, la capitale avait toujours pris soin de conserver les rues principales sous l'état de belles avenues, larges, droites, pavées et entretenues, pour faciliter le passage. Alors que Sylvain arrivait presque à l'écurie qu'il avait repérée lors de l'un de ses précédents voyages sur Maggya :une bâtisse plate mais très longue, en arc de cercle, qui exposait aux visiteurs tout ce qui pouvait faire office de monture dans ce monde, une voix forte l'interpella :

- Excusez-moi !

Lily sursauta, surprise par cette exclamation sans préavis. En face d'elle se trouvait une jeune femme aux longs cheveux pourpre. Elle était à quelques mètres de là, se tenant bien droite. Plastron, tassettes, guêtres, gantelets : l'armure parfaite de la chevalière. À cela, on pouvait ajouter des boucles d'oreilles et la broche retenant ses cheveux, d'un autre style, plus raffiné, que ses protections très austères. Lorsque la jeune femme s'avança pour rejoindre Sylvain, son armure de métal cliqueta bruyamment. Tout en elle respirait l'autorité et la droiture.

- Je vous prie de m'excuser pour vous avoir ainsi appelé. Mon nom est Julia, et... comment dire, j'aurai un service à vous demander.

La dénommée Julia avait dit tout cela d'une seule traite. Lily recula un peu sur le dos de son maître pour se cacher, n'appréciant guère l'attitude explosive de la jeune femme. Mais Sylvain, fort de son insouciance habituelle, lui répondit tout naturellement :

- Vraiment ? Dans ce cas, venez vous promener avec moi, joignons l'utile à l'agréable.

Julia fut tout naturellement prise au dépourvue par cette proposition venant de nulle part. Elle resta muette plusieurs secondes, tentant de comprendre où elle avait perdu le fil de la conversation. Son cerveau fut cependant tenu en échec, et elle finit par accepter, plus par automatisme que par réflexion. C'est ainsi qu'elle se retrouva là où elle n'aurait jamais crû l'être après sa déclaration, dans l'écurie de la ville adressée aux visiteurs des autres mondes. Mais elle finit par se ressaisir : alors que le petit animal bleu qu'elle ne connaissait pas sautait sur le nez d'un imposant lyme et que son maître la regardait d'un œil amusé, elle déclara en effectuant un magnifique salut de chevalier, le point sur son coeur :

- S'il vous plaît ! J'ai cru comprendre que vous alliez vous rendre dans les Rocheuses ! Je m'excuse de mon indiscrétion, mais laissez-moi vous accompagnez, je vous en pris !

Elle s'était préparée à devoir batailler pour qu'il accepte, et même à le payer grassement, mais il déclara sans une seconde d'hésitation :

- Bien sûr, aucun problème, mais pourquoi ?

La surprise la paralysa encore quelques secondes, tandis qu'elle regardait l'inconnu avec de grands yeux incrédules. Ils ne se connaissaient même pas, et il acceptait sans même se poser de questions ? Elle finit même par se demander si ce n'était pas un piège. Méfiante, elle répondit :

- Je souhaite demander aux nains de m'enseigner leur art de forgeron.

Sylvain haussa un sourcil. C'était bien la première réaction de surprise qu'elle lui voyait depuis qu'elle l'avait rencontré.

- Moi je veux bien, mais je suis pas sûr qu'ils acceptent... Vous êtes plutôt rivaux pour ce qui est des produits forgés non ?
- Oui ! Mais je veux absolument m'améliorer ! Je camperai des jours dans les montagnes devant leur village s'il le faut ! Je souhaite m'engager comme forgeronne apprentie au service du seigneur Georges, d'un de ses trois chevaliers principaux plus précisément.

Seigneur Georges... Cela disait quelque chose à Sylvain. Si sa mémoire était bonne, il s'agissait d'un des quatre seigneurs qui supervisaient Fort Ardent. Une notion lui était cependant inconnue dans le discours de Julia :

- Les chevaliers principaux ? Qu'est-ce que c'est ?

Julia pensa que, comme les vêtements de l'homme le laissaient supposer, il n'était pas originaire de ce monde. Elle fit donc de son mieux pour être claire et concise :

- Les seigneurs ont de nombreux chevaliers à leur service, ainsi que de nombreux forgerons pour les entretenir. Cependant, il y a toujours quelques chevaliers qui se démarquent, trois dans le cas du seigneur Georges, et à qui l'on confit des missions particulières. Ces "chevaliers principaux" ont bien souvent un forgeron  qui leur est attribué à eux et leurs disciples, avec qui ils nouent une relation de confiance pour produire l'équipement le plus adapté. Et je souhaite devenir l'apprentie du forgeron attribué au chevalier Tristan. Elle marqua une pose, et reprit plus attristée : Mais je ne suis pas très douée à la forge, je me situe à peine dans la moyenne... C'est pour ça que je souhaite aller m'entraîner chez les nains.

La détermination de la jeune femme séduit rapidement Sylvain. Il déclara donc en hochant la tête :

- Je comptais partir en milieu d'après-midi, tu es déjà prête ?
- Ah, oui ! Ma monture m'attend dans une écurie peu éloignée !

Après un petit temps d'hésitation, elle ajouta cependant :

- ... Puis-je vous demander pourquoi vous avez accepté ma demande aussi facilement ?
- Ah ? Hum... Parce que tu as l'air motivée ? Et puis, je n'ai rien à perdre.

Suite à cette réponse qui n'en était pas vraiment une, il ajouta :

- Cependant... Cela risque d'être problématique si tu te ballades avec autant de métal sur toi dans la forêt, tu vas effrayer tous les animaux...

Julia ne fût pas sûre de comprendre cette affirmation, bien qu'elle ne soit plus vraiment sûre de rien depuis la rencontre de cette homme. Elle objecta avec, encore une fois, de l'hésitation dans la voix :

- Mais... Les terres qui séparent Fort Ardent des Rocheuses sont entièrement désertiques... Il n'y aura pas de forêt...
- Je ne pense pas que tu ais envie de mourir de chaud ? Ce sera bien plus agréable de passer par la forêt !
- Mais... Mais cela représente un immense détour !
- Bah, ce n'est pas grave, j'avais envie de passer par la Forêt Sylvestre en plus. Donc si tu veux venir avec moi, change cette armure pour une tenue plus pratique d'ici cet après-midi, 15 heures. On se retrouve devant la porte Est du rempart extérieur, ça te va ?

Julia abandonna bien vite l'idée de comprendre quelque chose à cet homme. Elle accepta, fatiguée par cette discussion, et se hâta d'aller chercher d'autres vêtements. Juste avant de sortir de la pièce, elle réalisa qu'elle ne connaissait même pas le nom de cet homme. Lorsqu'elle lui demanda, il répondit en souriant :

- Je m'appelle Sylvain, et voici Lily, mon amie.
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Sylvain Charbonnel

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MessageSujet: Re: [RP solo] Expédition sympathique jusqu'à la contrée des nains   Mer 24 Aoû - 20:39

À 15 heure pile, Julia se trouvait devant la grande porte Est. Elle avait troqué son imposante armure pour une tenue blanche et bleue habituellement adressée aux mages, et plus adaptée aux sous-bois et aux aléas de la cueillette d'ingrédients. Bien que les sorciers de Rerum étaient ceux qui avaient le plus recourt à cette activité, les mages utilisaient régulièrement quelques matériaux trouvés dans la forêt, sous les yeux sévères des elfes. C'était surtout utile pour les sorts automatisés, qui ne demandaient pas la présence d'un mage pour être lancé et pouvait ainsi être commercialisé : les outils emprunts de magie en étaient le plus grand exemple. Mais pour cela, il leur fallait une forme matérielle, un « contenant » notamment élaboré à partir de ce que les mages trouvaient dans leur cueillette. Pour en revenir à notre jeune chevalière, il était clair que le port de cette tenue ne lui faisait pas plaisir : sans son armure en plate, elle se sentait comme nue. D'autant que cette cette sorte de robe était fendue jusqu'au-dessus du genoux pour permettre de grandes enjambés. L'embarras faisait légèrement rougir ses joues. Mais quand Sylvain arriva, bien dix minutes en retard, il ne prit aucune précaution et lui déclara de but en blanc après l'avoir examinée :

- Oui, ça te va vraiment très bien.

Sans qu'elle n'ai le temps de se demander comment réagir, il annonça le départ et elle enfourcha son cheval – une monture classique, mais toujours efficace - en faisant très attention à ses mouvements. Alors qu'elle mettait le musculeux alezan au pas, elle remarqua :

- Sieur Sylvain, vous n'avez pas de monture ?

Un voyage aussi long lui paraissait inconcevable sans au moins un bon cheval endurant. Mais il répondit sans se préoccuper de ces détails techniques :

- Non, je trouve que l'on profite mieux du voyage si on le fait à la force de ses jambes. Ça fait un bout de temps que je me promène un peu partout, alors j'ai l'habitude.
- Laissez au moins mon cheval porter vos bagages !

Il lui fit signe de la tête que ce n'était pas la peine, et la conversation s'évanouit là. :Sylvain était absorbé dans la contemplation de chaque nouvelle plante qu'il croisait, humant parfois même leur parfum. Julia ne voulait pas paraître impolie en forçant la conversation, elle lui devait déjà beaucoup. Ils croisaient régulièrement de petits groupes d'animaux, certains identiques à ceux d'Univers, d'autres caractéristiques de Maggya. Lily allait parfois même leur courir après. Jusqu'ici dans une forêt semblable à une forêt continentale d'Univers, les sous-bois se firent soudain plus lumineux. Les plantes émettant de la lumière se firent plus présentes, et l'on croisait même des petit organismes volants qui auraient pu être des fées. Au sol, l'humus qui avait gentiment collé aux bottes de Sylvain depuis le départ fit place à un tapis de mousse qui devait très bien accrocher la rosée le matin. Cette absence de feuilles en décomposition s'expliquait par la majorité d'arbres à feuillage persistant qui caractérisait la Forêt Sylvestre. La présence de la mousse, elle, prouvait que le sol ne possédait qu'une faible épaisseur de terre rapidement remplacée par de la roche : seuls les grands arbres parvenaient à la percer, parfois même grâce à l'aide des elfes, ce qui empêchait en ces lieux la formation d'épais buissons pouvant boucher le passage. En clair, le paysage donnait parfois l'impression d'une prairie uniquement recouverte de hauts arbres, parfois centenaires et même plus...

En approchant d'un petit lac à l'eau cristalline, nos deux voyageurs entendirent soudain des bruits semblables à du métal s'entrechoquant, et une douce odeur sucrée vint flotter dans l'air. Sylvain s'arrêta, cherchant la source de ces signaux. Sans consulter Julia qui était toujours juchée sur son cheval, il s'approcha des berges du lac et le contourna légèrement. Les bruits venaient de derrière un imposant buisson dont les racines étaient en partie plongées dans le lac. De petits betirs virevoltaient autour, s'affairant ici et là. Sylvain s'approcha doucement, Lily en alerte sur son épaule, et écarta délicatement quelques branches, pour voir ce qu'il se passait de l'autre côté. La scène était peu ragoutante : une imposante antatlab se repaissait d'un jeune permeron, émettant des bruits de mastication à en faire frissonner plus d'un. Le cadavre de ce qui semblait être son parent gisait déjà un peu plus loin sur la berge. L'odeur du sang était masquée par l'odeur suave et puissante que dégageait l'abdomen en forme de fleur de cette araignée maggyaine. Aux cotés de cette dernière se trouvait un alentil, bien vivant celui-ci, mais qui fixait la scène d'un regard brumeux. Il observait particulièrement les griffes qui ornaient les pattes de l'antatlab et dont suintait une solution incolore et visqueuse : la substance qui lui permettait de rendre dépendant d'elle les prédateurs et de s'en servir comme simple pion. Malgré l'horreur de la scène, Sylvain n'esquissa pas même un mouvement. Il regardait simplement, fasciné par cet exemple flagrant de chaîne alimentaire de Maggya. Seul les pas légers de Julia qui s'approchait dans son dos lui fit relever la tête : son visage affichait de l'effroi, mais ses yeux étaient vides. Jugeant ses symptômes alarmants, Sylvain se releva rapidement, attirant par là l'attention de l'araignée géante. Mais elle ne pu les attaquer, Lily lui intimant l'ordre silencieux de ne pas bouger, tandis que Sylvain éloignait avec empressement la jeune chevalière en la guidant de ses bras.

Après une longue minute à l'appeler sans réponse claire, il se décida à l'asperger avec l'eau du lac. Au contact du liquide glacé, ses pupilles se réajustèrent immédiatement, fixant désormais Sylvain. Elle toussota, balbutia quelques mots, et sembla enfin retrouver son état normal. Elle finit par réussir à articuler :

- Excusez-moi... C'est à cause de l'antatlab.
- Cette araignée te fait si peur que ça ? Tu ne pourrais pas la battre avec ton épée ?

Effectivement, même si elle avait consentit à abandonner son armure, elle n'avait pu se résoudre à laisser sa précieuse épée qui l'accompagnait partout. Elle fit un signe de tête négatif, et expliqua :

- Non... Je suis incapable de me battre correctement contre cette espèce. J'ai même peur de m'aventurer en dehors des villes seule à cause d'elle. Ah ah...! Je ne pouvais vraiment pas devenir une chevalière comme ça...

Son rire avait prit une tonalité misérable. Sylvain continua de la questionner, essayant de comprendre :

- C'est à cause de l'antatlab en particulier ?
- Oui... Quand j'étais jeune, encore une enfant, j'ai bien faillit me faire avoir par l'une d'elles... On dit qu'une fois rendu dépendant, on ne peux s'en sortir vivant. Mais le chevalier Tristan est intervenu avant que le pire ne se produise. C'est pour ça que j'ai prit la décision de devenir sa forgeronne attribuée ! Pour l'aider en retour.
- Mais ça ne te dérange pas, de ne pas pouvoir devenir chevalière ? Vous êtes formés dès la jeunesse, c'est un peu comme une destinée pour vous non ?


En entendant ces mots, Julia quitta immédiatement son air morose, et tout en se relevant précipitamment, effectua une flamboyante déclaration :

- Pas du tout ! Vous ne pouvez peut-être pas comprendre, mais être un forgeron attitré est un immense honneur ! Il s'agit d'une relation de confiance mutuelle, et c'est de notre travail que dépend la survie de notre chevalier et la préservation de sa réputation ! Quand je pense que certains forgerons sacrifient ce lien sacré pour des pulsions uniquement vénales...!
- Ah, c'est donc pour ça que tu ne voulais qu'être au service de ce fameux Tristan...
- Oui ! Chevalier Tristan est un homme admirable ! Son seigneur, Seigneur Georges, est connu pour ses demandes déraisonnables et parfois à la limite de l'impossible. De nombreux chevaliers ont été découragés à son service. Mais Chevalier Tristan remplit toujours ses devoirs à la perfection, avec honneur et sans se plaindre ! Ce Seigneur Georges en demande toujours trop... Mais Chevalier Tristan est si efficace, qu'il est rapidement devenu un Grand Chevalier !

Sylvain esquissa un sourire devant l'admiration enfantine de la jeune femme. Puis, après quelques instants, il se releva à son tour et alla saisir la bride du cheval laissé sans attache, et l'emmena à Julia :

- Allez, on va s'éloigner un peu et on pourra s'arrêter pour la nuit.

Après être montée en selle, Julia demanda sans grande conviction :

- Vous ne pouvez pas aller aider cet alentil...?

Sylvain fit un signe négatif de la tête, et se mit à avancer tout en tenant encore la bride du cheval. Il finit par se justifier, par des arguments dont Julia avait déjà conscience, mais auxquels elle ne pouvait se résoudre :

- Tu l'as dit toi-même, il ne se remettrai pas d'une brusque séparation de cette substance. Et puis, c'est un cycle normal sur Maggya, je n'ai aucunement le droit d'intervenir. Tant pis pour cet animal, mais il a mal joué son coup en s'attaquant à une antatlab.

Le silence se fit entre les deux compagnons de voyage, et dura jusqu'à ce qu'ils décident de s'arrêter pour la nuit. Julia ressassait de sombres pensées, tandis que Sylvain était retourné à sa contemplation de tout ce qu'il croisait de vivant, plante ou animal. Toutefois sans trop s'éloigner, car il semblait bien décidé à guider le cheval de la forgeronne jusqu'à la fin. Quand enfin, ils firent une halte, ils n'avaient toujours pas croisé le moindre elfe, au grand dam de Sylvain, même s'ils se trouvaient en plein dans leur territoire. Leur influence se faisait pourtant bien sentir : la forêt était magnifique, lumineuse, et la clairière qu'ils avaient choisie pour passer la nuit était littéralement féerique : un fin ruisseau à l'eau cristalline y coulait, des champignons bioluminescents avaient élu domicile sur les troncs des arbres qui délimitaient l'endroit, et les deux voyageurs étaient comme protégés des animaux de la forêt par les branches encore nues aux formes d'arabesques de petits arbustes, semblables à une grille de fer forgée enveloppant toute la clairière. Julia resta plongée dans ses pensées toute la soirée, et Sylvain prit le partit de se comporter comme à son habitude, sans lui accorder d'attention particulière. Il vérifia donc rapidement les alentours tandis que son orile émettait de puissant ordres de dispersion à tous les animaux des environs. Il mangea un repas sommaire, Julia ayant emmené le sien, et se coucha rapidement dans son sac de couchage made in Univers, s'endormant en admirant les lucioles qui voletaient dans la clairière, sa wido contre son cou. Visiblement, Lily n'avait pas vraiment d'autorité sur les insectes.
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Sylvain Charbonnel

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MessageSujet: Re: [RP solo] Expédition sympathique jusqu'à la contrée des nains   Ven 26 Aoû - 11:34

Lorsque Sylvain ouvrit les yeux, il aperçut d'abord le couvert du feuillage faisant onduler la lumière matinale. Puis une odeur alléchante lui fit regarder sur le côté : Julia s'activait déjà au centre de la clairière auprès d'un outils de chaleur emprunt de magie. Sylvain, tout en se relevant difficilement, se dit qu'elle semblait de meilleure humeur que la veille. Peut-être pourront-ils enfin avoir une véritable discussion ? Les cheveux hirsutes et les yeux encore endormis, il s'approcha de ce qui faisait pompeusement office de cuisine. Échangeant quelques salutations avec la chevalière-forgeronne, toujours très formelle, il s'installa par terre, donna sa nourriture à Lily (des fruits en conserve), et saisit son carnet de notes. Il comptait profiter du temps du repas pour noter quelques bases de ce monde, toujours utiles à rappeler à ses lecteurs à chaque début de livre. S'il prenait la peine d'écrire ce qu'il savait déjà par cœur, c'était parce qu'autrement il ne pensait jamais à le rappeler à ses lecteurs quand il rédigeait au propre ses livres, et ils n'étaient pas forcément très informés sur les autres mondes.


Extrait du carnet de bord :

Maggya, saison des bourgeons.

Arrivé sur Maggya la veille. Se dirige vers les Rocheuses, repère des nains, accompagné d'une jeune chevalière qui souhaite améliorer ses compétences de forgeronne. Probable que les nains refusent catégoriquement. On verra bien. Voyage agréable, en pleine saison des bourgeons (semblable au printemps).
Pour rappel, il existe six saisons sur Maggya : saison de la neige (hiver), de la chute (automne), des bourgeons, de la chaleur (été), de la pluie (fortes précipitations constantes), et de l'onde (suit la saison des pluies, très forte influence de la volumineuse lune : se caractérise par des marées si fortes que les inondations sont très fréquentes). Il y a plus de jours en un an sur Maggya que sur Univers.
Nous traversons une partie de la forêt elfique qui borde le Grand Désert menant aux Rocheuses. Allons la quitter dans un jour ou deux. Toujours aucun elfe à l'horizon : ils doivent nous éviter, ils sont assez méfiants avec les étrangers. Paysages superbes, nombreuses sources et arbres aux branches courbes et ondulées, à l'inverse d'Univers. Bioluminescence très répandue dans ce monde, malgré la complexité que cela représente pour un organisme. Peut-être en partie dû à la magie qui règne dans l'atmosphère ? Certains animaux en sont imprégnés (orile par exemple). D'autres totalement dépourvus, comme la grande majorité des animaux qui sont presque identiques à ceux d'Univers. D'ailleurs, toujours très amusant de voir un lapin ou autre petit mammifère normal interagir avec un espèce de singe ailé...
Saison de reproduction des animaux n'est pas au printemps comme sur Univers, mais en saison des pluies ou de l'onde pour que les petits ne naissent pas directement lors des inondations. L'ordre des saisons est : bourgeons - pluies - onde - chaleur - chute - neige. L'apport majeur d'eau juste après le printemps permet de laver les sols et d'apporter les dépôts organiques du fond des fleuves et des mers jusque dans les terres les plus éloignées. Cette pluviométrie importante apporte fertilité et pousse Maggya à s'investir dans les cultures submergées tel le riz et d'autres espèces végétales endémiques. Auparavant dévastatrices, les différentes espèces intelligentes sont maintenant habituées et préparées contre les inondations.
Les territoires sont divisés de façon nette : forêts -> elfes ; plaines et collines -> humains ; montagnes -> nains et semblables (géants, trolls); lacs -> sirènes. Cependant, les différentes espèces intelligentes tolèrent la présence des autres sur des parcelles dédiées, leur permettant de diversifier l'exploitation des ressources pour leur consommation personnelle (par exemple, accès aux bois, minerais et produits aquatiques pour les humains) et d'ainsi augmenter l'autosuffisance des nations, source de stabilité. Cet accord, assez récent, a été difficile à obtenir et possède des conditions très strictes. Les différents peuples gardent cependant l'avantage exclusif de proposer leurs produits régionaux à l'exportation vers d'autres mondes.
L'arrivée de nouveaux savoirs par l'ouverture du monde aux failles a permis d'instaurer une mentalité différente au sein des gouvernements. Les guerres sont devenues rares (ce qui arrange bien les autres mondes), les différentes nations partageant le désir de ne pas menacer leur peuple. Elles sont désormais d'avantage tournées vers les négociations, évitant les tueries, même si les nains sont encore assez belliqueux et les chevaliers très portés sur l'honneur. En y repensant, c'est un véritable miracle qu'aucun des mondes ne soit devenu une simple source de ressources sans aucun pouvoir diplomatique auprès des autres, malgré des niveaux de développement très différents.



Ayant écrit tout cela, Sylvain referma son carnet : l'heure de repartir était largement arrivée. Julia s'apprêtait déjà à remonter en selle. Il se hâta de ranger ses affaires, laissa Lily monter sur ses épaules, et se mit en route. Ayant surmonté son excitation première à la vue de ces plantes et animaux étranges qu'il n'avait pas vu depuis un bout de temps, il s’intéressa enfin à la jeune femme qui l'accompagnait. Réfléchissant aux paroles qu'ils avaient échangées hier, il se décida pour cette question :

- C'était comment la formation de chevalier ? Vous étudiez seulement le combat ou d'autres choses ?

Julia, un peu surprise par cette subite question alors que Sylvain ne lui avait pratiquement rien dit la veille, réfléchit quelques secondes.

- On commence très jeunes, à 6 ans, alors au début c'est surtout des jeux avec des petites épées en bois. Il y a des écoles de chevalerie dans les principales grandes villes, payées par l’État, qui nous forment jusqu'à nos 18 ans. C'est pour ça que nous sommes très soudés dans les écoles. Après, quand on est un peu plus grands, on commence des cours d'éthique, de droit, d'hippologie, de stratégie, de médiation... Et une fois que les instructeurs sont sûrs que nous allons bien respecter les règles de sécurité, ils nous mettent de véritables armes dans les mains. On apprend à se battre bien sûr, mais aussi à prendre soin de son équipement, de sa monture, à survivre en milieu hostile, à gérer un groupe... À la puberté, quand les différences physiques commencent à se faire sentir, les filles et les garçons commencent à avoir des entraînement séparés. Nous nous spécialisons dans l'utilisation d'armes et armures enchantées, tandis que les garçons se concentrent sur la force pure. Je pense que les deux types on chacun leurs avantages et leurs inconvénients... Enfin, ce n'est pas catégorique non plus... Et à 18 ans, nous devons normalement passer un diplôme qui valide nos acquis, suivis éventuellement d'une formation complémentaire pour ceux qui visent des postes particuliers.
- Je vois... dit Sylvain en s'assurant qu'il avait bien tout retenu pour le noter plus tard. Et il y a beaucoup de personnes qui arrêtent la formation en cours de route, comme toi ?
- Un peu... S'ils se trouvent une autre vocation. Mais peu y pensent réellement : nous sommes issus de familles de chevaliers, alors c'est une évidence pour beaucoup, surtout quand la famille en pense de même. C'est pour ça que nous avons même des cours pour apprendre à gérer notre héritage matériel et social.
- Mais du coup, le nombre de familles de chevalier devrait baisser avec le temps non ?
- Pas exactement. Certains enfants d'autres classes sociales qui se découvrent une passion pour la chevalerie peuvent le devenir, en intégrant la même formation que nous. Mais c'est assez rare. Pour l'instant, le nombre de familles reste à peu près constant selon les recensements.
- Ta famille ne t'en a pas voulu de ne pas vouloir devenir chevalière ?
- ... Non, pas vraiment. J'ai un frère aîné qui, lui, officie déjà en tant que chevalier, alors l'honneur de la famille est sauf. Mais c'est plus dur de renoncer pour les enfants uniques, car c'est vraiment la branche de la famille qui s’éteint ainsi...


Sylvain hocha la tête en signe de compréhension, tout en mémorisant le tout. Il n'avait encore jamais vraiment discuté avec un chevalier, alors ces informations étaient nouvelles pour lui. Puis, ne voulant pas rendre l'atmosphère aussi sombre que la veille, il se décida à changer de sujet. Le reste de la journée s'écoula ainsi avec des discussions plus légères et anodines.
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Sylvain Charbonnel

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MessageSujet: Re: [RP solo] Expédition sympathique jusqu'à la contrée des nains   Dim 28 Aoû - 7:45

La journée s'achevait. Les deux compagnons avaient accomplit la majeure partie de leur voyage en sous-bois elfique, et ils comptaient atteindre le désert puis les Rocheuses dès le lendemain matin. Mais avant d'en arriver là, ils devaient d'abord passer par une zone que Sylvain connaissait bien, et dont il appréhendait un peu la traversée. Il n'y avait aucun problème pour lui, mais il ne savait pas comment Julia, jeune chevalière au comportement toujours très carré, prendrait la chose. L'influence du lieu où ils se rendaient commençait déjà à se faire sentir. Bien que le soleil était déclinant, la luminosité se faisait de plus en plus forte, avec pour cause de nombreux insectes luminescents qui virevoltaient en cet endroit. Après encore quelques minutes de marche, Lily se mit à gémir doucement. Avec ses courtes pattes, elle tentait de couvrir son nez tout en restant en équilibre sur le épaules de Sylvain. Ce dernier s'arrêta pour récupérer de quoi soulager son nez dans son sac : ce qui n'était qu'une faible et étrange odeur au jugement des humains était pour la plupart des animaux une senteur déconcertante et surtout très désagréable. Après quelques minutes à retourner dans un grand désordre tout le contenu de son sac sous le regard mi-interrogateur, mi-désapprobateur de Julia, il mit enfin la main sur ce qu'il cherchait : il dégagea d'une "pile" de T-shirts un petit triangle de tissus bleu marine. Bien que l'objet semblait extrêmement rudimentaire, il était en vérité originaire de Technologia et pouvait filtrait tout ce qui était filtrable dans l'air. Y compris ces étranges phéromones qui dérangeaient Lily. Sylvain avait fait cette acquisition juste après le voyage sur Maggya où il avait découvert cet endroit de la forêt elfique, sous la pression des plaintes constantes de son amie à quatre pattes. Souhaitant toujours lui éviter l'inconfort, il se dépêcha de lui nouer le bijou de technologie autour de la tête. La petite orile, qui jusque là s'empêchait de respirer, cligna des yeux et prit une inspiration craintive. Voyant sa gêne totalement dissipée, elle couina de joie et d'enthousiasme et partit courir en cercle dans les sous-bois. Julia, qui ne comprenait toujours pas, finit par demander :

- Il y a une raison particulière pour que cette partie de la forêt ait une odeur désagréable pour votre orile ?
- Hum, oui, c'est à cause d'une plante en fait. Mais tu le découvrira bien assez vite de toi-même je pense... Surtout avec les accessoires que tu portes. L'odeur ne devrais pas te gêner toi non ?

Alors qu'ils continuaient dans une discussion auquel Julia ne comprenait pas tout, comme d'habitude, les insectes et plantes lumineux se firent de plus en plus présents. Bientôt, ils empêchèrent même de correctement voir les alentours. Sylvain rappela Lily, qui avait tendance à un peu trop disparaître dans ce nuage de lumière à son goût. La nuit devait être tombée, mais l'on n'en voyait rien. Le cheval de la jeune forgeronne commença à renâcler pour avancer dans toutes ces lumières qui limitaient la visibilité à moins de deux mètres. Et comme si l'anxiété se transmettait de l'animal à l'homme, Julia commença elle aussi à se sentir mal à l'aise avec tous ces insectes qui virevoltaient à quelques centimètres à peine de son visage. Mais alors qu'elle s'apprêtait à poser la question de leur location à Sylvain, une petite voix retentit juste à côté de son oreille :

- Ouah, mais elles sont géniales tes boucles d'oreilles !

Julia sursauta à l'entente de cette voix qui semblait si proche. Elle tourna les yeux vers l'origine du son, mais ne distingua rien d'autres que ces insectes lumineux qui l'empêchaient de voir correctement. Elle continua à fixer les alentours, sans comprendre. Et au bout de quelques instants, elle finit par discerner un point fixe aux milieux de toutes les lumières qui l'étourdissaient. En plissant les yeux, elle parvint à distinguer une paire d'ailes qui battait frénétiquement. Et ce que ces ailes s'évertuaient à maintenir en l'air, c'était... un minuscule corps d'humaine. Sursautant à nouveau en identifiant la créature si rare, Julia ne put s'empêcher de laisser échapper un petit cri :

- Une fée !?

Le petit être posa les poings contre ses hanches, gonflant ses joues. Et elle répliqua, tout en allant se poser sur la tête de Sylvain sous le regard intéressé (d'un point de vue gastronomique) de Lily :

- Quelle impolitesse ! Sylvain, tu pourrais veiller à m'amener des gens mieux élevés !
- Ah ah ! Désolé ma petite Saria !
- Bon, si c'est toi, je te pardonne. Mais c'est bien parce qu'elle a sur elle de belles pièces !


Tout en disant cela, elle posa des yeux pleins d'avidités sur les bijoux de Julia, passant sa minuscule langue sur ses lèvres. L'objet de toute cette attention frissonna, ne comprenant rien aux intentions de la nouvelle venue. Sylvain, lui, était parfaitement informé sur la situation : il avait rencontré la fée déjà trois ans auparavant, et ils s'étaient liés à cette occasion d'une certaine amitié. Depuis, il lui rendait visite de temps en temps, quand il en avait l'occasion, lui apportant parfois de petits objets forgés qu'il trouvait dans d'autres mondes. Car en effet, cette résidente de la Forêt Sylvestre avait un faible pour tous les objets en métal finement ciselés. Les fées appréciaient généralement la délicatesse de l'art, et certaines avaient donc goût pour les produit de la forge. Mais, de toutes les fées que Sylvain connaissait (bien qu'il n'y en avait pas tant que ça), Saria était de loin la plus admirative pour ces objets. Cela tournait même souvent à l'obsession. Prenant en pitié la jeune chevalière, Sylvain s'empressa de l'informer sur la nouvelle venue. Reprenant un peu son calme, elle paraissait tout de même encore surprise :

- Je n'avais jamais vu de fée de toute ma vie... Ce sont des êtres très rares parmi les humains !
- Prépare-toi à en croiser plusieurs ici, il y a un koona pas loin. C'est une véritable colonie !
- Hey ! Une colonie ? Ne nous traite pas comme des insectes tu veux ?
- Un koona ? Qu'est-ce que c'est ?
- Allons, tu viens de ce monde et tu ne sais même pas ce que c'est ? C'est un immense arbre qui pousse uniquement en Forêt Sylvestre et dont le tronc est doté de nombreuses cavités. Une fois un peu aménagé, ça devient un lieu de vie idéal pour les groupes de fées. En plus, les fleurs sont persistantes toute l'année et éloignent la plupart des autres animaux par leur odeur. C'est pour ça que j'ai dû mettre un masque à Lily un peu plus tôt.
- Je vois... C'est vrai que nous en savons peu sur la Forêt Sylvestre...
- Bon, on s'en fiche un peu de ça, on peut revenir au sujet principal ? Parlons un peu de ces MA-GNI-FIQUES boucles d'oreilles...


Tout en disant cela, Saria s'envola vers Julia, provoquant un petit couinement déçu de Lily, et alla virevolter autour des oreilles de la forgeronne. Elle fit osciller un des pendants de sa petite main, les joues rouges de passion, et sembla soudain remarquer l'objet qui retenait les cheveux de Julia :

- Ouah ! Cette broche est tout aussi bien ! Où les as-tu eu ?
- À vrai dire, c'est moi qui les ai fait...
- C'est vrai ? Je n'aurai pas cru, toi qui disait que tes créations étaient tout juste moyennes.
- Je me débrouille pour les accessoires décoratifs. Mais c'est un style un peu trop efféminé pour Chevalier Tristan vous ne croyez pas...? Il faut que je m'entraîne à forger autrement.
- Non, non, reste comme ça, c'est juste parfait !


Saria s'était mise à rire béatement en caressant la boucle d'oreille. Le malaise grandissant en Julia, elle s'écarta brusquement et tenta de changer le sujet de la discussion :

- B-bref, est-ce que nous allons dormir près de l'arbre de ces fées ce soir ?
- Huum... Ça risque de ne pas vraiment le faire... Les autres ne vont pas apprécier...
- Ah...?
- Ne t'inquiètes pas, je comptais camper dans une clairière à quelques mètres du koona.
- Ton tact est bien l'une de tes seules qualités... Mais Julia, ma parole, tu ne connais rien à ton monde ou quoi ? Les fées évitent presque toujours la présence des Grandes Gens ! Vous êtes bien trop brutaux pour notre petite taille, et puis la plupart craignent encore de se faire capturer pour jouer les animaux de compagnie...
- Les animaux de compagnie...! Mais c'est ignoble ! Et vous pensez vraiment Sylvain capable de faire ça !?
- Moi, non, mais bon...
- Laisse, Julia. C'est dans leurs traditions, et je ne vais pas demander à Saria de se compromettre auprès de tout son groupe juste pour m'accorder le droit de dormir au pied de leur village.
- Cela ne vous dérange pas d'être soupçonné comme ça ?
- Ah ah ! On y peut pas grand chose sur ce coup-là. J'ai déjà la confiance de Saria et de quelques autres fées de différents koonas, ça me suffit pour le moment. Je reviendrais réformer toutes leurs coutumes une autres fois.
- J'ai hâte de voir ça ! Tu t'occuperas d'abord de notre koona ok ?


La petite fée resta avec les deux voyageurs tandis qu'ils installaient leur campement, en discutant et jouant avec la jeune orile qui semblait très intéressée par elle. Saria ne partit que très tard pour retourner dormir à son village. Et dès le lendemain matin, elle était là pour assister à leur départ. Lorsqu'elle apprit la destination finale de leur voyage, elle redoubla d'excitation :

- Quoi !? Vous allez chez les nains ? Et pour leur parler de forge en plus ? La chance...!
- Voulez-vous venir avec nous Dame Saria ?
- Ah, j'aimerais tellement... Mais il vaut mieux que je ne m'éloigne pas trop de mon koona... Les autres vont encore se poser plein de questions sinon, et puis c'est quand même assez dangereux les Rocheuses.
- C'est sûr. Ils n'aiment pas trop que tu ailles montrer aux autres que des fées vivent dans le coin. Mais ne t'inquiète pas, je te ramènerai un souvenir de chez les nains.
- ...Ouais, t'as intérêt mon gars !
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Sylvain Charbonnel

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MessageSujet: Re: [RP solo] Expédition sympathique jusqu'à la contrée des nains   Mar 30 Aoû - 15:53

- Au final, nous n'avons pas croisé un seul elfe...

C'est en soupirant que Sylvain était arrivé à cette conclusion alors que les deux voyageurs venaient de quitter la Forêt Sylvestre, quelques heures à peine après avoir quitté Saria. Il ne leur restait plus qu'un petit bras du Grand Désert à traverser pour atteindre les Rocheuses. Le sol avait progressivement perdu sa mousse, les arbres étaient devenus de plus en plus bas, et ils venaient tout juste de fouler de leurs pieds les premiers grains de sables. Sauf que, contrairement à la plupart du temps sur Univers, il n'y avait pas la mer à quelques mètres de là. Juste du sable. Julia, qui avait mit pied à terre pour ménager sa monture, sembla étonnée elle aussi :

- C'est vrai, j'étais persuadée qu'ils nous empêcheraient de passer par la forêt...
- Tu ne me faisais pas confiance pour le trajet en fait...? Enfin, ce n'est pas si surprenant : nous ne sommes passés que sur le bord de leur territoire, et puis on voit bien à notre équipement que nous ne sommes que des voyageurs de passage. Ils ont sûrement dut nous repérer, et ont décidé de nous tolérer. Ça fait plusieurs fois que je viens dans la Forêt Sylvestre, mais pas en plein centre, alors je n'y ai encore jamais vu d'elfe...
- Je vois... C'est dommage.
- Vraiment oui. Tu ne sais pas à quel point les oreilles pointues font rêver des gens sur Univers... Si seulement il y avait des personnes-chat ici... Je vais devoir aller sur Uchuu pour voir tout ça.
- A-ah, je... ne savais pas.


Julia se tût, se disant que les gens sur Univers avaient des idées bizarres... Le silence se fût quelques temps, laissant les deux humains philosopher intérieurement sur deux sujets bien différents. Lily soupira, ennuyée par ce manque d'activité, et contempla à la place le paysage bien monotone : derrière, la silhouette des arbres s'éloignant, et pour tout le reste, du sable à perte de vue, dont la monotonie était uniquement brisée par quelques rochers et arbres morts. Surtout à gauche, où le désert semblait pouvoir s'étendre à l'infinie... Heureusement, il ne faisait pas trop chaud dans ce passage, l'influence de la forêt et de ses nombreux points d'eaux se faisant encore sentir. De plus, d'après les cartes, il y avait un fleuve coulant plus à droite de leur position actuelle, qui délimitait la fin de ce bras de désert. L'air restait donc respirable, pas comme en plein centre de cet enfer de sable. Alors que Lily allait se traîner jusque sur le dos du cheval qui accompagnait son maître depuis quelques jours déjà, les pattes molles d'ennui et de chaleur, Sylvain s'exclama soudain :

- Ah !

Il leva le bras, et désigna du bout du doigt un point au loin. Comme un seul homme, Lily et Julia tournèrent leur regard vers la main de l'écrivain, puis vers le point qu'il désignait : au loin, on apercevait les pointes des Rocheuses. Les différents pics formaient comme une multitude de rangées de dents acérées, semblables à celles de requins. Comme à certains endroits sur Univers, la roche de tout le massif était colorée d'un rouge profond. Utilisée comme matériel de construction, elle avait cependant une très faible fertilité, ce qui était une des raisons pour laquelle les nains avaient accepté, à contre-cœur, le traité inter-races de prêt des terres. Les deux voyageurs pressèrent le pas, et une heure plus tard, ils atteignirent le pied des montagnes. Quelques bâtiments circulaires semblables à des tentes étaient construits autour d'un début de sentier, qui allait ensuite s'enfoncer dans les Rocheuses, escaladant la pente de façon assez hasardeuse. Une petite cascade dégringolait des hauteurs pour aller former un petit étang au centre du village, à l'eau bien plus trouble qu'en forêt elfique. Mais plus que d'un village, il s'agissait plutôt de boutiques proposant le matériel et les services adéquats pour les rares fous qui voulaient tenter l'aventure. Ces commerces n'étaient ouverts que de temps en temps, donnant au lieu des allures fantomatiques le reste du temps. Il ne fallait pas oublier que cet endroit était encerclé par un immense désert où presque rien ne pouvait survivre. Cependant, Sylvain n'avait pas l'intention de s'attarder ici. Il demanda juste :

- Ça va aller pour ton cheval ? Le sentier est très escarpé jusque chez les nains. On peut le laisser à une écurie sinon, il y en a une de prévue pour ça ici.
- ... Je pense que ça ira, si je ne monte pas sur son dos. C'est une excellente monture. Plus important, vous connaissez le chemin jusqu'à la cité souterraine ?
- Huum... Non, pas du tout en fait. Mais on trouvera bien, il y aura sûrement quelques pancartes.

- Hein ? Est... Est-ce que ça va aller ?

Sylvain se contenta d'un hochement de tête, et s'engagea sur le sentier montagneux. La chevalière soupira, mais n'avait guère d'autre choix que de le suivre. Le trajet se révéla rapidement beaucoup plus éprouvant qu'auparavant : le soleil tapait directement sur cette face du massif, et la pente montait raide. Rapidement, les deux compagnons envisagèrent de faire une halte dès le premier cours d'eau qu'ils croiseraient. Déjà, on pouvait entendre le son de l'un d'eux au loin. Mais alors qu'ils se dirigeaient vers le lieu de leur salut, ils entendirent soudain des bruits de pas lourds venant de quelques mètres en contrebas. La présence d'un bipède dans ce royaume de roche fût assez exceptionnelle pour détourner Sylvain de sa course vers le repos. Doucement, il s'approcha de la petite falaise d'où semblait provenir le son, suivit de près par Julia. Lorsqu'il aperçut les créatures qui se déplaçaient de façon si bruyante, il s'empressa de reculer pour qu'elles ne l'aperçoivent pas. Au fond de la cavité se trouvait un groupe de cinq trolls qui déambulaient en se balançant d'un pied sur l'autre. Il s'agissait de véritables colosses, hauts de deux à trois mètres, et dont on se demandait s'ils ne naissaient pas le corps déjà sculpté par de volumineux muscles ; jamais on avait encore témoigné d'un troll maigrichon. Fidèles à leurs traditions, ils étaient uniquement vêtus de pagnes fabriqués à partir de ce que l'on trouvait dans la région, c'est à dire pas grand chose, et portaient chacun une impressionnante arme taillée dans la pierre, à défaut de bois. Il était difficile d'imaginer d'aussi grands organismes survivre uniquement en s'alimentant des petites créatures et rares plantes que l'on trouvait ici. C'était d'ailleurs pourquoi la théorie selon laquelle certains trolls se nourrissaient de de roches n'avait pas encore été démentie. Julia les aperçut elle aussi, et demanda innocemment à Sylvain :

- On ne pourrait pas leur demander notre chemin ?
- Je... préférerai éviter, ils ont une sacré tendance à devenir violent, même si ce sont des formes de vies intelligentes officiellement...
- Si ils le deviennent vraiment, vous ne pouvez pas demander à Lily de les tenir à distance ?
- Elle n'a d'influence que sur les animaux, ou sur les espèces qui ont un lien direct avec eux, comme les sirènes...
- Vraiment ? Ils doivent bien descendre d'animaux pourtant, tout comme nous descendons des primates...
- ...Je suis surpris que l'on connaisse l'origine des êtres humains sur Maggya...
- Il ne faut pas se fier à notre architecture rudimentaire pour évoluer notre niveau de développement, elle n'est pas d'avantage perfectionnée uniquement parce que nous avons accès à la magie pour faire ce que vous, vous faites avec ce que vous appelez la "technologie". En matière de connaissances théoriques, nous n'avons rien à envier à Univers ! Nous avons même dû fouiller d'avantage pour avancer dans nos recherches, car il semble qu'il y ait beaucoup moins de fossiles sur Maggya que sur Univers.
- Ah bon ? Peut-être à cause de la composition de vos sols...
- Ç-Ça, je ne peux pas vous dire, je n'en sais pas d'avantage...


Alors que les deux compères étaient en pleine discussion sur les savoirs de leurs mondes respectifs, désormais sans faire attention à leur entourage, un des trolls leva le nez au ciel, l'oreille tournée vers la source de bruit, et fixa son regard sur les deux humains campés en haut de SA falaise comme si de rien n'était. Mais c'est pas vrai ça, à peine quittait-il son territoire des yeux quelques secondes que des moucherons venaient y virevolter en toute impunité. Dire qu'il avait promis à sa femme de moins se battre pour ne pas abîmer son pagne si durement assemblé... Faisant rapidement le deuil de cette promesse au quelle il n'avait jamais cru, il émit un grognement pour attirer l'attention des membres de son groupe. Puis, bombant son torse pour paraître le plus imposant possible, il fixa les deux imposteurs (qui ne l'avaient toujours pas remarqué) d'un œil méchant et poussa un rugissement qui fit vibrer sa cage thoracique de par sa force, et avec elle les parois rocheuses des alentours. Par la même occasion, il provoqua les soupirs d'admiration des membres de son escouade, qui eux n'étaient pas encore des guerriers accomplis. Enfin, les ennemis interrompirent leur discussion, et tournèrent la tête vers lui, les yeux remplis d'effroi. Le grand animal à quatre pattes qui les accompagnait s'enfuit même après s'être cabré dans un long hennissement. Le troll poussa un soupir de satisfaction, les mains sur les hanches et la sensation du devoir accomplit. Heureusement pour sa femme, il n'avait pas eu à se battre.
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MessageSujet: Re: [RP solo] Expédition sympathique jusqu'à la contrée des nains   Ven 21 Oct - 11:10

Lorsque Julia parvint enfin à rattraper sa monture en fuite, elle se trouvait déjà à plusieurs centaines de mètres de l'endroit d'où les avait fait fuir le troll. Sylvain arriva un instant plus tard, et s'effondra immédiatement au sol. Sa poitrine se soulevait frénétiquement pour tenter de récupérer un peu d'air. Tout ça n'était plus de son âge... Les deux voyageurs s'étaient enfuis plus vite qu'ils ne l'avaient jamais fait, qui plus est sur des chemins semblables à des  parcours d'escalade emplis de cailloux qui ne demandaient qu'à vous faire déraper. Le rugissement de ce troll était plus qu'effrayant : le cheval de Julia en tremblait encore, les pupilles réduites et le poitrail poisseux de sueur. Il faillit même écraser Sylvain alors qu'il piaffait nerveusement. Mais ce dernier n'en vit rien, trop occupé qu'il était à convaincre ses poumons de rester bien sagement à l'intérieur de son corps, imité de Julia qui était elle aussi venue s'écraser sur le sol à côté de lui. Au bout de quelques minutes, Sylvain parvint à récupérer assez de forces pour se relever péniblement et aller boire au cours d'eau qu'ils avaient atteint dans leur course folle. Lily y barbotait déjà, insensible à la douleur de son maître. L'aventurier laissa plonger sa tête dans l'eau relativement claire, avec la nette impression que tous les vaisseaux sanguins de son visage s'étaient transformés en centrales thermiques miniatures.  Finalement, au bout d'un petit quart d'heure, tout le monde s'était à peu près remis d'aplomb et était prêt à repartir. Les deux humains s'étaient même équipés contre la chaleur, bien involontairement, car il avait fallut permettre au cheval de récupérer du coup de chaud que lui avait causé sa course dans les montagnes, et donc l’accompagner dans l'eau jusqu'à au-dessus des genoux. Alors qu'ils se remettaient en route, une question leur vint à l'esprit : où se trouvaient-ils, exactement ? Ils ne pouvaient pas nier l'évidence : les dernières péripéties leur avaient fait perdre le peu de repères qu'ils avaient jusque là. Les deux voyageurs regardèrent autour d'eux, décontenancés. De là où ils se trouvaient, on apercevait plus le village au pied de la montagne, et encore moins l'entrée de la citée des nains. Tout n'était que roche rouge à perte de vue. Le monde était devenu parfaitement bicolore, partagé entre le bleu du ciel et le rouge de la roche. Cela donnait presque le tournis. Et aucun animal dans les environs qui aurait pu leur permettre de s'orienter grâce à Lily.

Fort heureusement, et ce parce que cela arrangeait et les personnages, et le rédacteur, ils entendirent bientôt une sorte de chanson, signe indéniable de civilisation. Se précipitant à nouveau sur cet espoir bienvenu, mais cette fois-ci à plus petites foulées, les deux humains allèrent se cacher derrière un assemblement de rochers pour observer la scène. À leur grand bonheur, ce ne fut pas un groupe de troll qui s'offrit à leur vision, mais plutôt des individus plus petits. Une petite dizaine de nains marchait en procession, chantonnant une musique aux tonalités légères, sans doute dans le but de se donner la force de pousser les immenses chariots emplis de métaux tout juste minés qu'ils transportaient avec eux. Sylvain avait rarement aperçut des nains, et Julia encore moins.  Ils n'étaient pas non plus minuscules, mais aucun des sept nains ne dépassaient le mètre 10. Tous portaient une longe barbe aux poils étonnamment lisses, qui ondulait au rythme de leur marche rapide. C'était une chance inespérée de trouver le chemin jusqu'à la Citée des Nains, ces individus semblant sur le retour. Mais la mauvaise aventure qu'avaient eue les deux aventuriers avec les trolls les poussait à la prudence. Julia chuchota :

- Nous devrions peut-être juste les suivre... à distance.

Sylvain approuva vivement de la tête. Retrouver leur chemin lui semblait trop important pour qu'ils se décident à prendre de nouveaux risques. Une fois la Citée des Nains en vue, et seulement à partir de ce moment-là, ils pourraient tenter une nouvelle approche avec les habitants des Rocheuses. L'heure qui suivit fût donc exclusivement constituée d'une course poursuite derrière les sept nains qui, malgré leurs courtes jambes, marchaient bien vites. Julia n'en revenait pas qu'ils ne les repèrent pas, avec le bruit des fers de son cheval qui frappaient contre le sol rocheux du massif. Peut-être les nains avaient-ils une mauvaise ouïe ? Le paysage sembla rester identique tout le long du trajet, si bien que la chevalière en vint également à se demander comment le groupe qu'ils suivaient faisait pour se repérer. On aurait dit les pigeons voyageurs que les Seigneurs utilisaient  pour communiquer entre eux en cas d'urgence. Enfin, après une dernière pente gravie en se cachant de renfoncements en renfoncements, les deux voyageurs arrivèrent sur une sorte de vaste plateau rocheux. À leur droite se trouvait une paroi rocheuse, abrupte, qui continuait de s'élever vers le ciel sur encore des dizaines et des dizaines de mètres. À environs 15 mètres plus haut, une source d'eau claire jaillissait de la roche sans préavis. Le flot transparent plongeait dans le vide, heurtant parfois des rochers, pour finalement atteindre en plein centre la preuve flagrante de la présence de la civilisation dans ces montagnes : une immense arche donnant sur l'intérieure du pic rocheux, bien trop grande pour la taille des êtres qui le traversaient ; il s'agissait de la majestueuse entrée principale de la Citée des Nains. L'édifice, bien que haut de 5 mètres, était intégralement sculpté de bas-reliefs qui illustraient la grandeur du peuple des nains et leurs différents exploits. Pour exemple, leur victoire lors de la guerre contre les humains y était clairement représentée. L’œuvre avait été creusée à même la roche, mais avait été polie avec tant de soin que la roche était devenue extrêmement lisse et brillante. L'ensemble, totalement monochrome, dégageait une véritable impression de puissance. À cette heure-ci de la journée, presque tout le plateau rocheux qui donnait sur l'entrée de la citée était plongé dans son ombre fraîche.

Détournant les yeux du géant de pierre, Sylvain observa la vaste étendue plane qui s'élançait à sa gauche. Juste au pied de l'arche, là où dégringolait l'eau après avoir heurté son sommet, s'était creusé dans la roche une cavité, créant un petit point d'eau. La roche qui l'entourait avait été creusée par intervalle pour former des reliefs de pierre, sans doute pour éviter les éventuelles glissades intempestives. De l'extrémité gauche du bassin partait une rigole d'eau qui allait doucement alimenter différents endroits du plateau : sur presque toute sa surface, des rectangles d'environs 2 mètres carrés avaient été creusés. En leurs centres avait à chaque fois été accumulé un ou deux monticules de terres où poussait une plante semblable à de l'houblon d'Univers. C'était ces lieux de cultures qui étaient entourés de toute part par un canal d'eau. L'élément aqueux faisait ainsi le tour de toutes les fausses, se teintant au fur et à mesure de la couleur de la terre, avant de finalement atteindre un large arbre à l'extrême droite du plateau. Puis l'eau disparaissait dans la roche avant de réapparaître quelques mètres plus loin, perçant une falaise et dévalant la montagne jusqu'à des dizaines de mètres plus bas. Là où des nains étaient susceptibles de vouloir traverser les minuscules canaux, des plaques métalliques avaient été installées pour servir de pont de fortune. Divers sentiers partaient du plateau pour aller s'enfoncer dans les montagnes environnantes, sans doute en direction de mines. Justement, les nains que les deux voyageurs avaient suivis jusqu'ici s’apprêtaient à emmener le fruit de leur travail journalier dans les sous-sols. Ils avaient franchit la distance qui les séparait de l'arche, poussant toujours leur lourds chariots. Une fois l'édifice franchit, le large chemin tournait vers la droite, laissant Sylvain apercevoir, depuis sa cachette, le vide qui s'ouvrait sur l'immense cavité que formait la Cité. Les sept nains s'engagèrent sur le chemin, et installèrent leurs chariots sur les railles qui occupaient une partie de la voie. Elles servaient sûrement à faciliter la descente et remontée de produits depuis les profondeurs. Mais très vite, le petit convoie tourna vers la droite, et Sylvain les perdit de vue.

Son désir d'observation comblé, l'aventurier se pencha sur le problème des événements à venir : comment allaient-ils entrer dans la Citée ? Il lui semblait bien que la meilleure solution était de se faire passer pour de simples touristes rentrant d'une ballade dans les montagnes, pour au moins pouvoir pénétrer dans les souterrains avant d'aborder le délicat sujet de l'apprentissage de Julia. Ça, par contre, il n'avait aucune idée de comment il allait s'en occuper... Le problème, encore un, était que pour prouver leur statut de voyageur spatio-temporel et ainsi pouvoir accéder à la ville sans éveiller aucun soupçon, il leur allait sûrement falloir présenter un passeport de l'URVST. Sylvain doutait franchement que Julia en possède un, et qu'en plus elle l'ai sur elle. Mais, contre toute attente, cette dernière apporta elle-même la solution au problème :

- Ce ne serait pas mieux de se faire passer pour des touristes de retour à la Citée ? Je ne pense pas que cela poserait le moindre problème.
- … Mais il te faudrait un passeport pour ça...
- Oui, bien sûr, j'en ai un sur moi.


La chevalière avait répondu sans aucune hésitation, avec une telle assurance, qui laissa Sylvain sans voix. Il l'interrogea du regard, ne s'attendant pas à ce que les choses se passent aussi bien.

- Tous les chevaliers ont un passeport en date. Tout d'abord parce que nous avons tous effectué une partie de notre formation sur un autre monde, et je n'y ai pas échappé : nous devons découvrir d'autres cultures pour être prêts à intervenir n'importe où, et en adéquations avec les moyens et les règles de chaque monde. Maggya peut ainsi nous envoyer en renfort si jamais un membre de l'alliance de l'UR a besoin d'aide. Et puis, justement, l'URVST aime bien connaître l'effectif des chevaliers en fonction, c'est pour ça qu'il insiste pour que nous ayons des passeports.

Mais même sous cette belle formulation, ne put s'empêcher de penser Sylvain, il était évident que Maggya entretenait ses forces militaires au cas où l'entente relative entre les différents mondes cesserait. Après tout, c'était logique, et l'aventurier n'y porta pas d'avantage d'attention. Il avait obtenu la solution qu'il lui fallait, et ils allaient enfin pouvoir découvrir l'intérieur de cette mystérieuse Citée des Nains....

- Bon, et bien, allons-y ! déclara-t-il en s'avançant résolument vers l'immense arche de pierre.
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MessageSujet: Re: [RP solo] Expédition sympathique jusqu'à la contrée des nains   Ven 13 Jan - 19:21

Le nain auquel ils allaient devoir avoir affaire les accueillit d'un regard ennuyé, appuyé sur le manche de sa hache. Si Sylvain arborait un air tout aussi posé, il était en vérité en proie à une angoisse largement justifiée par l'imposante lame que le sentinelle ne retenait que négligemment. Priant pour qu'il ne se souvienne pas du visage de tous les touristes qui logeaient à la Cité, Sylvain lui lança le plus amicalement possible :

- Bonjour ! Ma femme et moi (à ces mots, Julia sursautta) rentrons tout juste d'une randonnée dans les montagnes -superbes, comme nous avait dit l'aubergiste- Est ce que vous pourriez nous indiquer une taverne de qualité où nous pourrions nous délasser de cette longue marche ?

S'en suivit un long moment de flottement pendant lequel le garde pris un instant pour réfléchir à la question, un autre pour s'interroger sur l'aspect débraillé de ses 2 interlocuteurs et un dernier pour froncer les sourcils, pensant très certainement qu'ils ne devaient pas être très futés pour demander l'emplacement d'une taverne à la Cité des Nains, sachant qu'il y en avait partout et qu'ils étaient extrêmement visibles. Mais il balaya ses soupçons en se disant que ce n'était pas de la faute de ces pauvres humains s'ils n'étaient pas aussi intelligents que les nains. Avant d'accéder à la requête, il se redressa un peu et demanda d'une voix monocorde :

- Passeport...?

À ces mots, Julia et Sylvain dégainèrent leurs document respectifs, sourire professionnel au lèvres. Le nain soupira et leur indiqua en pointant l'entré de la Citée de Nains :

- Vous devriez aller au Houblon d'Or, ce n'est pas si loin et ils accueillent bien les touristes. Le chemin est bien indiqué, c'est dans le centre des hauteurs de la ville, une grande tour qui sert aussi d'auberge.
- Merci bien, bonne journée à vous !

Sur ce, il tendit le bras à Julia, lui faisant signe de s'y accrocher. Autant être le plus crédible possible. Elle finit par comprendre les intentions de son compagnon, mais hésita encore une seconde, pendant lesquelles Sylvain sentit de petites griffes s'enfoncer dans son épaule et un regard lourd de reproches se poser sur lui. Évitant de réagir de quelque façon que ce soit, l'aventurier se dit que l'affection de la wido avait quand même ses inconvénients... Finalement, la jeune femme se décida, et les deux compagnons franchirent l'immense arche de pierre. La lumière du soleil se changea rapidement en un éclairage tremblotant, néanmoins largement suffisant grâce aux innombrables torches éternelles qui s'élançaient le long des parois rocheuses. De larges ouvertures étaient aussi pratiquées dans la roche, vers le sommet de l'immense cavité qu'était la Cité des Nains, mais l'ombre de massifs rocheux encore plus grandioses les plongeait, à cette heure-ci, dans une fraîche obscurité. Sylvain s'arrêta, et Julia se dégagea de son bras. Voyant cela, Lily se tranquillisa et retomba dans sa somnolence habituelle.

- Tout de même, ce garde n'était pas très malin... Il avait pourtant une bonne dizaine de raisons de nous soupçonner...

Julia approuva, jetant un coup d’œil au gardien qui s'était de nouveau affalé sur sa hache :

- Oui, que ce soit la présence du cheval alors que nous prétendions revenir d'une simple randonnée, celle de l'étrange être qu'est Lily, mon épée, mon costume qui provient clairement de ce monde où même ma nationalité qui était inscrite sur mon passeport... Je n'en reviens pas que l'on ai pu entrer aussi facilement...
- En soit, ça montre qu'ils ont une grande confiance en leur contrôle de ce qui se passe à l'intérieur de la Citée... Ce n'est pas toutes les nations qui peuvent se permettre de faire rentrer presque n'importe qui chez eux!

Laissant de côté ces réflexions, Sylvain se concentra sur ce qui avait vraiment de l'importance : l'aspect de cette Citée sujette de tant de rumeurs. Bien qu'il avait une nette préférence pour tout ce qui touchait à la biologie et au vivant, il ne dépréciait pas de découvrir de nouvelles villes, toujours très différentes de son petit village natal. Et avec la Citée des Nains, il n'allait pas être déçu : ce peuple semblait particulièrement apprécier exposer leurs connaissances et leurs techniques, l'impact sur la citadelle en était bien visible. Un peu à la manière de Fort Ardent, elle était organisée sur plusieurs niveaux : d'immenses tours constellées de lumières s'élevaient jusqu'au plafond de roche, servant tout autant de bâtiments que de piliers de soutien de la cavité, et elles étaient reliées entre elles à différentes hauteurs. De ce que Sylvain savait, il devait y avoir, en dessous de ces hauteurs où vivaient les Nains, une sorte de sous-sol où s'écoulait de la lave, éclairant et alimentant les ateliers bouillonnants d'activité qui faisaient la fierté de la Cité. Des échos de chocs métalliques se propageaient depuis les profondeurs, se répercutant sur les parois de l'incommensurable antre des Nains, qui devait bien mesurer plus d'un kilomètre de diamètre. Sylvain se demandait bien combien de dizaines d'années son minage avait pris. S'était-elle en partie formée naturellement, par l'érosion hydraulique ? Et qu'avaient fait les Nains de la quantité astronomique de roche qu'ils avaient déblayée ?  Les travaux devaient être très complexes à gérer car une fois la roche minée, pas de retour en arrière possible... Et toutes les tours ainsi que les passerelles semblaient avoir été taillées d'un seul bloc.

Sylvain continua ainsi cette alternance d'observations et de réflexions pendant plusieurs minutes, avant que Julia ne se décide à l'appeler puis à finalement le tirer par le bras pour l'inciter à avancer. Sylvain s'arracha à regret de sa contemplation : il y avait encore tant de choses qu'il aurait aimé détailler ! Les deux comparses descendirent enfin la large voie reliant l'entrée principale à une grande place plane, au milieu de laquelle trônait une imposante statue, faite dans une roche d'un blanc laiteux. L'art nain étant d'habitude tourné vers l'expression des exploits de la race et de ses symboles de gloire et de courage, c'est avec surprise que Sylvain accueillit l'impression de douceur que lui procurait cette œuvre. Elle représentait le buste d'une jeune femme à la physionomie bien différente de celle d'une Naine, bien plus élancée. Ses longs cheveux ondulés retombaient délicatement sur ses épaules, les entourant et recouvrant son torse. L'impression de légèreté qui se dégageait de la sculpture était un véritable défi envers sa taille, dans les 3 mètres, et sa matière. La jeune femme semblait attirer toute la lumière de la caverne à elle, ses yeux sans pupilles dirigés vers la principale ouverture rocheuse, dans une désignation muette du ciel infini.

- Tu sais qui cette statue représente...? demanda Sylvain, fasciné par tant de délicatesse au milieu de cette roche rouge et sombre qui constituait la majorité du massif.
- Non, mais j'aimerais vraiment le savoir... Je ne suspectait pas les Nains d'avoir un tel objet dans leur Citée. Julia semblait aussi admiratrice que l'aventurier.

Ils restèrent un long moment à contempler la statue dans ses moindres détails, jusqu'à ce que Lily et le cheval de la chevalière manifestent leur ennuie dans une alliance spontanée. Julia se racla la gorge, considéra ses environs un instant, et demanda :

- Eh... Qu'allons nous faire désormais ?

Sylvain la regarda d'un air tout aussi embarrassé qu'elle et lui avoua en se passant la main sur la nuque :

- Ah vrai dire... Je ne sais pas vraiment. Je voyais un peu près comment entrer dans la Citée, mais une fois cela fait, je ne sais pas vraiment comment on pourrait faire pour trouver ce que tu cherches...

Julia se mordit la lèvre, se reprochant de ne pas avoir réfléchit à la marche à suivre une fois dans la Citée. Son impulsivité était parfois du côté de ses faiblesses et non de ses qualités... Principalement pour ne pas rester ici à ne rien faire, elle proposa :

- On pourrait se rendre à la taverne que nous a conseillé le garde... Elle réfléchit quelques secondes et ajouta : On apprendra peut-être quelque chose qui nous ferra avancer.

Sylvain acquiesça : il n'y avait guère que ça à faire et ils avaient tous besoin de beaucoup de repos. Il repéra donc la pancarte la plus proche : ces dernières étaient petites et sobres, sans doute pour ne pas trop gâcher le paysage à cause de ces « maudits touristes », mais rendaient l'orientation difficile. Après quelques instants, ils finirent par repérer la direction à suivre, et se lancèrent dans la dernière ligne droite vers un bon lit douillet.
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Sylvain Charbonnel

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MessageSujet: Re: [RP solo] Expédition sympathique jusqu'à la contrée des nains   Jeu 23 Fév - 9:41

Une raie de lumière blanche vint heurter les paupières de Sylvain. Fronçant les sourcils, encore endormi à plus de 90%, il grogna quelque chose d'inintelligible et se retourna dans un geste défensif. Il s'écoula encore plusieurs minutes avant que le terrien ne se décide qu'il était l'heure de se lever. Il ouvra les yeux à contrecœur et se redressa dans son imposant lit de l'auberge du Houblon d'or, aux draps un peu âpres mais frais : un véritable bonheur pour un aventurier ayant un peu trop vagabondé. Sylvain promena un regard hagard sur la pièce. Le soleil, responsable de son réveil, provenait d'une petite fenêtre creusée dans le mur courbe de sa chambre. Au vue de la lumière qui la traversait, il devait déjà être assez tard. Le reste de la pièce assez réduite était occupé par l'immense lit sur lequel il avait passé la nuit et quelques autres meubles rustiques : une commode, une petite table permettant l'écriture et une chaise basse dont on ne savait pas trop si elle était destinée aux nains ou aux hommes. Tout cela était constitué d'une étrange association de pierre et de bois, matière si convoitée dans les Rocheuses. Tout ce qui n'avait pas besoin d'être manipulé régulièrement était en pierre : l'armature de la commode, les montants du lit et les pieds de la table... Le reste était sculpté dans un  bois sombre, libéré de toute matière superflue.

Sylvain reporta son attention sur son lit : Lily y somnolait encore, la queue ramenée entre ses pattes, contre son museau, véritable boule de poils. Le mouvement régulier de sa respiration faisait onduler sa fourrure bleutée. Amusé, l'aventurier se pencha vers elle pour lui grattouiller le front de son doigt. La wido tressauta et éternua avant de finalement ouvrir un œil. Sylvain la gratifia d'une caresse qui aplatit son poil gonflé par la nuit avant de s'extirper du lit. Le sol de pierre froid lui mordit les pieds et il se dépêcha d'aller récupérer ses vêtements qu'il avait laissé sur l'unique chaise de la chambre pour pouvoir aller se rasseoir sur le lit. Lily grogna en sentant le matelas s'écraser sous les mouvements de son maître.

Les pieds finalement protégés par ses bottillons, Sylvain quitta définitivement la fraîcheur de ses draps, prêt à déambuler une fois de plus toute la journée. Il ramassa sa wido, toujours plus endormie que réveillée, et la cala au creux de son bras gauche tandis qu'il attrapait son sac de la main droite. Avant de partir, il jeta un dernier coup d’œil à la fenêtre : les tours compliquées de la Citée des Nains se dessinaient en contre-jour, encore affinées par la lumière blanche du jour qui pénétrait enfin dans l'immense caverne. Cette vision emplit Sylvain d'excitation : cette ville inconnue renfermait pour lui des centaines de choses à découvrir. C'est donc avec bonne humeur que l'aventurier quitta sa chambre, descendant bien volontiers la dizaine d'étages qui le séparait de la salle principale de l'auberge du Houblon d'or. Il y trouva Julia, assise dans un des larges fauteuils défraîchis qui jouxtaient le grand âtre dans lequel flambait la veille un immense feu. Ce matin, il n'y reposait plus que des cendres. La chevalière les fixait avec intensité, ses doigts parcourant la surface d'un verre vide qu'elle tenait à la main. Sylvain la rejoignit en quelques enjambés, saluant au passage le tenancier.

- Déjà à boire dès le matin ?

La chevalière sursauta, elle ne l'avait pas vu arriver, avant de lui répondre en lui montrant d'un signe de tête le nain qui tenait l'imposant bar en bois massif qui occupait un pan entier du mur :

- Je crois bien que c'est la seule chose qu'il voudra bien vous servir à boire sans être froissé... Même si je ne suis pas fan de la bière au petit déjeuner.

- Essayons au moins d'aller récupérer quelque chose à manger, déclara l'aventurier en n'écoutant que son estomac.

Les deux compagnons se présentèrent devant le nain grincheux et demandèrent, non sans une multitude de politesses, s'ils pouvaient s'alimenter sur place. Le tenancier lorgna sur eux, se redressa légèrement et leur répondit dans un professionnalisme bienvenu au vue de sa mauvaise humeur :

- … Asseyez-vous à une table, je vous apporte ça.

Et il se retourna pour aller s'affairer à son petit poste de cuisine. C'était sans doute le maximum d'hospitalité que l'on pouvait attendre pour un humain dans cette citée. Sylvain alla donc s'asseoir sans se plaindre, déposant son sac à terre et Lily sur la table. Julia vint s'installer en face de lui et, attendant que la nourriture arrive, lui demanda :

- Que comptez-vous faire après avoir quitté l'auberge ?

Elle abordait un air anxieux. En fait, elle ne savait pas comment s'y prendre pour obtenir ce qu'elle désirait, mais elle n'osait pas vraiment demander à Sylvain, qui l'avait déjà accompagnée jusqu'ici, de l'aider. L'aventurier pris quelques secondes de réflexion, triturant la fourrure de sa wido.

- Je ne sais vraiment pas... Comment faire pour te trouver un maître de forge ? Je n'ai aucune idée de ce que nous allons faire aujourd'hui...

Même s'ils n'étaient pas plus avancés, Julia fut profondément rassurée de savoir que le Terrien voulait bien rester avec elle. Cependant, elle commençait à être embarrassée de devoir lui demander autant de services sans aucune contrepartie. Le tenancier arriva au moment où Sylvain finissait sa phrase avec deux larges assiettes fumantes portées à bout de bras ainsi que deux choppes d'une bière noir ébène. Il déposa le tout sur la table sans rien dire et fit simplement un signe de tête aux deux voyageurs avant de se retirer. L'aventurier contempla ce qu'il allait avoir pour repas, et c'était largement suffisant : plusieurs larges, très larges tranches de pain noir tenaient en équilibre précaire sur le bord de l'assiette, poussées par l'abondance de charcuteries et de fromage fondu qui se déversait plus dessus qu'à côté. Pour en rajouter encore un peu plus, un fromage cendré trônait à côté du pain, insensible aux marées de graisse qui l'assaillaient. Un bouillon de légumes clair avait symboliquement été installé au milieu de cet océan de lipides mais en cet instant il semblait, avec toutes ces victuailles qui l'entouraient, aussi fade que de l'eau. Les deux compagnons se passeraient probablement de déjeuner aujourd'hui...

Songeur, Sylvain s'empara machinalement de la choppe de bière et la porta à ses lèvres. Un fort goût amer lui envahit la bouche, le tirant de ses rêveries. L'arôme lui faisait penser à la boisson que ses parents dégustaient tous les matins et après-midi, son odeur si déplaisante pour un enfant emplissant la maison. Oui, la saveur de cette bière faisait immanquablement penser au café. Mais aussi au cacao, que dégustait Sylvain pendant que ses parents mal réveillés se gorgeaient de café. Ce brusque retour dans le passé fit lâcher à l'aventurier :

- Cette bière est vraiment délicieuse !

À ces mots, le nain qui s'était éloigné en direction de son comptoir se figea. Le remarquant, Julia sursauta : avaient-ils dit quelque chose d’inapproprié ? Le tavernier se retourna et marcha vivement vers la table où ils étaient assis. S'arrêtant juste devant eux, les yeux contemplant ses chaussures, il agrippait nerveusement son couvre-chef et, relevant la tête, leur demanda d'une voix tintée d'espoir :

- Vous appréciez notre bière !?

Ses yeux étaient si implorant que Sylvain ne pu répondre que par l'affirmative. D'autant que c'était là la vérité. Un large sourire vint fendre la barbe soigneusement tressée du nain et il reprit, la voix chargée d'excitation :

- Vous êtes connaisseurs ! Il s'agit d'un nouveau mélange de ma fabrication, à partir de grains de seigle torréfiés ! Certes, ils ne proviennent pas des parcelles les plus prestigieuses, mais il donnent un merveilleux arôme pour les bières noires ! La parcelle en question est située dans le secteur alternant et à été récoltée il y a de ça...

Le nain s'interrompit : observant les expressions perdues qu'affichaient Sylvain et Julia, il fronça les sourcils. Reprenant contenance, il leur demanda lentement :

- Vous ne connaissez rien au coin vous, pas vrai ?

- Oui, à vrai dire, nous ne savons même pas par où commencer notre visite de la Citée... Mais votre discours sur la classification des plantations était très intéressant, je vous en pris, continuez !

Le nain se gratta le crâne, rabattant sur son épaule le torchon qu'il avait auparavant au bras.

- Nan, c'est bon, je ne suis pas le meilleur gars pour vous expliquer tout ça correctement. Si vous avez rien de prévu, j'vous conseille d'aller à la visite guidée de la citée qu'un ami à moi tient. Ce sera une bien meilleure entrée en matière que de m'écouter baragouiner sur mes bières. J'vais chercher un papier pour vous écrire l'adresse, pendant ce temps-là, goûtez-moi un peu ce plat, vous m'en direz des nouvelles !

Sylvain se dit que, pour un nain réputé pour son manque total d'hospitalité, celui-ci était plutôt sympathique. Il adressa un remerciement muet au garde apathique qui leur avait indiqué le Houblon d'or la veille.
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Sylvain Charbonnel

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MessageSujet: Re: [RP solo] Expédition sympathique jusqu'à la contrée des nains   Mar 28 Fév - 0:36

Sylvain inspecta une fois encore le papier que lui avait délivré le gérant du Houblon d'or. Il reporta son attention sur la passerelle sur laquelle Julia et lui se trouvaient et soupira. Décidément, l'orientation dans la Citée des Nains n'était pas chose aisée. Il avait bien envie de demander de l'aide à un riverain, mais le dernier auquel il s'était adressé pour savoir où aller lui avait jeté un regard si glacial qu'il préférait encore se débrouiller tout seul. Cela faisait déjà trois quarts d'heure que les deux compagnons éraient de tour en tour, changeant de niveau en escaladant ou dévalant les escaliers extérieurs qui s'enroulaient autour d'elles. Julia soupira elle aussi : la journée commençait mal. Il se décidèrent finalement à aller faire une pose sur une large plate forme de pierre qui faisait office de place, où ce qui semblait être des bancs de pierre s'alignaient. En son centre, une statue à l'esprit bien plus guerrier que celle qu'ils avaient vu la veille trônait. Elle représentait un nain haut de 5 mètres qui dominait de son imposante épée un monticule d'armes et d'objets richement décorés, sans doute des trophées de guerre. Julia et Sylvain se laissèrent tomber sur un banc, promenant leur regard aux alentours. En dehors de la plate forme et des ponts de pierre qui y étaient reliés, le vide s'étendait, teinté de la lumière de la lave en contrebas. Ils se trouvaient à un niveau assez haut qui dominait la majorité des infrastructure de la Citée. Même l'immense arche qui en délimitait l'entrée n'arrivait pas à leur hauteur et leur paraissait soudain bien plus petite. Sylvain suivi des yeux le chemin qu'ils avaient parcouru la veille. Il posa une nouvelle fois le regard sur la majestueuse sculpture blanche qui reposait sur la première place de la Citée. Cette dernière était plus encombrée que la veille. Il remarqua notamment un groupe qui se distinguait des nains environnant par les tailles très diverses de ses membres. Il aperçut aussi le reflet caractéristique de l'eau ; en forçant sur ses yeux, il se rendit compte qu'il s'agissait d'une bulle d'eau d'environs 2 mètres de diamètres qui flottait comme en lévitation et qui contenait ce qui semblait être une sirène.

- Vous avez vu quelque chose ?

- Là bas... répondit l'aventurier en pointant le groupe du doigt, je crois bien que c'est que l'on cherche depuis près d'une heure...

Sylvain sentit un grand sentiment de vacuité l'envahir. Sans doute en était-il de même pour Julia... Lily, toujours juchée sur l'épaule du terrien, s’affaissa dans un couinement ennuyé, digne d'une diva de l'opéra. Dans un silence gêné, les deux compagnons se dirigèrent vers la place en question pour retrouver leur groupe. Sylvain relu avec insistance l'adresse qu'on lui avait donné : comment ces trois longues lignes de texte pouvaient-elles tout simplement correspondre à la place principale... ? Il allait devoir demander des explications au nain de l'auberge le soir même...

Après encore une dizaine de minutes passées à crapahuter dans des escaliers étroits qui n'étaient sûrement pas le chemin principal pour rejoindre la place, ils aperçurent enfin une grande pancarte indiquant le début de la visite touristique. Un nain au ventre volumineux se trouvait à côté, l'air bienheureux. Mais ce qui attirait le plus l’œil, c'était sans conteste la très grande diversité des participants. Ils étaient cinq : le premier que l'on remarquait évidemment, ou plutôt la première, était cette magnifique sirène aux cheveux d'ébènes et aux parures d'or qui flottait avec une tranquillité assurée dans sa bulle d'eau. À ses côtés se tenait un petit homme rabougri qui, lui, semblait beaucoup moins apprécier de se trouver ici. Repérant le bâton sculpté qu'il portait dans son dos, Sylvain en déduisit qu'il s'agissait du magicien qui vendait ses services à la sirène et qui lui créait cette bulle d'eau, lui permettant d'aller visiter les Rocheuses, terrain le moins approprié qui soit pour elle. Une autre personne détonnait dans cet environnement de pierre : un cyborg attendait patiemment près de la statue que la visite commence, son bras mécanique croisé contre son bras de chaire. Les deux autres personnes semblaient elles être humaines, même si l'un d'eux avait un air un peu lugubre.

Julia alla s'asseoir sur un banc avec Lily, soulagée de ne pas avoir manqué la seule piste qu'ils avaient pour trouver un forgeron qui accepterait de la prendre pour élève. Sylvain, lui, avait une autre idée en tête : il s'approcha du nain qui organisait l'excursion, ayant la ferme intention d'entrer en contact avec l'espèce riveraine.

- Il y a un thème particulier à cette visite ?

- Oh non, répondit le nain en se frottant le ventre d'une main, mais vous voyez, j'apprécie beaucoup la bonne nourriture, alors j'ai tendance à m'attarder dessus. N'hésitez pas à me demander s'il y a un point que vous souhaitez particulièrement voir dans notre belle citée !

- Maintenant que vous le dites, j'aimerais bien que nous nous attardions sur les forges... Si vous n'y voyez pas d’inconvénient.

- Mais naturellement ! dit-il en se dandinant d'excitation, c'est un des points forts de la visite. Vous allez voir, j'ai quelques connections chez d'excellents forgerons de renom !

Cette nouvelle rassura Sylvain : autant mettre le maximum de chances de son côté... Le nain guide reprit, frappant dans ses mains de contentement :

- À présent, si vous le voulez bien, nous allons commencer la visite ! Tous, je vous pris, regroupez-vous que je puisse vous parler !

Alors que les sept personnes se rassemblaient, l'aventurier se demanda comment le nain pouvait être aussi à l'aise, encerclé qu'il était par toutes ses personnes bien plus grandes que lui.

- Bien, nous allons commencer par aller voir la partie inférieure des hauteurs de la citée -ou la partie supérieure des profondeurs, c'est comme vous voulez- pour explorer les merveilles de la gastronomie naine en partant de sa base fondamentale : notre agriculture. Ensuite, nous irons voir les ateliers de matière première des profondeurs et ceux de transformation raffinée des hauteurs qui font la fierté de notre race. Pour finir, nous irons voir quelques petites perles architecturales avant d'aller manger un bon repas ! Ça vous va ?

Tous (sauf le magicien) répondirent dans la joie et la bonne humeur, comme si l'enthousiasme du guide avait pour effet de faire ressortir l'âme d'élève de maternelle de tous ses interlocuteurs. À n'en pas douter, son métier était fait pour lui. Il parvenait même à faire oublier aux touristes les regards méprisants sinon froids que les autres nains leur lançaient. Après encore quelque discussions, le groupe se mit finalement en marche, descendant lentement dans les profondeurs de la citée. Rapidement, les « rues » qui étaient auparavant suspendues dans le vide se rapprochèrent des parois hirsutes de la cavité. Puis, après encore quelques minutes de marche sur des chemins escarpés, ils aperçurent un paysage semblable à des parcelles en terrasses qui plongeaient dans les profondeurs de la grotte. Mais elles n'étaient pas pour autant englouties dans l'obscurité : au contraire, des poins lumineux de différentes couleurs y étaient éparpillés, bougeant de temps à autre. Après un ultime escalier de pierre, les visiteurs se retrouvèrent juste à l'entrée de l'une des parcelles. En y jetant un coup d’œil, Sylvain identifia des céréales qui semblaient plonger leurs racines dans la roche même. Roche que l'on voyait à peine tant la densité des tiges était élevée. Le nain se posta à côté des plantes qui lui arrivaient au dessus de la tête et déclara d'un air satisfait :

- Voilà une parcelle de seigle, la pierre angulaire de tout le système agricole des Nains ! On s'en sert comme base de presque toutes nos bières et aussi comme farine pour la fabrication de notre délicieux pain noir à pâte fermentée. La lave présente dans les profondeurs de la cité nous assure une température du sol optimale et une production permanente ! Pour ce qui est de maintenir la fertilité de notre précieux sol...  Vous allez voir, ça a un rapport direct avec ce que je vais vous montrer ensuite. Nous nous trouvons actuellement dans un secteur alternant, c'est à dire que la lumière naturelle parvient jusqu'ici mais pas en quantité suffisante pour obtenir un rendement satisfaisant. C'est le milieu de gamme entre les secteurs nocturnes qui sont les moins prisés et les secteurs diurnes qui sont le top du top. Et donc, en alternant et en nocturne, on a recours à l'animal phare de la Citée des Nains pour régler tous nos problèmes. Je vais vous les montrer !

Il se tourna vers le champs, tout heureux, et porta ses doigts à ses lèvres pour émettre un puissant sifflement. La moitié des participants se bouchèrent les oreilles et la bulle de la sirène trembla sous l'effet des vibrations. Quelques secondes s'étirèrent pendant lesquelles il ne se passa rien, puis une lumière sembla s'agiter, grossir dans la claire obscurité. Tous avaient les yeux braqués sur l'étincelle, fébriles.  Cette dernière se divisa ensuite, se sépara en plusieurs couleurs, des teintes de rouge et de bleu essentiellement. En plissant les yeux, Sylvain finit par apercevoir ce qui semblait être des animaux avancer vers eux, auréolés de lumière. Cela ressemblait vaguement à des chèvres d'Univers, sauf que leur pelage était constellé de plaques luminescentes et que leurs pattes étaient aussi longues qu'effilées, leur ventre touchant à peine les épis de seigle qui atteignaient tout de même plus d'un mètre de haut. Au final, cinq individus arrivèrent jusqu'à eux, pointant leur tête à la mâchoire étonnamment développée vers eux dans un questionnement silencieux. La présence d'animaux fit tout de suite regagner de l’intérêt à Lily pour la visite qui planta son regard dans celui de l'une des pseudo-chèvres. Le nain reprit ses explications tout en flattant l'encolure du caprin qui avait penché le museau vers lui.

- Voici l'animal symbole de la Citée des Nains, le belthor. C'est sur lui que repose toute notre vie souterraine. Comme vous le voyez, il est doué de bioluminescence et apporte à nos cultures la luminosité qui leur manque. Depuis des décennies, nous sélectionnons les individus les plus lumineux dans les tons bleus et rouges qui sont les plus aptes à stimuler la croissance des plantes. Avec leurs longues pattes, on peut les laisser dans les champs de seigle sans qu'ils n’abîment la culture et, en prime, ils fertilisent les parcelles avec leurs déjections. Vous vous en doutez, il ne s'alimentent pas de nos céréales. Regardez leurs mâchoires : vous voyez comme elles sont puissantes ? Et bien en fait, les belthors s'alimentent essentiellement de bois : nous leur laissons les chutes dont nous n'avons pas besoin, et ils nous les transforment en matière organique utile ! Sachez qu'ils mangent aussi d'un certain arbre que je vous montrerai plus tard. Mais les avantages de cet animal ne s'arrêtent pas là ! Leurs déjections renforcent nos cultures contre les maladies, certains sont élevés dans le but de créer de délicieux fromages et ils peuvent même servir d'animaux de compagnie !

À en croire le nain, le belthor était vraiment l'animal idéal... Son regard brillant de joie indiquait clairement son avis sur le sujet. Il continua de vanter leurs mérites d'une voix rapide ; Sylvain, tout en l'écoutant d'une oreille, tenta une approche de l'animal fabuleux. Le belthor qui lui tomba sous la main était d'un bleu pâle mais lumineux, presque de la même couleur que Lily en fait. Cette dernière ne se fit pas prier pour aller se jucher sur la tête du caprin tout en échangeant avec lui des couinements joyeux. L'aventurier passa prudemment la main dans son pelage : il était noir et mi-long sur les zones normales mais se transformait en un duvet fin sur la peau élastique qui émettait de la lumière. Cette alternance de longueur donnait à l'animal un aspect tout à fait unique et pour le moins étrange. Mais déjà, le groupe s'éloignait. À contrecœur, Sylvain dû écourter son observation du belthor. Il attrapa sa wido et rattrapa Julia au pas de course, non sans faire attention à l'endroit où il posait ses pieds sur le chemin tortueux.

Plus tard, c'est devant un petit arbre que le groupe s'arrêta. Il s'agissait d'une espèce de saule pleureur, mais bien moins volumineux, et dont les feuilles étaient rougeoyantes et plus éparses. Il était à pleine plus haut que les plants de seigle qu'ils avaient vu il y a quelques minutes. Ce qui était toujours beaucoup plus grand que le guide. Celui-ci se retourna d’ailleurs pour faire face à ses visiteurs et leur expliqua :

- Voici un babylonica, autre pilier de notre agriculture avec le seigle et le houblon. Cet arbre aux propriétés magiques est au menu de nos chers belthors et est placé un peu partout dans nos parcelles. Peut-êtres connaissez-vous les betirs ? Surtout vous, madame, dit-il en faisant un clin d’œil à la sirène qui évoluait tranquillement dans sa bulle d'eau. Le babylonica fonctionne sur le même principe, à savoir qu'il absorbe les particules, ou atomes, environnantes de ses racines. C'est pour cela qu'il peut pousser même dans la roche, bien qu'il faille un peu forcer son implantation. Le problème, c'est qu'après quelques dizaines d'années, les alentours de l'arbre souffrent de problèmes d'effondrement. Pour celui que vous avez sous les yeux, la roche est déjà fragilisée, ne vous approchez pas trop. En général, on laisse l'arbre croire jusqu'à ce que le sol s'effondre sous son poids. On obtient ainsi une petite cavité de taille variable. Si elle est grande, elle sera utilisée comme base architecturale, pour y installer des ateliers par exemple, ou comme cave à champignons bioluminescents qui apparaissent grâce aux résidus de magie qui subsistent en l'endroit. Ces petites cellules sont en général utilisées pour la production de houblon assez bas de gamme. Par contre, si la cavité est trop petite, il n'y a pas grand chose à en faire et on la laisse tel quel. C'est une façon facile d'agrandir la citée quand on est pas trop pressé !

Le nain s'humecta les lèvres et demanda :

- Des questions ?

Tout le monde s’entre regarda. La splendide sirène brune finit par lever la main, tandis que le magicien qui l'accompagnait (qui allait sans doute bientôt démissionner) haussait les sourcils en signe d'agacement.

- Vous ne vous nourrissez pas que de pain, de bière et de fromage de belthor tout de même ?

À cette question, le nain s'esclaffa, passant une énième fois la main sur son ventre rebondit :

- Oh non, bien sûr que non ! Nous élevons aussi un grand nombre d'animaux pour leur viande ou leur lait, qui sont d'ailleurs nourris avec le fourrage du seigle, et nous produisons ce que nous pouvons dans les Rocheuses, en créant un sol cultivable à partir de terre ramenée d'autre contrées. Le poisson et les légumes frais sont des produits de luxe chez nous, car nous ne pouvons les produire que dans des quantités limités grâce aux terres que nous prêtent les humains, les elfes et les sirènes à travers les traités inter-espèces.

L'idée que les légumes puissent être ici très appréciés était pour Sylvain presque inimaginable à côté de l'orgie culinaire qui leur avait été servie le matin même. C'était un curieux contraste qui tranchait avec les préjugés que l'on avait des Nains sur Univers... Mais déjà, leur guide enchaînait ses idées et s'élançait dans une nouvelle direction, véritable réservoir d'énergie et de parole.  Sylvain jeta un coup d’œil à Julia tout en lui emboîtant le pas : bien qu'intéressée, elle semblait tout de même se demander combien de temps encore le nain allait les entraîner à travers les champs. Et visiblement, cet avis était partagé avec la plupart des membres du groupe...
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Sylvain Charbonnel

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MessageSujet: Re: [RP solo] Expédition sympathique jusqu'à la contrée des nains   Sam 22 Avr - 17:56

Sylvain s'essuya une énième fois le front. Depuis que le petit groupe avait franchi un des trous béants qui séparaient les hauteurs des profondeurs de la Citée, la température avait grimpé de plusieurs degrés, effet de la lave que l'on apercevait où que l'on se situait dans cette cavité, dégringolant en longues cascades ou formant des lacs bouillonnants. De fines colonnes de roche s'élevaient partout, reliant la voûte au sol et zébrant le panorama. Les cavités de babylonicas se chevauchaient dans tous les sens, formant un dédale d'ateliers et d’entrepôts. Au centre des profondeurs, un immense lac de lave s'étendait, dans lequel se jetaient plusieurs « fleuves ». Le guide avait déclaré d'une voix emplie de fierté que cette cavité avait été creusée par le plus grand babylonica ayant jamais existé, il y avait de cela des siècles. Mais selon Sylvain, cette théorie relevait plus de la légende que de l'Histoire réelle. Autour de ce lac se trouvait une ronde de roche, sur laquelle le groupe se tenait actuellement, et à laquelle étaient reliées les cavités les plus anciennes. Des forgerons de renoms dépensait ici leur litre de sueur quotidien depuis des décennies.  La température était désormais horriblement élevée. La bulle de la sirène donnait des signes d'évaporation et la peau de son occupante rosissait à vue d’œil. Lily se liquéfiait sur l'épaule de Sylvain, le ventre en l'air et les orteils en éventail. L'aventurier lança un regard à Julia : elle contemplait le travail de chaque artisan, les yeux pétillants d'excitation, mais elle ne semblait nullement dérangée par la chaleur. Sans doute était-ce le résultat de ses heures de travail à la forge... ? La magicien ronchonna quelque chose comme quoi il allait, en plus du sort de lévitation, devoir utiliser un sort de refroidissement. Si sa riche employeuse l'entendit, elle n'en laissa rien paraître. Le cyborg semblait s'inquiéter, lui, de l'intégrité de sa prothèse qui serait menacée si la température continuait à grimper.

Le guide fit se rassembler le petit groupe en un arc de cercle, nullement dérangé par la chaleur. Parlant assez fort pour couvrir l'écho des marteaux qui résonnaient partout dans la cavité, il déclara dans un geste théâtral :

- Voici notre fierté nationale, les profondeurs de notre belle citée, qui abritent en leur sein nos ateliers, mais aussi les institutions administratives, certains de nos entrepôts qui supportent la chaleur et quelques autres services encore. (il se tourna vers les alvéoles de la ronde) Ici, nous forgeons haches, masses, marteaux et boucliers, mais aussi quelques épées à l'occasion. Les outils, eux, comme les pioches, sont forgés dans une autre partie des profondeurs, bien que nous leur portions aussi beaucoup d'attention. Ce sont nos armes du quotidiens, il doivent être parfaitement au point. Pour en revenir à l'art de la guerre, les commandes restent constantes même en temps de paix, ce qui est pour le mieux ! En effet, nous produisons beaucoup d'armes décoratives qui font la fierté de tout un chacun, mais aussi des armes de service pour nos gardes et nos guerriers ainsi que des armes de duels, qui sont ici fréquents pour régler les différents, comme c'est le cas pour l'ensemble de Maggya. Enfin, dernière fonction qui n'est pas des moindres : nos funérailles. Vous voyez les pyramides qui s'élèvent là-bas ?

D'un geste lent, il désigna le lac de lave. De l'autre côté, déformées par les volutes de chaleur, on distinguait plusieurs pyramides à degrés percées de nombreuses cavités sombres. De longs escaliers les reliaient à la ronde du lac. Leur structure semblait simple, bien que les vides entre les différentes pyramides soit occupé par d'imposantes statues et colonnades de pierre.

- Ce sont des tombeaux. Nous ne nous en approcherons pas trop, mais sachez que nous emplissons les tombes de nos morts de nombreux objets de valeur, et quoi de plus important pour nous les nains que les produits de la forge ? Chaque défunt est accompagné dans la mort par nombre d'armes choisies avec soin lors de la période de deuil. Ainsi, il retournera à la roche avec les symboles nains dont il est le plus fier. Chacune des cavités que vous voyez est le tombeau d'une cellule familiale. Ces cimetières prennent beaucoup de place pour une Citée comme la notre qui a toujours besoin de plus d'espace, vous ne pensez pas ? Mais c'est ainsi. Ici, pas de terre à laquelle nous pouvons retourner, et nous voulons mourir dignement, accompagnés de ces objets qui ont fait de nous de fiers guerriers. Pour un forgeron, recevoir une commende d'arme funéraire est une grande fierté. Rien d'exceptionnel pourtant pour les artisans qui officient atour du lac de lave principal.

Julia écoutait les explications du guide, fascinée. Sylvain suivait lui aussi avec intérêt, mais il avait du mal à se concentrer avec la chaleur ambiante. Grosso modo, il avait comprit que les Nains étaient des Égyptiens souterrains avec un bonus de résistance à la chaleur, mais ça s’arrêtait là. Cependant, le guide ne semblait pas décidé à écourter leurs souffrances. Tout enjoué, il ajouta :

- À présent, nous allons faire le tour des différentes forges que nous avons sous les yeux : je connais pratiquement tous les propriétaires !

Et il s'avança d'un pas résolu vers l’alcôve la plus proche. Il salua le nain à l'intérieur, qui avait l'air relativement aimable, et nous invita à entrer dans l'antre. Prenant son ton le plus professionnel, il nous expliqua :

- Voyez, nous utilisons la lave comme source d'énergie. Vous avez remarqué, elle est plus qu'abondante ici. Elle parvient jusqu'à la forge, le centre de chaque atelier, par simple effet de gravité dans une rigole d'obsidienne, qui résiste à la chaleur. Faite attention en les enjambant à l'extérieur, c'est assez glissant et fragile. Heureusement, nous avons la chance d'avoir une lave pauvre en silice, et donc assez fluide. Elle servira à porter à température les pièces d'acier pour qu'elles soient malléables, voir plus. Enfin, je ne vais pas tout vous expliquer dans les détails. Passons ensuite à l'outillage : les forges les mieux fournies ont plusieurs types d'enclumes, c'est très pratique. Par ici, l'enclume à corne, voici...

Sylvain trouvait que, pour quelqu'un qui disait ne pas trop aller dans les détails, il était bien assez précis. Julia buvait toutes ses explications compliquées à base de « trempe » et de « convertisseur », mais la plupart des autres participants de la visite avaient décroché et se contentaient d'observer d'un œil vague le divers marteaux qui s'alignaient sur les murs ainsi que les pièces d'exposition. Sylvain en fit de même. L'obscurité environnante limitait la vision, mais il put  distinguer une petite dizaine d'enclumes qui accrochaient la faible lumière, d'immenses bassines qui semblaient emplies de liquide, une structure en métal semblable à un œuf de pâque haut de plusieurs mètres, d'immenses pierres à affûter, des sections de métal sur un piédestal en pierre, plusieurs fours desquels émanait une lumière diffuse, et évidemment des dizaines de marteaux de toutes les tailles. Il y avait aussi quelques cristaux aux couleurs vives précieusement stockés sur une étagère. Sylvain aurait été bien incapable de définir la fonction de plus de la moitié du matériel entreposé ici. Le nain, lui, continuait son discours, tourbillonnant d'une forge à l'autre, distillant dans l'air des mots sibyllins. Visiblement, sa passion pour l'art national l'emportait sur ses talents de guides et, au bout de quelques minutes, tous -sauf Julia- se regardaient avec un air embarrassé. Enfin, après une petite heure de babillage, le nain consentit à achever le chapitre sur l'art de la forge, déclarant qu'il était grand temps de quitter les profondeurs tout en passant apprécier les bâtiments administratifs qui étaient « de toute beauté ».

Le groupe remonta donc plusieurs volées de marches, s’éloignant avec un immense soulagement du lac de lave. À côté, les cascades du même fluide semblaient presque être rafraîchissantes. Arrivé à une certaine altitude, on ne voyait presque plus le lac et les pyramides funéraires, recouverts par de nombreux chemins de pierres accolés à des pans de roche qui contenaient des cavités de babylonica. Partout, des rigoles de laves s'élançaient de rivières, de cascades, de renfoncements emplis de ce mélange magmatique, formant un réseau pulsant de chaleur. Seuls les entrepôts qui se succédaient dans les parois de l'immense cavité et les quelques rares bâtiments construits de la main des nains semblaient échapper à cette atmosphère bouillonnante, enveloppés dans le peu de pénombre qu'ils parvenaient à subtiliser au liquide en fusion. Justement, c'est sur une place épargnée par la lave que le groupe s'arrêta ensuite. En son centre trônait une statue de pierre qui, fait rare, procurait de l'éclairage par un feu qui brûlait en son sein. Changement apprécié après tout ce magma, mais malheureusement un peu trop similaire.

La statue représentait un nain, semblable à celui que Sylvain et Julia avaient vu en tentant de trouver le début de la visite guidée, sauf que celui-ci était équipé d'une imposante hache et d'un grand bouclier rond dans le dos. Ce qui semblait être une salamandre s’enroulait autour de lui, faisant au moins l'équivalent de sa taille (soit plusieurs mètres de haut).  La face dorsale de cette salamandre était faite d'une matière vitrée et transparente, tandis que son ventre était noir, lui aussi vitré comme de l'obsidienne. C'est dans le corps de cette salamandre que brûlait un feu plus blanc que rouge, produisant une intense lumière. Le nain leur expliqua qu'il s'agissait d'un feu magique, un feu éternel qui était entretenu par des pierres aux propriétés magiques qu'ils trouvaient en minant dans les Rocheuses. Il se tourna ensuite vers le bâtiment principal de la place. Principal, parce qu'on ne voyait que lui. Il aurait pu être tout à fait normal, s'il n'avait pas été placé au sommet d'un escalier interminable, s'il n'avait pas été entouré de colonnades de pierres blanches qui soutenaient une ronde de pierres taillées l'encerclant, s'il n'avait pas été flanqué de deux immenses tours hexagonales à coupole qui montaient presque jusqu'à la limite des Profondeurs de la Citée, si enfin il n'avait pas été orné de dizaines voire de centaines de bas-reliefs sertis de pierres précieuses qui retraçaient les légendes et l'Histoire du peuple nain. Visiblement fier, le guide déclara :

- Ceci est l'un des plus grands bâtiments administratifs de la Citée. Il accueille les Patriarches, des nains qui secondent le roi, souverain de notre peuple. Ces vénérables sont traités avec le plus grand respect. Ce sont eux les spécialistes qui permettent d'éclairer les choix de notre roi à propos de la politique étrangère, mais aussi de la gestion de l'intérieur, les quotas de production, la régulation du marché, les festivités, les recherches médicales, l'expansion de la cavité et l'implantation des babylonicas, la sécurité, les importations, l'aménagement des Rocheuses, les appellations de bières... Bien sûr, ils possèdent tous leur propre équipe pour les seconder. Et aussi un ascenseur à poulie pour ne pas avoir à gravir toutes ses marches tous les matins. Après tout, ils ont l'âge de l'expérience... Quand au palais du roi, il se trouve tout au fond des profondeurs, et c'est une véritable pépite architecturale. Malheureusement, je crains que ni vous ni moi ne possédions l'autorisation de nous aventurer dans ses alentours.

Le nain continua à expliquer le système politique des lieux et les événements qui avaient aboutis à la construction de ce bâtiment pendant encore quelques minutes, puis il déclara qu'il était temps de quitter les profondeurs pour regagner les hauteurs et la lumière du soleil. Sylvain trouva l'idée très raisonnable. C'est motivé que le petit groupe reprit son ascension vers la surface. Les escaliers de pierre sombre s'enchaînaient et les devantures d'atelier aussi : forgerons d'armes et d'outils, sculpteurs, maroquiniers, quelques rares menuisiers... Devant presque chaque nouveau commerce, le guide se désolait de ne pas avoir assez de temps pour pouvoir tout présenter. C'est en entamant un énième escalier que Sylvain entendit soudain un bruit singulier : comme si du verre s'était brisé, sauf qu'il n'en avait pas vu pendant tout son séjour dans les profondeurs. Vaguement interloqué, il le fut encore plus quand Julia se figea (il faillit lui rentrer dedans) et, dans un geste vif, se retourna (en lui fouettant le visage de ses cheveux) et partit en courant dans la direction du bruit. Du moins, c'était ce qui semblait à Sylvain, car il était difficile de le repérer dans le brouhaha des échos de marteaux et autres outils. Avant de la perdre de vue dans le dédale des ateliers, il se lança à sa poursuite. Le guide, étonné, leur cria :

- Mais où allez vous !?
- Continuez sans nous ! Répondit l'aventurier pour toute réponse.

Il se retourna juste à temps pour s'apercevoir qu'il fonçait dans un mur et dévia sa trajectoire pour seulement le frôler au lieu de le percuter de plein fouet. Éprouvé par la chaleur, il finit par rattraper la chevalière, qui s'était arrêtée devant la devanture d'une forge. Seul un comptoir les séparait de l'atelier et ils voyaient en conséquence tout ce qui s'y déroulait. Un nain imposant tant par sa carrure importante que par sa petite taille se trouvait en son centre, près d'une cuve. Il abordait une expression colérique, serrant les poings et fixant avec insistance le sol, sur lequel étaient éparpillés jusque dans les moindres recoins de la cavité des éclats de métal fumants et dégoulinant d'une huile noire. Sylvain se dit qu'il aurait apprécié avoir le moins de contact possible avec lui, question de sécurité. Pourtant, Julia s'avança et, de deux doigts, récupéra un morceau de métal noir et le porta à ses yeux. Après un silence de réflexion, elle déclara, l'air profondément affligée :

- Quel dommage, la structure cristalline avait été si bien organisée !

Le nain écarquilla les yeux de concert avec Sylvain : comment cette humaine savait-elle cela ? L'aventurier, lui, se demandait surtout de quoi parlait Julia. Était-ce seulement encore la même langue?
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Sylvain Charbonnel

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MessageSujet: Re: [RP solo] Expédition sympathique jusqu'à la contrée des nains   Lun 1 Mai - 18:06

Le nain fronça ses épais sourcils :

- Vous n'êtes pas d'ici vous...

La réplique perdait de sa perspicacité quand il était évident que tout ce qui dépassait le mètre vingt n'était pas d'ici. Sylvain eu tout de même la politesse de confirmer les dires du nain :

- Oui, je suis d'Univers et elle... (il jeta un coup d’œil à Julia pour savoir si il était judicieux de divulguer cette information, mais elle ne sembla pas réagir. L'aventurier en déduisit que ce n'était pas un problème et poursuivit donc) Elle est une chevalière de Fort Ardent.
- Mais plus important, qu'est-ce qu'il s'est passé avec ça? demanda Julia en désignant le morceau de métal qu'elle avait dans la main.

Visiblement, sa passion pour les armes prenait le pas sur sa politesse militaire exacerbée. Le nain ne sembla pourtant pas s'en formaliser et répondit du tac au tac :

- La pièce avait été déformée pendant la trempe, elle n'était plus droite.
- Mais vous auriez pu en corriger la forme...


Le nain haussa les épaules, comme si Julia avait dit quelque chose de tout à fait futile :

- Je ne fais pas de rafistolage moi. Une pièce est parfaite, ou elle n'existera pas. De toute façon, ça aurait abîmé la structure de l'acier.
- Tout de même, pour une simple correction, l'écrouissage aurait dû suffire à garantir la solidité de la pièce...
- Je ne veux pas de « petite correction », je veux la perfection !
- Hum, dans ce cas, je suppose qu'il n'y avait rien à faire... Qu'est ce que vous allez faire des éclats ?
- Ça va aller à la fonte et partir faire du mobilier ou de la structure d'infrastructure dans les hauteurs. Il n'y a plus rien à en tirer.

- Euh... Excusez-moi, mais de quoi vous parler exactement... ?

Les deux forgerons s'étaient lancés dans un débat probablement enthousiaste, parlant avec frénésie. Interrompus par la question de Sylvain, ils se tournèrent vers lui, l'air franchement déçus de devoir s'arrêter là. Julia se reprit pourtant et tenta d'expliquer les choses à ce pauvre homme ignorant :

- Ah, nous parlions de la qualité des productions et du devenir de celles qui n'étaient pas assez réussies.

Sylvain fût ravi de la voir regagner son langage habituel, celui qu'il pouvait encore comprendre. Tentant de reprendre la main sur la conversation, il essaya de poser une question :

- Et euh... Comment est-ce que vous obtenez l'acier pour votre forge...?

Le nain fronça les sourcils, déjà beaucoup moins heureux de répondre aux questions d'un amateur que de discuter avec une connaisseuse. Il lui répondit tout de même, pour l'unique raison qu'il était une connaissance de la demoiselle chevalière :

- Dans les Rocheuses, nos équipes de minage extraient tous les jours quantité de minerai de fer. Ils nous les revendent, mais le prix est contrôlé par la monarchie pour qu'il reste stable. Ce minerai, qui est plein d'impuretés, on le met dans nos hauts fourneaux qui en font de la fonte liquide grâce à la lave des profondeurs. Puis on la met dans les convertisseurs où il y a un soufflage d'air pour en faire diminuer la teneur en carbone et en faire de l'acier, qui résiste plus aux chocs, car il est moins dur que la fonte.
- Ah, ok, merci pour vos explications...

L'aventurier n'était pas sûr d'avoir tout saisi, mais il fit le choix de ne pas forcer le nain à se montrer courtois trop longtemps. Julia , elle, semblait impatiente de continuer sa conversation, mais le nain l'arrêta :

- Bon, c'est pas tout ça, mais qu'est ce que vous venez faire ici, vous deux ?
- Ah vrai dire, cet aventurier
, dit Julia en pointant Sylvain du doigt, m'a accompagnée jusqu'à la Citée car je cherche un mentor pour m'améliorer dans l'art de la forge : je veux devenir forgeronne et forger des armes pour d'autres chevaliers.

Les sourcils du nain se rapprochèrent encore plus. Il se passa la langue sur les lèvres et, d'une voix lente, il demanda :

- Des armes magiques...?

Julia sembla surprise par les mots du forgeron, sans doute parce qu'elle ne s'attendait pas à ce qu'un nain connaisse les armes magiques alors que ce n'était pas du tout un art répandu chez ce peuple. Elle finit tout de même par répondre :

- Oui, mais seulement de charge moyenne.
- De charge moyenne?

Si cela concernait la magie, fantasme de l'imaginaire d'Univers, l'aventurier ne pouvait résolument pas garder le silence. Il devait absolument décrire ce phénomène dans son prochain ouvrage sur Maggya.  Encore une fois, ce fût Julia qui se chargea de le renseigner :

- En ce qui concerne les chevaliers, les armes magiques utilisent de l'énergie contenue dans des capsules, un peu comme des réservoirs, que nous chargeons en les conservant sur nous pendant plusieurs heures. Selon l'affinité du chevalier pour l'enchantement, ça peut être plus ou moins rapide. Tout ça pour dire qu'avec cette énergie, on peut à peu près tout faire, ça dépend de l'arme magique possédée. Des sorts gourmands en énergie peuvent être de la magie élémentaire, de plus modestes du renforcement du matériau de l'arme. La charge moyenne représente un entre deux. C'est ce que le chevalier Tristan utilise. Étonnant pour un homme n'est-ce-pas ?
- C'est pour quelqu'un en particulier que vous voulez améliorer vot'forge?
demanda le nain d'une voix déjà plus intéressée que quand il avait répondu à Sylvain.

N'attendant que cette question pour démontrer sa loyauté, Julia déclara d'une voix forte en exécutant un salut militaire. Sylvain se dit que cela aurait pu être mal vu en Citée nain, mais le forgeron n'eut pas l'air de s'en incommoder ; au contraire, il sembla apprécier, ses yeux pétillants désormais d'intérêt.

- Oui ! Je ferai tout pour assister celui à qui je dois la vie, c'est en ce sens que je suis devenue forgeronne!
- Mam'zelle, votre sens de l'honneur n'est pas pour me déplaire !
tonna le nain Vous êtes tombés au bon endroit, ici, c'est une des rares forges de la Citée qui fait des articles pour les autres espèces que les nains : Les Marteaux de Gorfranra  !

Julia écarquilla les yeux, surprise par la nouvelle, elle bégaya, soudain beaucoup moins assurée :

- Ça... Ça voudrait dire que vous acceptez de m'aider ? Je veux dire, de me laisser apprendre dans votre forge ?
- Oh là, pas si vite, on se calme. C'est pas rien que vous me demandez là. J'peux pas faire ça sur un coup de tête.
- Qu'est-ce que je peux faire pour vous décider alors ?
-... Vous avez qu'à revenir demain matin, que j'vois ce que vous savez faire. J'déciderai après si vous êtes digne de rester chez les nains pour un petit bout de temps.
- Vraiment ? Merci beaucoup!
dit Julia en allant empoigner les mains du dénommé Gorfranra par dessus le comptoir.

Ce dernier n'eut pas l'air d'apprécier, visiblement peu habitué à ce type d'effusions. Il retira ses mains calleuses et, se tordant les doigts, il conclut :

- Bon, si s'est réglé, allez-vous en. Vous me dérangez dans mon travail. Vous allez savoir retrouver le chemin jusqu'ici?
- Ne vous inquiétez pas, on se débrouillera!
lança Julia, rayonnante.

Sylvain, lui, en était beaucoup moins convaincu. Mais Julia s'éloignait déjà et il n'eut d'autre choix que de la suivre. Il se fit tout de même la réflexion que, au final, ce nain était quelqu'un de fort sympathique.
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